C’est une fête pastorale organisée depuis une dizaine d’années par les éleveurs du Couserans, devenue au fil du temps une manifestation phare pour un territoire qui s’anime au rythme des traditions de la ruralité.
Au-delà de l’aspect festif de cette manifestation, c’est aussi la revalorisation d’un terroir, de son pastoralisme et peut-être aussi une impulsion donnée à son économie.
Car derrière cette vision bucolique, il y un véritable travail de valorisation des éleveurs qui s’engagent sur la qualité de leurs produits: fromages d’estive, broutards du Biros, chevaux de Mérens, vaches gasconnes…
Pour les organisateurs qui ont remis les transhumances à l’honneur elles sont également synonymes de développement touristique durable.
Les visiteurs viennent souvent de loin pour suivre cet évènement et les retombées économiques ne sont pas négligeables.
Depuis quelques années, les professionnels du tourisme équestre donnent aussi la possibilité aux visiteurs de suivre à cheval cette transhumance (location de chevaux, encadrement, repas, hébergement en gîtes).
Le public est invité à partager des choses simples de la vie des bergers, à marcher dans les pas des troupeaux qui montent aux estives et déguster un bon repas.
Car chaque année à la même époque, chevaux, moutons et vaches prennent le chemin des prairies verdoyantes pour passer la belle saison dans les verts pâturages de montagne.
Ils sont plusieurs centaines de participants à vouloir retrouver l’authenticité du monde rural, des traditions et des savoir-faire ancestraux.
Malgré les abondantes précipitations qui ont largement arrosé le département de l’Ariège, le public n’a pas manqué le départ des transhumances samedi, que ce soit en massatois avec l’arrivée des troupeaux de bovins au village des bergers des Goutets, en Biros où les brebis sont rassemblées au terme d’une longue marche au cirque de la Plagne ou enfin les chevaux de Mérens qui ont atteint après un périple de deux jours la vallée d’Orle.
Sur la commune de Lescure, la famille Fort et près de 700 moutons se préparent à monter sur les estives de Trapech.
Dès 9h et malgré la pluie, les éleveurs parent les bêtes de sonnailles et de pompons.
Plusieurs dizaines de courageux ont eux aussi bravé le mauvais temps, équipés de larges parapluies et de chaussures de marche, ils n’ont pas hésité à suivre le troupeau qui emprunte pour la première fois (et après dérogation exceptionnelle) la Voie Verte jusqu’à Saint-Girons.
A chaque embranchement, les «autochtones» sont au rendez-vous, toutes générations confondues, pour voir passer les troupeaux: «c’est la tradition, explique Antoine, retraité qui a toujours vu passer les bêtes devant sa porte.
Bien sûr autrefois il y avait moins de monde pour suivre les troupeaux, mais la magie de la transhumance opère toujours et c’est bien !»
Le matin même, les chevaux de Mérens de Simon Lompède ont quitté la ferme de la Basterne au pied de la cité de Saint Lizier pour rallier dans un premier temps Castillon puis Bordes-sur-Lez avant de monter sur la vallée de Bethmale.
Plus de 80 adultes et leurs petits accompagnés de suiveurs à pieds et de nombreux cavaliers qui vont suivre le rythme du troupeau pendant deux jours.
Pour Simon, les transhumances ne sont pas un folklore bien au contraire, c’est la vraie vie des éleveurs qui doivent par nécessité conduire les bêtes en été à la montagne où l’herbe est de meilleure qualité, de plus cela permet de libérer les terrains sur l’exploitation pour faire les foins ou les cultures.
«En montagne, les chevaux acquièrent un bon mental, ils ont le pied plus sûr et n’ont plus peur de traverser les rivières […] les transhumances contribuent à mieux faire connaître notre métier et nos produits»
La vocation de Simon Lompède c’est l’élevage, il a fait sa première transhumance à l’âge de 10 ans et depuis il suit les pas de son père Firmin qui a relancé l’élevage du Mérens dans la Couserans.
«Je suis tombé dedans car mon père et mon grand-père étaient éleveurs de Mérens […] mais autrefois, ils étaient obligés de partir à pieds de Moulis pour accompagner les chevaux sur les estives de la vallée d’Aston car il y avait beaucoup de monde sur les estives du Couserans réservées aux brebis et aux vaches»
Dans les années 70, Firmin Lompède travaille en relation avec les Haras nationaux et Olivier Courthiade avec qui il recense et identifie toutes les juments du Couserans pour relancer la race.
Aujourd’hui, Simon a repris l’élevage familial: il sélectionne les pouliches, choisit les étalons et au final ce sont des animaux plus légers, plus vifs, alliant aptitudes sportives et ludiques permettant d’être utilisés par un large public (des cavaliers néophytes aux cavaliers plus confirmés).
Et il a transmis cette passion à ses enfants, Mathis 9 ans et Corentin 11 ans qui ne sont pas peu fiers d’accompagner les chevaux à la montagne… la relève est assurée.
«Notre souhait c’est de conserver ce côté authentique et convivial qui est la clé du succès de cette manifestation»
Et pour ceux qui seraient tentés par les transhumances en Couserans, elles se poursuivent le week-end prochain dans le haut-Salat.
Renseignements: http://www.pays-couserans.fr
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