Non loin de la station des Monts d’Olmes, sur le massif de Tabe, le lac de Moulzoune a été créé dans les années 90 par la société de pêche locale pour y faire un site d’élevage extensif et participer ainsi aux programmes de restauration des salmonidés.
Un travail mené en relation avec l’association MIGADO (Migrateurs Garonne Dordogne), l’ONEMA (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques), la fédération départementale de pêche et l’AAPPMA locale.
Au mois de mai, plus de 30 000 alevins de 5cm ont été déversés dans le lac, ils ont passé l’été et ce matin avait lieu une pêche un peu particulière: la source de Peyroulet a été déviée et le lac progressivement vidé, obligeant les «tacons» (alevins de 8cm) à emprunter un parcours jusqu’à la station de piégeage où ils sont, après avoir été endormis, mesurés et pesés avant de partir pour un long voyage…
Dans un premier temps les saumons sont acheminés entre Saverdun et Cintegabelle où ils sont répartis sur des «habitats de grossissement de juvéniles» (des rapides et des radiers) où ils grossiront dans la rivière Ariège jusqu’au mois d’avril.
Au printemps, ils auront atteint 15cm de long et réaliseront leur migration de dévalaison pour gagner l’océan et atteindre des zones de grossissement marine au sud du Groëland.
Après deux à trois hivers en mer, ils reviennent en avril sur le bassin de naissance pour s’y reproduire, on appelle cela le «homing» et de nombreux scientifiques se penchent depuis des années sur ce phénomène.
Stéphane Bosc, chargé de mission à MIGADO, veille au bon déroulement des opérations: «sur les 30 000 saumons déversés dans le lac, nous en récupérerons aujourd’hui la moitié, soit 15 000, et 2% seulement reviendront dans l’Ariège après leur grand voyage en Atlantique»
Depuis les années 70, MIGADO est responsable du plan national de restauration du saumon atlantique et de l’ensemble des poissons migrateurs (ils sont huit en tout: le saumon atlantique, la truite de mer, 2 espèces de lamproies, 2 espèces d’aloses, l’anguille, et l’esturgeon européen):
«Nous travaillons sur la libre circulation des migrateurs sur le bassin Garonne-Dordogne, il a fallu pour cela aménager des passes et des ascenseurs à poissons, nous travaillons en relation avec les propriétaires de barrages (EDF et privés).
Tous les cinq ans, nous menons un plan d’action sur proposition du comité de pilotage où siègent tous les partenaires*.
Concernant le saumon atlantique, le financement vient de l’Europe, de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne et de la Fédération de la Pêche en France»
MIGADO assure donc la filière de reproduction: les techniciens capturent au niveau de Golfech des saumons adultes qui reviennent de l’océan, ils sont ensuite transférés au centre de reconditionnement de Bergerac où ils pondent des milliers d’œufs qui sont ensuite transférés à la pisciculture de Sorèze (Pontcrouzat).
Certains de ces alevins (500 000) seront destinés au repeuplement du bassin Garonne, notamment pour les rivières la Neste, la Garonne et l’Ariège.
«Nous réalisons des études biométriques sur ces tacons et un suivi génétique permettra ensuite, à partir du génotype de certains saumons, de déterminer de quels lacs ils proviennent […] nous avons mis en place une base de données qui permet de croiser un nombre considérable d’informations» poursuit Stéphane Bosc.
Une douzaine de personnes s’activent depuis tôt le matin pour vider le lac, filtrer l’eau afin de séparer la vase des poissons qui seront récupérés dans des viviers avant de passer par les opérations de biométrie et les mains expertes des techniciens.
Enfin pour éviter toute perte de cette «précieuse marchandise», les techniciens de l’ONEMA remontent le ruisseau et réalisent une pêche électrique.
Cette opération a également été prétexte à partager un moment convivial à l’heure du déjeuner où pas moins d’une vingtaine de personnes se sont retrouvées au chalet de l’AAPPMA de Montferrier.
*partenaires de MIGADO: services de l’Etat (DREAL), agence de l’eau Adour Garonne, SMEAG, pêcheurs professionnels, fédération de pêche, EDF, ONEMA, SEMAGREF.
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