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Agriculture: la solidarité Pyrénéenne en action
19/08/2011 | 18:09
© MidiNews 2011

Hier à 16h, un important chargement de foin en provenance des Pyrénées Atlantiques est arrivé sur la propriété de Francis Claverie à Arnave.

Une cargaison très attendue par les exploitants ariégeois qui subissent à l’instar de leurs homologues de la France entière les retombées de la sécheresse du printemps 2011.

Par ce geste de solidarité, des agriculteurs de la vallée du Louron dans le Béarn ont souhaité remercier les Ariégeois qui ont mené à leurs côtés un combat pour arrêter la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées (et notamment mettre un terme au projet de la réintroduction d’un ours dans le Béarn promis pour le printemps dernier).

C’est donc très officiellement que les représentants du monde agricole du département ont réceptionné ces 64 tonnes de foin destinées à soulager les exploitants ariégeois.

Philippe Lacube de l’ASPAP, Denis Peloffi président et la FDSEA, Remi Denjean des Jeunes Agriculteurs et bien entendu François Toulis, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège ont salué de concert cet élan de générosité et l’implication du monde agricole qui s’est organisé pour prendre en charge le coût du transport (les seize bénéficiaires n’auront au final à débourser que 5 euros la balle ronde de foin).

Le président Toulis a rappelé, bien que la canicule n’ait pas encore touché cet été le département de l’Ariège, la saison a été sèche, obligeant les céréaliers de la plaine à rationner leur eau (ils ont du organiser des tours d’eau, irriguer 3 jours sur 4) et les premières coupes de foins accusent un important déficit de matière première: sur certaines exploitations il manque jusqu’à 60% des volumes.

Face à cette sécheresse qui impacte l’hexagone et l’Europe entière, les exploitants ont du rapidement puiser dans les stocks de fourrage pour l’hiver et nombreux d’entre sont obligés d’acheter du foin (à prix exorbitant puisqu’il y a pénurie) dès à présent et pour toute l’année à venir.

Un surcoût qui peut s’élever à plusieurs milliers d’euros.

Pour les petites exploitations ou les structures déjà fragilisées par une série de crises (fièvre catarrhale ovine, envolée du cours des céréales ou du prix du carburant) cette situation compromet la pérennité du troupeau voire de l’exploitation.

François Toulis a aussi souligné le désarroi dans lequel était plongé la profession face aux attaques incessantes des ours réintroduits: «en tant que président de la chambre d’Agriculture je viens d’écrire au préfet et au président de la République pour les sensibiliser au désarroi du monde rural.

Ces ours sont en train de tuer l’élevage ovin que l’on veut développer dans le département.

Nous avons la capacité de le faire, les surfaces, les herbages […] et nous sommes encore aujourd’hui dans l’obligation d’importer plus de 50% de notre consommation, c’est une situation aberrante !
»

Cette action symbolique avait pour objectif de démontrer que le monde agricole «est porteur de certaines valeurs, sait se mobiliser pour la bonne cause et qu’il existe une véritable solidarité entre les agriculteurs» et comme l’a indiqué Hervé Péloffi «on sait se serrer les coudes quand les temps sont difficiles»

Il a remercié à son tour les exploitants du Béarn pour leur générosité.

Un hommage particulier a été rendu aux Jeunes Agriculteurs qui ont pris en charge toute l’intendance et organisé le transport de ce précieux chargement.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 19/08/2011 | 18:09 | Lu: 12714 fois