Maisons en bois, escaliers bois et métal, mobilier, objets décoratifs, et même des marionnettes, des guitares, des sabots... les exposants présents à cette première Fête du Bois de Pays ont démontré tout leurs savoir-faire et même leur art ce samedi à La Bastide de Sérou.
Dans chacun des secteurs, Bois-énergie, bois de construction et d’ameublement, l’exploitation et l’industrie, tous les acteurs de la filière ont répondu présent avec des démonstrations parfois spectaculaire à l’appui à destination du grand public: débardage animal, abattage et débardage mécanisé, broyage de plaquettes.
Une fête en écho à la journée du vendredi qui aura permis aux professionnels mais aussi aux organismes de formation de rencontrer les jeunes de collège et lycée pour faire découvrir la palette des utilisations du bois et les métiers qui y sont rattachés.
Même la bruine en ce samedi n’aura pas découragé les exposants ni le public venu constaté par vague régulière ce que M.Jacques Billan, préfet de l’Ariège, entouré de députés et conseillers régionaux et départementaux, a qualifié de «marche en avant» sous l’oreille attentive de M.Rouch, président du Parc Naturel Régional et de la Communauté de Communes hôte.
Avec 1,3 million ha de forêt, la région Midi-Pyrénées est la troisième au niveau national et représente près de 22.000 emplois pour l’ensemble de la filière.
Outre son rôle dans la biodiversité ou comme «puits forestier» (stockant durablement une quantité considérable de carbone) et dans l’aménagement du territoire, la forêt est désormais considérée comme un vecteur du renouveau économique régional voire national qui présente l’intérêt non négligeable d’être une activité non délocalisable.
L’enjeu de cette «fête du bois» va donc au-delà d’un simple étalage des activités et mille et une manière d’utiliser le bois.
Elle est aussi, le symbole d’une mobilisation de tous les acteurs publics et privés quelque soit leur taille pour faire de cette filière bois, un véritable relais de développement pour l’Ariège.
Avec un espace forestier qui représente 53% du territoire départemental, l’Ariège compte aujourd’hui 236 établissements et 1.183 salariés (soit près de 6% de l’emploi salarié total).
Si l’industrie papetière (aux mains de capitaux étrangers en perte de croissance sur un marché mondial extrêmement concurrentiel) pèse pour beaucoup (les papeteries de Saint-Girons emploient 300 personnes et restent l’un des plus gros employeurs régional), le secteur est essentiellement composé de petites entreprises (87% ont moins de 10 salariés) qui interviennent dans les secteurs du bois-construction et du bois-énergie.
«D’ici à 2020, rappelle le préfet, l’état s’est donné pour objectif de fournir 23% de la consommation énergétique nationale grâce à des énergies renouvelables et «le bois» devra fournir 1/3 de cet effort»
«L’Ariège peut et doit jouer un rôle clé dans cette démarche»
Avec 55% des ménages qui se chauffent au bois et depuis la première chaufferie collective dans les années 2000 pour atteindre aujourd’hui une vingtaine d’installations (réseau de chaleur, chaufferies bois) à travers tout le département assurant tout autant de débouchés locaux pour le bois produits localement, c’est ainsi toute une filière pour le bois de «moindre qualité» qui se met en place sous forme de granulés, plaquettes et buches sans oublier les briquettes reconstituées.
D’ici à septembre une SCIC –société coopérative d’intérêt collectif- devrait voir le jour, du côté de La Bastide de Sérou, par le groupement de 3 établissements et destinée à transformer le bois produit localement pour répondre à ces demandes nouvelles.
Matériau léger, résistant, isolant, sain et renouvelable par essence, tout simplement beau, le bois retrouve ses lettres de noblesse dans le secteur de la construction où il est particulièrement en phase avec les attentes des consommateurs comme du législateur dans les constructions HQE (haute qualité environnementale) et BBC (bâtiment basse consommation).
Nécessitant là un bois de qualité une filière nouvelle se met aussi en place de la coupe à l’utilisateur final.
Un projet de séchoir à bois soutenu par le PNR devrait d’ici peu compléter cette chaîne de la scierie locale (en l’occurrence les Ateliers des bois du pays) au(x) menuisier(x) en augmentant les rendements de bois séchés et traités.
Energie – construction, le bois a manifestement de beaux jours de devant lui.
Encore faut-il avoir connaissance de ces multiples possibilités et des différentes formes d’utilisations de celui-ci.
La récente création du CRITT-Bois à la ferme d’Icart à Montels devrait combler ces lacunes.
«On ne créera jamais 200 emplois d’un coup» confiait lors de la présentation de cette fête du Bois M. Rouch.
Cependant par touches successives, de projets en projets, cette filière bois se structure et fait s’écrier «demain le Couserans!» à ce même M. Rouch, anticipant sur les enjeux à venir en termes économiques et d’emplois et la place que pourrait y occuper le Couserans et le territoire du PNR.
Pour autant la bataille est encore loin d’être gagnée.
Le nerf de la guerre reste la ressource en bois, son accessibilité, sa gestion et son exploitation.
Et seulement 1/3 de la jeune forêt ariégeoise (à peine cinquantenaire) est aujourd’hui valorisée.
Sur le seul territoire du Parc d’environ 10millions de m3 et connaissant un accroissement naturel de 370.000m3 par an, seuls 23% sont «récoltés» soit 85.000 m3.
Plus importante couverture forestière de Midi-Pyrénées, avec une forte productivité naturelle, la forêt ariégeoise riche de la diversité de ses essences (hêtres, feuillus, châtaignier, frêne,...) reste insuffisamment mise en valeur si bien que 2/3 de cette richesse «reste sur pied» et que la part de bois de qualité reste modeste. 90% des exploitations sont en effet inférieures à 4ha.
Souvent privées (on compte 43.000 propriétaires individuels à l’échelle du département), la petitesse de ces forêts en limite d’autant une exploitation organisée et rentable.
Une partie de l’enjeu pour cette filière bois repose là, sur la capacité à gérer durablement cette matière première qui «pousse toute seule» tandis qu’il faut de 25 à 50 ans, selon les essences, pour obtenir des résultats.
Paradoxalement, la multitude de petites exploitations se prête relativement bien à cette configuration émiettée, qui plutôt que de grandes forêts industrielles, fait parler de «jardinage artisanal de nos forêts» le mieux à même de fournir les différentes essences de bois aptes à satisfaire les différentes filières d’utilisation possible.
Mieux gérer la ressource au travers du Plan pluriannuel régional et des diverses chartes forestières au sein d’un véritable plan de développement du massif local constitue un enjeu de taille.
Oui, l’Ariège doit faire «feu de tout bois»
Elle s’en donne les capacités au travers des actions du PNR (qui porte le PER bois) et du Pays Couserans et dont «cette fête du bois» est définitivement plus qu’un symbole.
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