Christelle et Patrice Vigne, installés avec un élevage de porcs sur les hauteurs de Gudas, s’étaient abonnés à magazine dédié à l’élevage de porc.
Au fil des pages: des publicités d’antibiotiques à donner aux bêtes, des pistolets pour piquer les porcs, et toute la panoplie de l’élevage industriel classique... Autant dire que le couple s’est empressé de rompre l’abonnement à la revue.
Car quand on parcourt leur exploitation en agriculture biologique, perchée à 700 mètre d’altitude, les techniques de l’élevage intensif peuvent vite prendre des allures de science-fiction.
Des animaux qui ne voient jamais un rayon de soleil, attachés en permanence, bourrés d’antibiotiques et de vaccins, «il y a même des endroits où les porcs ne voient jamais de paille de tout leur vie !» peine à croire Patrice.
Sur les 50 hectares de l‘élevage du col de Maffé à Gudas, on est donc aux antipodes de tout cela.
Les porcs (de races croisées) sont élevés en plein air. Ils se nourrissent d’herbe, de glands, de châtaignes, de baies, complémentés en céréales biologiques produites sur la ferme.
Et le couple d’agriculteurs maîtrise la production de A à Z. «On fait naître nos animaux. On produit leur alimentation. Et on va jusqu’à la transformation» explique Christelle.
Environ la moitié de la production est destinée à la vente de viande fraîche découpée, l’autre moitié à la charcuterie.
Et pas besoin de traitements, puisqu’élevés en plein air et ne vivant pas les uns sur les autres, les porcs développent beaucoup moins de maladies.
«La clef du bio, c’est la prévention, résume surtout Patrice, Il ne faut pas attendre que les animaux soient malades»
Il faut donc parfois utiliser des minéraux en compléments d’alimentation ou des huiles essentielles qui renforcent les défenses immunitaires des animaux.
De même, «tout ce que l’on achète doit être bio, précise Christelle, l’alimentation est 100% bio, et c’est pareil pour les produits que l’on utilise pour transformer nos charcuteries: le lait, le sel, le poivre, etc.»
Bien sûr, ce n’est pas facile tous les jours. D’autant plus qu’en Ariège, les élevage de porcs sont peu nombreux. Il est donc difficile d’aller chercher conseil chez un confrère.
Christelle et Patrice se rappellent par exemple de ce moment où ils voyaient que les bêtes s’affaiblissaient, «on a finalement compris qu’il leur manquait des minéraux. Et ça a réglé le problème»
Le passage en bio s’est donc fait par des tâtonnements, des apprentissages techniques, «au fur et à mesure»
Mais le couple a d’autres cordes à son arc. En plus des porcs, Patrice et Christelle ont aussi des bovins (de race Casta). Le tout vendu aux cantines et en vente directe.
Avec toujours la même philosophie de travail, résumée par Patrice: «on laisse la nature et le potentiel de l’animal s’exprimer. On met le temps qu’il faut... en fait, on est fier de ce que l’on fait»
Contact:
Elevage du Col de Maffé
09120 Gudas
05 61 60 89 66
[email protected]
- Tonte des brebis avant le départ en estive
- Consommer juste et local: l'AMAP de Pamiers ouverte à de nouvelles familles
- Mas d'Azil: en campagne... pour les produits locaux
- Transhumances en Barguillière: rendez-vous le 19 mai
- Camon: des vignes au pied de l'abbaye
- 2nde édition de la Fête du Bois de Pays
- Que la montagne est belle dans le pas des troupeaux!
- Motion ariégeoise contre la Prime à l'engraissement: le président de la FDSEA en désaccord
- Les vautours attaquent de jeunes veaux en Basse-Ariège
- Isards: une espèce sous haute surveillance dans la Réserve d'Orlu

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.




