Le cycle des saisons est immuable; tout comme le rythme de la transhumance.
L’automne et les premières neiges sur les sommets viennent de sonner l’heure des descentes d’Estive.
En Ariège ce jeudi, près de 230 vaches ont quitté leurs quartiers d’été de l’estive de Luzenac (entre 1300 et 2000 mètres d’attitude), pour descendre jusqu’au village de Luzenac.
Elles ont dévalé la route à toute vitesse dans le raffut des cloches. Le même tintamarre qui avant l’été, avait sonné le départ vers les prairies verdoyantes de l’estive.
Une fois sur la place du village, il a fallu regrouper ce beau monde en ébullition, pour reconstituer les troupeaux des 7 éleveurs, qui ont ensuite pris la direction des exploitations en camions.
«La montée, comme la descente c’est une fête !» lance Alain, bâton à la main, comme un poisson dans l’eau.
D’ailleurs, dans la descente, beaucoup ne sont pas éleveurs mais sont juste venus pour aider ces éleveurs qui sont un voisin, un ami, un parent.
Mais au delà de la convivialité et du folklore, la transhumance est surtout un moment important dans la gestion d’une exploitation agricole.
Pour Daniel Donjat (éleveur à Segura), «cela nous permet de libérer les parcelles pour pouvoir faire le foin. Et donc être autonomes sur nos exploitations pour l’hiver»
Sans oublier que là-haut, les pâturages sont de bonne qualité pour les bêtes.
Donc pour les animaux aussi, cette parenthèse au grand air est bénéfique selon Alain (éleveur), «c’est le nettoyage de l’espace et l’entretien des montagnes.
Et puis, il y a le bien être des animaux, qui sont habitués à aller en montagne! Si elles ni vont pas elles ne sont pas bien»
Brice Delsouiller, vacher de l’estive de Luzenac, aurait aussi bien du mal à se passer des sommets.
Après 5 mois de solitude en montagne, «c’est le retour à la civilisation, aux voitures et tout ça»
Un changement radical pour celui qui «est bien tout seul, avec le silence, la paix, les vaches»
Durant tout l’été, le berger a sous sa responsabilité 400 veaux, vaches et génisses, et 50 mérens.
Pour le jeune homme, la transhumance est «un mode de vie. On pourrait laisser nos vaches entre les clôtures, mais on préfère les laisser là haut. Une question de liberté»
De même pour Muriel, éleveuse de vaches gasconnes, se retrouver est «un besoin pour les éleveurs estivants.
C’est l’occasion de se retrouver et de joindre l’utile à l’agréable !»
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