Si on évoque souvent le «diamant noir» du Périgord, les truffes d’Ariège sont encore méconnues. Et pourtant...
Elles ont toujours été présentes à l’état sauvage, ramassées ici ou là par de discrets connaisseurs.
Le département a aussi été producteur, avec la présence de marchés organisés jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Et puis, plus rien.
Avant la création du syndicat des trufficulteurs d’Ariège en 1990, il n’y avait plus de plantations en production. Aujourd’hui, la tendance s’est inversée.
Et le syndicat compte une cinquantaine de membres, qui s’activent pour protéger et recenser les truffières naturelles, mais aussi encourager la création de nouveaux lieux de production.
Le département présente en effet plusieurs sites potentiels (dans le massif du Plantaurel ou dans certaines parties du Couserans notamment).
En Ariège, les propriétaires de truffières en ont plus fait un loisir qu’une activité professionnelle à proprement parler.
C’est avant tout une «passion» explique André Clare, intarissable sur le sujet (fondateur et président du syndicat).
Même si la «tuber melanosporum» (ou truffe du Périgord) se vend tout de même entre 800 euros et 1000 euros le kilo.
Les acheteurs sont des particuliers et des restaurateurs. Sachant que quand la production aura pris de l’essor, une idée de marché aux truffes est déjà sur les rails.
Les truffes poussent enterrées sous terre, dans des sols argilo-calcaires, au pied de certains arbres (chênes, noisetiers) avec lesquels elles poussent en symbiose.
Il faut donc réunir toutes ces conditions pour leur culture. Puis il faut attendre plusieurs années (10 ans, 20 ans parfois).
Mais malgré toutes les choses que l’on sait, le mystère reste entier: «celui qui me dit je connais la truffe parfaitement, je le traite pas de menteur mais je le pense !», et c’est ça qui fait tout le charme de la truffe aux yeux d’André Clare.
Imprévisible, dame nature ne se laisse pas dompter facilement.
Mais il y a de belles réussites. Et un des meilleurs exemples en Ariège se trouve sur une parcelle du massif du Plantaurel.
Robert Rouch y a planté des arbres mycorhizés* en 2003: des chênes, des noisetiers, et des plantes associées à la truffe comme la lavande ou le sédum.
Puis il a fallu prendre soin de tout ça durant de longs mois: nettoyer les «brûlés» autour des arbres, arroser, tailler les arbres, etc. Cinq ans plus tard, le chien trouvait la première truffe.
Au début, le passionné a rendu les trois-quarts de sa production à la terre (une recommandation léguée par les anciens).
En ce moment, Robert Rouch (qui connaît sa truffière sur le bout des doigts) repère déjà les premières champignons en grattant un peu.
Mais il faudra encore être patient: ils ne seront ramassés qu’à partir du mois de janvier.
*Grâce aux «mycorhizes», la truffe puise dans l'arbre les substances organiques sans lesquelles elle ne pourrait vivre.
| La Trufficulture est aussi un mode de valorisation bien adapté aux Terrasses d’Ariège Depuis plus de 10 ans, la fédération pastorale de l’Ariège mène des actions pour valoriser les terrasses du département (à travers le réseau «1001 terrasses d’Ariège»). Certaines sont juste dédiées aux visites du public. D’autres sont des lieux de maraîchages d’élevage, et bientôt... de trufficulture. «2 ou 3 sites sont concernés» explique François Regnault (de la fédération pastorale). Mais voilà, la trufficulture demande beaucoup de patiente et les premiers résultats ne seront visibles que dans plusieurs années. Le pari est donc lancé... |
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