C’est une maladie d’un autre siècle que l’on croyait bien avoir définitivement éradiqué.
Pourtant fin avril 2010, une bête suspecte est repérée aux abattoirs de Pamiers, elle venait d’un engraisseur de Mazères qui l’avait achetée à un éleveur du Mas d’Azil.
A partir de là, se déclenche la terrible machine administrative avec d’un côté son lot de contrôles, de règlementations à appliquer à la lettre, et de l’autre sa part d’incompréhension, de malheur ou de désespoir.
Selon Hervé Péloffi, président de la FDSEA, la maladie est derrière nous et ce sera bientôt un mauvais souvenir.
Pour autant, «c’est grâce aux choix qui ont été faits et seulement parce qu’ils ont été faits que l’on est arrivé à la circonscrire.
Quand on trouve à l’abattoir un animal positif et quand on va sur le terrain pour voir ce qu’il se passe réellement, il y a toujours un décalage: la maladie est couvée depuis un certain temps avant de faire des dégâts visibles.
Sur le canton du Mas d’Azil, nous avons trouvé des animaux positifs qui ont donné lieu à l’abattage d’un millier de bêtes. Parmi elles il y avait à peine 2% d’animaux positifs.
Par le passé on ne se débarrassait que des animaux positifs et on contrôlait les autres.
Aujourd’hui nous avons d’autres moyens, le niveau d’indemnisation est décent […] les gens peuvent rebondir et recréer un cheptel»
Malgré les traumatisme que peut engendrer l’abattage total du cheptel, Hervé Péloffi estime qu’il s’agit là du meilleur moyen pour aller le plus vite possible vers l’élimination de la maladie:
«Cette méthode est une bonne méthode. La France est aujourd’hui un pays indemne.
Il existe un seuil minimum qui déclenche le fait de passer d’un pays infesté ou pas. Nous étions en dessous de ce seuil et grâce à cette méthode nous y sommes restés.
C’est important pour un pays comme le nôtre exportateur de bovins, il fallait pouvoir garder cette liberté»
Pour autant, le président du syndicat majoritaire regrette qu’on ne laisse pas un vide sanitaire suffisant: «on devrait laisser un vide sanitaire d’une année, cela éviterait de prendre le risque de voir ressurgir la maladie dans un avenir proche […] ce délai de 12 mois me paraît sécurisant»
Hervé Péloffi a une position tranchée sur l’abattage sélectif: «c’est très difficile à appliquer, très contraignant et adapté à des cas ponctuels.
Nous l’avons fait pour un troupeau à Escosse il y a quelques années mais il s’agissait d’un producteur qui vendait toutes ses bêtes à l’abattoir donc pas de risque d’avoir un animal positif dans la nature […]
Au Mas d’Azil il y avait un vrai foyer et on ne pouvait pas prendre de risques»
Enfin si le président de la FDSEA se réjouit de voir que les agriculteurs touchés ont remis du bétail, il souhaite aussi féliciter les services vétérinaires avec qui il a beaucoup travaillé sur le dossier:
«Ils n’ont pas agi bêtement, ils ont pris en compte les réalités du terrain, pour certaines décisions il fallait faire preuve de courage […] On a reconnu la compétence de Pierre Jabert de la DDSV qui est devenu l’expert de la tuberculose bovine à l’échelle de la région»
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