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Plan Ecophyto 2018 Fermes Ecophyto: le réseau ariégeois sur les rails
21/10/2011 | 19:51

Parmi les actions du plan Ecophyto 2018 figure la mise en place sur le territoire national de groupes d’exploitations de références et de démonstration sur des systèmes économes en produits phytosanitaires: les «fermes Dephy Ecophyto»

Moyennant un accompagnement dans le cadre d’un dispositif de conseils et de suivi, ces exploitations volontaires s’attachent à mettre en oeuvre des démarches de réduction d’usage des produits phytosanitaires.

Ce réseau national de groupes d’exploitation (réseau de fermes Dephy) vise à:

- produire des références permettant d’évaluer la faisabilité de ces systèmes économes et leurs performances techniques, économiques, environnementales et sociales

- diffuser des systèmes et des techniques économes en produits phytosanitaires

- jouer un rôle de démonstration, de formation et d’information

En Ariège comme dans tous les autres départements de Midi-Pyrénées, un réseau de ce type est en place depuis le début de l’année, sous maîtrise d’œuvre de la Chambre d’Agriculture.

Il rassemble une dizaine d’exploitations situées en majorité sur la basse vallée de l’Ariège et de l’Hers mais aussi sur les vallées de la Lèze et de l’Arize: ce sont essentiellement de systèmes en grandes cultures irriguées et sèches, avec présence significative de productions de se- mences sous contrat.

L’exploitation du lycée agricole en fait partie bien que davantage orientée vers l’élevage, de même qu’une exploitation de grandes cultures biologiques dans l’Aude à proximité de l’Ariège (vallée de la Vixiège), pour obtenir des références sur des pratiques sans recours aux produits phytosanitaires.

L’animation de ce réseau, confiée à Jérôme Pédoussat (ingénieur réseau) a débuté dès le mois de Mars avec en premier lieu la réalisation de diagnostics techniques et agronomiques sur chaque exploitation: l’ensemble des moyens mis en œuvre par les agriculteurs pour lutter contre les adventices, maladies et ravageurs des cultures (organisation de l’espace, rotations, travail du sol, moyens chimiques, mécaniques, biologiques...) ont été mis à plat à l’échelle d’un système de culture, avec formalisation d’itinéraires techniques types sur les dernières années.

Sur ces systèmes, des objectifs de réduction des interventions chimiques ont été fixés avec l’agriculteur à échéance de 3 ans, sur la base des Indicateurs de Fréquence de Traitement (IFT).

Si certains systèmes déjà économes en produits phytosanitaires ne nécessiteront pas de gros efforts supplémentaires pour l’atteinte des objectifs, ce n’est pas le cas de tous: il n’était pas question au départ de ne choisir que des fermes en avance sur la question de la réduction des pesticides.

En même temps que la réalisation de ces diagnostics, les premiers conseils de terrain ont été prodigués à ceux qui le souhaitaient notamment sur la lutte contre les maladies en céréales à paille (printemps).

Des parcelles d’essai sont également suivies concernant la lutte mécanique en cultures d’été chez certain d’entre eux (agriculteur sur la vallée de la Lèze et agriculteur biologique sur la vallée de la Vixiège).

Les conseils issus du réseau de surveillance contre les ennemis des cultures leurs sont régulièrement relayés par mail.

Au niveau collectif, une première rencontre technique a été organisée fin avril: les membres du réseau se sont rendus sur l’exploitation de l’agriculteur biologique à Belpech (SCEA de Canens, M.Dallet).

Au programme, désherbage mécanique, matériel de travail du sol disponible, gestion des rotations, intérêt de la luzerne pour allonger les rotations, mise en œuvre du maïs semence en conditions biologiques, rôle de l’irrigation dans le système, résultats techniques obtenus.

En l’occurrence, les rendements atteints par cet agri- culteur bio n’ont pas grand-chose à envier à ceux des agriculteurs conventionnels locaux même si cela suppose le passage de fréquents outils dans les parcelles: 1 à 3 faux semis en interculture, utilisation de la houe-rotative, de la herse-étrille ou de la bineuse en début de cycle selon les cultures et l’état des sols, avec de fréquentes repasses et recours occasionnel au désherbage manuel (maïs semences).

L’utilisation de l’irrigation est également assez systématique, y compris sur les cultures d’hiver au printemps (blé, orge, blé dur, pois).

Ces rencontres techniques chez l’un des agriculteurs du réseau seront régulières à compter de l’automne 2011 et à l’occasion ouverte aux autres agriculteurs locaux.

Certains membres du réseau ont aussi participé en juin à la visite de l’essai désherbage maïs mis en place depuis 2 ans par Arvalis Sud-Ouest sur une des fermes Ecophyto à Mazères (plaine de l’Ariège et de l’Hers).

L’occasion de mesurer de visu l’efficacité de différentes stratégies de désherbage : en prélevée uniquement, en prélevée puis postlevée, en post-levée uniquement , avec localement réduction des doses d’application (IFT régional moyen -20%, IFT régional moyen -40%) et recours au binage.

L’occasion de constater que des stratégies à IFT réduit combinant un désherbant de prélevée, un rattrapage modérée et un ou deux binages don- nent des résultats souvent satisfaisants.

De nouvelles étapes viendront agrémenter la vie de ce réseau de fermes, à commencer par le bilan agronomique des pratiques 2011.

Les stratégies mises en œuvre, les difficultés rencontrées et les résultats obtenus seront bien évidemment régulièrement communiqués de façon agrégées et synthétiques aux autres agriculteurs.

En ligne de mire, il y a bien sûr l’atteinte des objectifs du plan Ecophyto en 2018!

Source: Chambre d'Agriculture de l'Ariège

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publié le: 21/10/2011 | 19:51 | Lu: 6217 fois