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Marais du Rolle, un site remarquable au coeur des Pyrénées cathares
24/05/2011 | 20:02
© MidiNews 2011

Depuis plusieurs années, la fédération des chasseurs, par le biais des ACCA locales, poursuit son action d’aménagement des territoires au bénéfice de la faune sauvage.

Elle est intervenue en 2005 sur la commune de La Bastide de Bousignac, au travers de la Fondation pour la Protection des Habitats de la Faune Sauvage, en participant au rachat d’un terrain doté d’un petit marais où l’on chassait autrefois le canard à la hutte.

La déprise agricole aidant, les aubépines et les pruneliers s’étaient substitués aux troupeaux, transformant peu à peu cette zone humide naturelle pourtant unique en son genre dans le département de l’Ariège.

Thomas Razat de l’ACCA locale est heureux d’y accueillir aujourd’hui une classe du lycée agricole de Pamiers, des jeunes en Bac Pro «Gestion des Milieux Naturels et de la Faune»

Selon leur enseignante, «la connaissance du territoire est indispensable pour comprendre les interventions qui y seront réalisées» car s’ils viennent ce matin avec Pascal Fosty, technicien de la Fédération des chasseurs de l’Ariège, pour reconnaitre le milieu, ils passeront à l’acte le lendemain avec une séance de débroussaillage.

L’intervention des chasseurs à déjà permis de créer des lisières, éliminer des ligneux sur les parties inondables afin de créer des prairies humides mais beaucoup de travail reste encore à réaliser.

«L’achat de terrains s’accompagne de remise en état, réouverture de milieux et mise en place de mesures de gestion pour conserver ces zones humides qui avaient subi pas mal de drainage pour les rendre aptes à l’agriculture» explique Thomas.

En effet, les parcelles sont entourées de canaux et d’un réseau de fossés de drainage.

«C’est une zone humide l’hiver, asséchée une grande partie de l’année notamment à cause de ce réseau, c’est pour cette raison que nous projetons d’acquérir 30 ha supplémentaire, nous permettant à terme de maîtriser ces fossés pour mettre en place une gestion de l’eau appropriée»

Beaucoup de travail reste donc à réaliser sur ce site remarquable où l’on peut d’ores et déjà observer la jacinthe de Rome, une plante des prairies inondables, rare et donc protégée; mais aussi la bécassine des marais ou le râle d’eau…

Autant de signes encourageants pour l’ACCA locale qui veille à la réhabilitation de cet espace naturel: «nous envisageons en relation avec les éleveurs locaux d’entretenir ces parcelles avec des ânes, des chèvres ou des vaches»

Pour autant, ce site d’intérêt régional en terme de diversité biologique n’est pas figé puisque l’on peut aussi y chasser.

Pascal Fosty sensibilise ses élèves depuis le début de l’année à la caille des blés, un petit galliforme migrateur qui se reproduit sous nos latitudes.

«C’est jour de chance, j’ai entendu de la caille, on va donc procéder à un baguage en direct […]

C’est une formation qui englobe la connaissance de la faune et de la flore
» poursuit le technicien, qui en fonction de ses actions n’hésite pas à intervenir en classe ou à sortir avec ses élèves sur le terrain pour leur faire toucher du doigt le milieu, les problématiques environnementales et faire connaître sa profession.

«Les services techniques doivent avoir une action pédagogique, c’est un travail indispensable […]

Transmettre nos connaissances c’est important car une connaissance qui ne circule pas c’est une connaissance qui ne sert à rien […] et puis cela peut faire naître des vocations
»

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 24/05/2011 | 20:02 | Lu: 11923 fois