Les agriculteurs s'opposent à un projet de centrale photovoltaïque à Calmont
17/05/2011 | 20:27
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A cheval entre l’Ariège et la Haute-Garonne, un projet déjà contesté tente de se frayer un chemin sur la commune de Calmont: la société Véolia compte y installer 23,5 ha de panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles.

Une enquête publique est en cours depuis le 9 mai.

Et ce mardi à la mairie, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (d’Ariège et de Haute-Garonne) ont déposé leur avis à la commissaire enquêtrice chargée de rédiger le rapport qui servira à la décision finale. Un avis qui, on s’en doute, est complètement négatif.

Les syndicats agricoles dénoncent depuis longtemps déjà les projets consommateurs de terres cultivables. Et ils ont plusieurs arguments à leur arc.

Il faut déjà selon eux, préserver le foncier agricole pour assurer une production locale et pouvoir installer de jeunes agriculteurs (qui ont de plus en plus de difficultés à accéder à la terre).

«La parcelle concernée est une parcelle agricole cultivée, note d’ailleurs Patrice Ramond (secrétaire général des JA31), on est sur des terrains à haute valeur agronomique puisqu’ils sont irrigables et propices à la culture de maïs par exemple» rajoute-t-il.

«La planète a besoin de produire, la population mondiale va doubler. Et face à ce phénomène, on a de moins en moins de terres à mettre en valeur, renchérit Yvon Parayre (président de la chambre d’agriculture de la Haute-Garonne), ces 32 hectares vont se rajouter au 1500 hectares que l’on perd chaque année, ça devient insupportable !»

Car les terres agricoles sont déjà largement malmenées par l’extension des habitats et les activités économiques.

Autres arguments: ce projet ne sera pas créateur d’emplois, et quitte à produire de l’énergie solaire, autant le faire sur les toitures, là où cela ne dérange personne.

Car Yvon Parayre insiste, «nous ne sommes pas contre l’énergie photovoltaïque, puisqu’en Haute-Garonne, le monde agricole s’est prononcé pour installer des panneaux sur les toitures»

Quant à la mention «agri-solaire» (qui consiste à faire cohabiter le solaire et l’agricole), elle ne leur convient pas non plus, «c’est une façon d’habiller le projet et de faire croire que l’on peut faire cohabiter des panneaux avec des moutons. En tant qu’expert, je peux vous dire que ce n’est pas sérieux»

L’enquête publique qui dira l’avenir de ce projet prendra fin le 10 juin.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 17/05/2011 | 20:27 | Lu: 13175 fois