Comptage du grand tétras au chant
06/05/2011 | 20:29
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Queue déployée, ailes pendantes, cou et tête redressés, barbe hérissée… depuis le mois d’avril, et avec un peu d’avance cette année à cause de la douceur des températures, le coq de bruyère, ou grand tétras, parade sur les places de chant.

Il faut se lever tôt et être patient pour avoir la chance d’approcher cet oiseau emblématique.

En effet, le protocole du suivi grand tétras préconisé par l’observatoire des galliformes de montagne préconise un certain nombre de mesures très strictes pour observer l’animal sur la place de chant.

C’est donc dans l’obscurité que nous avons rejoint à 4 heures du matin, soit une heure avant le début du chant, l’affût réservé à l’observation installé par Colette Rolet, technicienne de la fédération des chasseurs de l’Ariège.

Cette passionnée quadrille le terrain depuis le début de la période des accouplements, contrôle les places de chant, réalise des comptages (au chant au printemps ou au chien courant l’été pour s’assurer du succès des reproductions) qui servent d’indice pour la reproduction de ce gros gallinacé.

Longtemps en régression sur le massif des Pyrénées ariègeoises, la réouverture des milieux, les aménagements avifaunes dans les stations de ski et un plan de chasse raisonné ont permis au grand tétras de repeupler clairières et forêts.

C’est en haute Ariège que dès les premières lueurs de l’aube nous avons entendu un drôle de chant (unique en son genre alternant bruit de bouchon et «talep-talep» avant de finir par un bruit de scie) puis que nous avons aperçu dans les feuillages le mâle (ou coq), magistral, drapé dans son plumage sombre, les caroncules écarlates et le bec blanc.

Son envergure peut aller jusqu’à 125cm et son poids jusqu’à 5kg.

Plus bas, la femelle (la poule, nettement plus petite), rousse barrée de noir et blanc émet un petit gloussement pour avertir de sa présence.

Cet insatiable polygame peut féconder 80% des femelles de la place de chant.

«A 50m, on n’entend plus rien, surtout si comme aujourd’hui il y a du vent […] d’où la nécessité d’être nombreux pour ce genre de comptage» explique la technicienne venue avec un renfort de stagiaires.

«Les crottiers sont de bons indices de présence de l’oiseau […] à cette époque de l’année après la disette hivernale ou le coq ne s’est nourri que d’aiguilles de sapins, il fait ripaille avec les bourgeons des arbres […] ses déjections sont un peu blanches comme s’il y avait une sorte d’urée»

Les femelles pondent à même le sol, les jeunes sont très exposés aux prédateurs pendant les premiers mois (notamment les martes).

Mais les indices de comptage (sur la seule place de chant que nous avons tenu ce matin, pas moins de 13 coqs et 4 poules ont été identifiés) sont suffisants pour dire que la population se porte bien dans le département de l’Ariège... et de mieux en mieux selon Jean Guichou, directeur de la Fédération départementale des Chasseurs.

Si bien que pour lui «rien ne plaide en défaveur de sa chasse […] il est prélevé de manière très raisonnable sur toute la chaîne des Pyrénées, y compris dans l’Ariège, avec des quotas par unité de gestion définis par des comptages»

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/05/2011 | 20:29 | Lu: 15892 fois