D’une transhumance à l’autre, les hommes transmettent leur passion et leur savoir…
Ce matin, Christian Soulère éleveur ovin à Ganac, tondait son troupeau de trois cents brebis.
C’est toujours un moment festif où les voisins se retrouvent avec plaisir pour donner un coup de main.
Frédéric, installé à Rimont depuis 2009, vient tondre pour payer le foin de ses broutards car il manque de terre: «c’est une belle fête, on peut encore parler de solidarité dans le milieu pastoral»
Mais ce matin il y a foule dans l’étable car la promotion 2011 des pâtres de haute montagne vient apprendre le métier dans le cadre d’un atelier pratique.
Ils sont onze (sept garçons et quatre filles) à suivre cette formation mise en place par le CFPPA, la chambre d’Agriculture et l’association des pâtres.
Une formation qui alterne cours théoriques et pratiques et qui permettra à terme aux stagiaires de passer quatre mois sur une estive avec un maître de stage qui leur transmettra quelques «ficelles» de ce métier exigeant mais passionnant.
Jon vient du Pays Basque, il était ouvrier agricole, Etienne était chauffeur et David ingénieur système et réseaux informatique… ils ont tous une passion pour la montagne, les grands espaces et les bêtes.
Même s’ils n’ont pas encore véritablement choisi leur «affectation finale», à ce stade de la formation, ils commencent à avoir une idée plus nette de ce qui les attend sur le terrain.
Christelle tond depuis dix-sept ans des moutons, elle connaît bien le métier puisqu’invariablement elle a gardé sur les estives ariégeoises bovins et ovins mais avec l’expérience elle avertit les stagiaires: «attention, ne rêvez pas, ce métier ne vous fera pas vivre toute l’année!
L’amour des bêtes c’est une chose, celui de la montagne aussi, mais vous ne savez pas ce qui vous attend, tout seul pendant 3 ou 4 mois avec la responsabilité d’un troupeau […]
Quand en plus il faut gérer les touristes, l’ONF, les chasseurs, les pêcheurs ou les sportifs […] je crois que le plus difficile à gérer c’est le côté humain»
Emmanuel Trocmé, avant de devenir ingénieur à la Chambre d’Agriculture, est passé par cette formation de pâtre… l’objectif étant d’aider ces jeunes à devenir des spécialistes en élevage de montagne.
Et pour lui rien de plus important que la pratique du terrain comme aujourd’hui sur cet atelier tonte et parage où les anciens transmettent leur savoir faire et les bons gestes…
Distribution, réception, récupération de la laine, parage pour éviter les boiteries et enfin finitions avec le «floc», le traditionnel pompon de laine laissé sur le nuque «pour les protéger de la grêle en estive», tous les futurs bergers se seront essayé (au début avec plus ou moins de réussite mais avec la pratique de mieux en mieux) à manipuler les brebis…
Une belle expérience qui se poursuivra les jours suivants chez d’autres éleveurs.
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