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Une plate-forme d'approvisionnement unique en France opérationnelle dès la rentrée
01/06/2011 | 22:11
© MidiNews

Portée sur les fonds baptismaux le 8 avril dernier, la SCIC «Ariège plate-forme» a tenu hier la première réunion de son conseil d’administration, une manière de faire le point sur l’avancement de cet ambitieux projet.

Partant du constat qu’il existe une véritable demande en produits locaux de qualité pour approvisionner la restauration collective (demande identifiée de 1 million de repas par an) et que les producteurs locaux sont capables d’y répondre à condition d’organiser la distribution, il paraissait nécessaire de créer une structure intermédiaire permettant de mettre en musique cette partition.

«Un véritable challenge» selon François Toulis, directeur de la Chambre d’Agriculture et président de cette nouvelle structure, une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC-SA).

«C’est un signe politique fort car les producteurs, les institutionnels ont adhéré au capital de cette structure de liaison […] reste à sensibiliser les intendants des établissements pour travailler avec des produits de saison»

Depuis 2007, la Chambre d’Agriculture coopère étroitement avec le Conseil général dans le cadre des repas du terroir (un repas par mois réalisé à partir de produits issus de l’agriculture locale dans les collèges) et depuis 2008 avec le pays des Portes d’Ariège et la commune de Pamiers.

Plusieurs outils ont déjà été développés dans cette dynamique: un annuaire départemental édité par le Conseil général et diffusé principalement aux intendants et aux cuisiniers et des cahiers des charges instaurés pour les principales productions afin de mettre au point l’approvisionnement des collèges.

Au terme de ces trois années d’expérimentation, la part d’approvisionnement en produits locaux atteignait déjà 85 000 repas.


De quoi conforter la chambre consulaire dans ce nouveau projet qui tend à maintenir et diversifier l’agriculture locale en portant une valeur ajoutée aux productions ariégeoises.

«Pour que cette plate-forme soit économiquement viable il faut tabler sur 500 000 repas par an, nous cherchons un appui nécessaire pour cette montée en charge» précise François Toulis, qui annonce les premières livraisons pour la rentrée de septembre:

«Nous serons prêts […] nous avons établi un partenariat avec la Setak, une société de transport située à Pamiers qui est en mesure de stocker les productions des agriculteurs adhérant à la plate-forme et de les acheminer dans le département.

Le conseil d’administration de la SCIC a pris la décision de réunir dans les semaines à venir les fournisseurs par filière de produit pour rédiger un catalogue.

Nous avons également travaillé sur l’axe sanitaire avec la DDSPP car la plate-forme doit être exemplaire dans ce domaine-là.

Notre pari c’est de travailler en circuit court en collant au plus près à la production locale.

Ce projet donne l’opportunité aux agriculteurs d’avoir des rentrées d’argent non négligeables et offre l’opportunité aux jeunes de s’installer notamment dans le marachage. C’est un véritable challenge !
»

Concernant le prix des repas, François Toulis se veut rassurant: «il n’y aura pas d’augmentation pour les familles»

Reste à présent à embaucher un salarié à plein temps pour démarrer l’activité et organiser la production (fixation des prix, élaboration cahiers de charges par filière…) et l’approvisionnement (mise en lien cuisiniers/intendants/fournisseurs).

La nouvelle SCIC est désormais sur les rails… prochain rendez-vous à la rentrée de septembre pour un nouveau bilan d’étape.


Jean-Noël Vergé, agriculteur: «la plate-forme constitue le maillon manquant entre producteurs et consommateurs»

Jean-Noël Vergé est agriculteur sur la commune de Verniolle où il cultive 3 hectares de pommes de terre et autant de lentilles.

«Depuis janvier 2010, j’ai entrepris cette production pour fournir la restauration collective (écoles, maisons de retraite)» explique Jean-Noël pour qui «la plate-forme constitue le maillon manquant entre producteurs et consommateurs […]

C’est un énorme avantage pour nous car on commençait à s’essouffler à livrer nos produits aux quatre coins de l’Ariège […] sans parler du bilan carbone!

Avec cette nouvelle structure c’est beaucoup plus simple: le producteur approvisionne directement la plate-forme (c’est un gain de temps) qui se charge dès le lendemain matin d’organiser les livraisons dans les collectivités: garantie de fraicheur, de traçabilité, réduction d’intermédiaires et mise en place de nouvelles pratiques avec l’installation de maraîchers […]

Grâce à ce nouvel outil nous sommes parvenus à nous fédérer
»

Ainsi dès la rentrée, les enfants des écoles, collèges, lycées qui adhèrent à cette plate-forme retrouveront dans leurs assiettes les lentilles ou les pommes de terre de la Vallée du Crieu, mais également de nombreux produits locaux gages de qualité: pommes de terre, lentilles, viandes fraîches bovine, ovine, porcine, charcuterie, poulet, pintade et lapins entiers, truites en darnes et filets, fromages (tommes de vaches et chèvre, lactique de chèvre, pâtes sèches), oeufs, yaourts nature, aromatisés, faisselles, fromage blanc, fruits (pommes, poires, kiwi) et petits fruits.
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 01/06/2011 | 22:11 | Lu: 12500 fois