Valorisation de la forêt paysanne: un atout pour le monde agricole
04/10/2011 | 19:49
© MidiNews 2011

2011, année internationale des forêts… en France la superficie forestière a augmenté de 50% depuis 1950 (aujourd’hui les forêts couvrent 30% de notre territoire) et dans le département de l’Ariège 45% du territoire sont occupés par les forêts.

Longtemps délaissées, elles peuvent constituer aujourd’hui un revenu complémentaire non négligeable ou une source de diversification pour les agriculteurs.

Michel Marty est éleveur (vaches laitières et bovins viande soit 200 bêtes).Il a acheté son exploitation de 60 ha en 2009 (entre Cazaux et Loubières) avec l’idée de valoriser ses forêts, près de 19 ha qui arrivaient à maturité.

Mais chacun son métier, il a préféré faire appel au conseiller de la chambre d’agriculture pour réaliser un diagnostic forestier; il s’agit d’une prise en compte individuelle et gratuite.

Mehdi Bounab, conseiller spécialisé forêt, s’est déplacé sur site où il a établi un état des lieux précis afin de déterminer le potentiel de bois d’œuvres et de bois de chauffage, il a recensé les essences présentes, l’état du peuplement forestier afin d’évaluer son potentiel, les produits que l’on pourra en tirer, les travaux à réaliser à plus ou moins long terme, l’estimation du rapport des produits.

Il est également capable de proposer à l’agriculteur une sylviculture adaptée en définissant des objectifs de gestion: coupe, éclaircie et tous les conseils utiles en matière de mécanisation.

Michel Marty a intégré le projet de la Cuma Bois des Vallées Cathares séduit par l’acquisition collective d’un coupeur-fendeur pour son débit de chantier et le gain de main d’œuvre.

«Le diagnostic a été réalisé en mars 2011. Depuis, le propriétaire a entrepris une exploitation de bois sur taillis de châtaigniers arrivés à maturité.

Nous travaillons en relation avec le CRPF pour les itinéraires techniques et les conduites sylvicoles à conduire en adéquation avec le schéma régional de gestion sylvicole (le SRGS)
» explique Mehdi qui depuis le début de l’année a réalisé plus d’une vingtaine de diagnostics.

Il s’agit là d’une des missions d’intérêt général de la chambre d’agriculture qui au regard du code rural et forestier se doit d’améliorer la forêt: «depuis 2010 nous sommes appuyés par la DRAF dans nos actions en relation avec le CRPF et l’ONF […]

Il s’agit là d’une activité complémentaire sur l’exploitation qui permet la valorisation des produits et l’augmentation des marges en vente directe.

Je suis également là pour améliorer les peuplements et donc la forêt sur une échelle de 10-20 ou 30 ans
»

«C’est de plus en plus difficile dans l’agriculture, explique Michel Marty. La chambre consulaire à travers les interventions de ses techniciens nous conseille sur la valeur du bois et la valeur que l’on peut en tirer.

Ensuite, un appel d’offres m’a amené à me mettre en relation avec Jean-Paul Ortet qui peut valoriser mon bois dans sa scierie: le bois de châtaignier est utilisé pour le parquet, les feuillus pour les planches et le reste ira en bois de chauffage et tout ce qui est déclassé à l’usine de pâte à papier de St Gaudens
»

Au terme de cette intervention, l’éleveur est conscient des avantages de cette exploitation «raisonnée» de sa forêt.

Mais de là à s’engager dans un document de gestion durable… il faut encore réfléchir.

Car au terme de ce diagnostic forestier, l’agriculteur s’il le souhaite, peut élaborer un document de gestion durable.

Véritable code de gestion sylvicole, ce plan est garant des objectifs qu’il s’est fixé dans les 15 ans à venir: «c’est un tableau de bord, indique Mehdi.

Un document qui lui permettra d’obtenir une subvention, de faire certifier sa forêt […] les propriétaires sont sensibilisés mais ce n’est pas obligatoire et pour franchir le pas c’est plus difficile […] d’autant qu’il faut faire intervenir un prestataire extérieur et que ce n’est pas gratuit. Il faut compter entre 1000 à 2000 euros»

En attendant, Medhi a encore du travail pour plusieurs années à venir, sachant que 200 agriculteurs ariégeois sont propriétaires de 17 000 ha de forêt…

La forêt paysanne ariégeoise a encore de beaux jours devant elle.


Points clés des actions forestières de la Chambre d’agriculture

-En Ariège, les agriculteurs représentent près de 5% des propriétaires forestiers privés et plus de 12% (17 000 ha) de la surface forestière ariégeoise privée.

-La chambre d’Agriculture de l’Ariège intervient dans le secteur forestier en cohérence avec le Plan Pluriannuel Régional de Développement Forestier 2011-2015.

Ce plan (instauré par la LMA du 27 juillet 2010) a pour but d’améliorer la production et la valorisation économique du bois, tout en respectant les conditions d’une gestion durable des forêts.

Les actions sont financées par la taxe foncière sur les propriétés non-bâties boisées.

-Sur certains zonages type Plan de Développement de Massif la chambre d’agriculture intervient en partenariat avec le Centre Régional de la Propriété Forestière et la coopérative forestière Alliance Forêts Bois.

Renseignements:
Service Territoires Environnement Diversification
Chambre d’Agriculture de l’Ariège
05 61 02 14 45
actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 04/10/2011 | 19:49 | Lu: 12433 fois