Fait remarquable, ils ont tous accepté de poser pour la photo. Avec simplicité et discrétion, mais force.
Eux, ce sont les salariés des Jardins bio de St-Jacques, encadrants et personnes en insertion.
Tous ceux qui étaient présents ce matin là ont voulu ainsi témoigner de leur attachement à une structure menacée de fermeture et à laquelle dans ces mêmes colonnes nous rendions maints hommages (voir notre article du 18/01/11).
Lors de cette AG de début d’année les sourires mêmes de façade étaient de mise, en ces périodes de fête.
Las, depuis les dures réalités économiques ont rattrapé la structure et le récent Conseil d’administration ce 29 juin dernier a entériné le dépôt de bilan.
D’ici deux mois, peut-être plus selon les aléas juridiques, les jardins de Saint-Jacques fermeront définitivement leurs portes.
Même les esprits les plus nobles pourraient voir dans cette fermeture une fatalité économique de plus, une bien belle initiative hélas difficile à viabiliser contrainte de fermer car l’on ne peut la soutenir à bout de bras ad vitam aeternam.
Il est vrai que si tel était réellement le cas, chacun ne pourrait que s’incliner devant cette règle d’or de l’efficacité capitalistique, quoi que cela dépende certainement où l’on place le curseur entre l’économique et le social.
Né, sur les cendres du SIDEL, Les Jardins Bio de Saint-Jacques, ne sont en définitive qu’une nouvelle appellation qui reprend l’exploitation telle quelle et les charges de la précédente structure.
Fort d’un plan de redressement dans le cadre d’une procédure de liquidation judiciaire contraignante, les Jardins Bio développent leur propre activité.
Une série d’évènements va l’entraîner dans les difficultés financières actuelles.
3 conflits prud'homaux, un arrêt maladie (qu’il faut remplacer), nés avec les responsables de feu le SIDEL vont précipiter en 2002 puis 2007 le déclin.
Aujourd’hui la structure ne peut plus faire face à ces charges exceptionnelles conduisant le CA à prendre cette décision définitive.
«C’est un gâchis» commentent Nicolas Bergès et Brigitte Saboureau les 2 encadrants techniques et sociaux.
De fait, ce sont d’abord les 17 personnes actuellement accueillies dans le cadre d’un projet d’insertion qui vont perdre leur poste, stoppées net dans leur projet de vie.
C’est aussi toute la production, bio, qui va être perdue, sans compter la dégradation de l’outil de travail (jardins et matériels).
C’est enfin, le réseau de fidèles clients qu’il a fallu «conquérir» qui va disparaître.
170 familles ont recours aux paniers cueillis sur place. Des productions ponctuelles mais régulières sont fournies aux écoles de Saint-Lizier et de Saint-Girons mais également aux maisons de retraite.
«L’activité en tant que telle est viable, nous l’avons démontré, comme le démontrent ailleurs d’autres activités de maraîchages de ce type appartenant aux Réseaux des Jardins de Cocagne»
«Nous subissons les flottements passés et le lourd passif dont on a hérité»
Partenaires de tous les acteurs qui interviennent dans le champ de l’insertion et de l’emploi, les Jardins Bio de Saint-Jacques sont un intervenant reconnu en ce domaine.
L’ensemble des partenaires composant le comité de pilotage (Etat via la DIRRECTE et Pole emploi, le Conseil général, etc.) qui suivent l’activité de la structure louent le travail qui y est accompli tant en termes de publics accueillis (hommes, femmes, jeunes et plus âgés, de toute nationalité) et surtout car c’est le plus important le nombre de sorties dites positives qui en résultent.
Les objectifs fixés par ces mêmes partenaires au terme de conventions strictes, par ailleurs financeurs dans le cadre de dispositif d’insertion, sont régulièrement atteints justifiant ainsi le renouvellement de leurs subventions.
«Tout le monde a conscience du rôle important que nous jouons localement, redonner dignité aux personnes et les aider à s’insérer professionnellement en utilisant le travail de la terre. Pourtant nous allons fermer»
C’est pourquoi Nicolas et Brigitte, au nom de tous les salariés, ont pris l’initiative de lancer ce cri d’alerte, tentative presque désespérée pour attirer l’attention de tous et sauver la structure.
Sans acrimonie envers la direction, ils veulent simplement faire appel à toutes les bonnes volontés, organismes d’insertion, collectivités, particuliers qui pourront s’intégrer dans un nouveau projet sur des bases saines cette fois, lorsque les Jardins bio seront tombés sous le coup du dépôt de bilan.
Tous affichent une détermination commune pour continuer dans la sérénité à agir dans ce monde difficile à la frontière de l’économique et du social, débarrassés de cette pression financière trop lourde à porter.
20 personnes sont directement concernées (17 en insertion et les 3 encadrants).
Comme une bouteille à la mer, un courrier de trois pages signé de tous a été adressé à tous les partenaires possibles, actuels et potentiels.
Désormais, tout cela tient d’un rien, de la position ou chacun place le curseur… de la solidarité entre l’économique et le social. On le saura bientôt.
Plus d’infos et pour approfondir l’échange: Les Jardins Bio de Saint-Jacques à Saint Lizier, Nicolas Bergès et Brigitte Saboureau: 05.34.14.01.98; [email protected].
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