C’est l’un des paradoxes en zones rurales et de montagne où l’agriculture apparaît comme le parent pauvre des projets de développement des territoires.
Secteur tellement évident, qu’il est fréquemment oublié.
«Il faut repenser l’agriculture» affirme Frédéric Wallet, chercheur à l’INRA de Toulouse, et «identifier des stratégies de développements englobant l’agriculture et son rôle pour l’installation de jeunes agriculteurs, l’économie et le tourisme, l’emploi, le bâti, la gestion des paysages, la préservation de la biodiversité»
C’est l’un des objectifs du programme «SAGECE», système d’anticipation et de gestion des conflits liés à l’espace, initié par le Parc naturel régional alors qu’il était encore en préfiguration.
En partenariat étroit avec le PNR du Haut-Languedoc, les chambres d’agricultures du Tarn et de l’Ariège et l’INRA, il a développé une méthode de diagnostic destiné à mieux appréhender les problématiques du foncier agricole, dans le cadre d’un appel à projet régional.
Au terme d’une démarche de longue haleine, c’est à Dun, que le PNR a convié acteurs, élus et structures concernés et/ou intéressés pour une restitution sous forme de bilan et de visites sur le terrain.
Neuf communes sur 18 candidates au départ ont pris part à cette démarche de plus de deux années.
Au terme d’un diagnostic multi critères (paysagers, agricoles,…) les communes retenues ont bénéficié de l’accompagnement du PNR et ses partenaires pour bâtir un projet territorial s’appuyant sur la concertation et la négociation, avec tous les acteurs concernés, au sein de démarches co-construites.
Encore faut-il par la suite, maîtriser le foncier et disposer d’une connaissance fine des outils disponibles pour ancrer une réelle dynamique de développement agricole partagée, ce qui n’est pas toujours le cas des petites communes rurales dotées de peu de personnels.
«C’est pourquoi nous avons réalisé cette journée à Dun», explique Sophie Séjalon, directrice adjointe au sein du PNR.
«Elle fait figure de commune pionnière. C’est la commune qui a su le mieux mobiliser tous les outils (de préemption, convention de mise à disposition, constitution d’AFP et de réaménagement foncier) en s’entourant des partenaires les plus compétents dans chaque domaine»
«Commune partenaire du PNR, nous avons dès 2001 privilégié le développement de l’agriculture et de la sylviculture, explique Alain Palmade, maire de la commune, avec l’objectif que les gens vivent et travaillent sur la commune.
Aujourd’hui, 8 personnes se sont installées et nous avons encore d’autres projets»
Zones de maraichages, de landes et de bois, de polyculture destinée à l’élevage et aux semences, ce sont diverses activités agricoles qui se sont déployées, mais pas seulement.
Un artisan, sellier, s’est également installé dans d’anciens bâtiments agricoles.
Pour autant à l’origine la commune ne possédait que 7ha de terres.
Le foncier agricole étant très morcelé au milieu de grosses propriétés laissées en friche pour la plupart par des propriétaires éloignés, voire disparus.
«Avec la Safer et la fédération pastorale, nous avons accompagné la commune concrètement, explique Florent Pauly de la SCOP du Douctouyre, cheville ouvrière de l’opération.
Nous avons effectué un gros travail sur le foncier pour le réorganiser, la commune passant grâce à l’appui de la SAFER (et de son droit de préemption par rachat en général au prix du marché) à 250ha de terres agricoles.
Ensuite nous les avons structuré en 7 AFP - association foncière pastorale - sur la commune et ses environs qui sont autant d’îlots autonomes réunissant les propriétaires concernés, afin de mieux lutter contre le morcellement et l’enfrichement.
La gestion est amélioré du fait de ces regroupements et permet ainsi des programmes de travaux souvent mutualisés et bénéficiant de financements spécifiques pour, des créations de points d’eau, de clôture, sans compter le nettoyage des terres rendus plus simple»
Ainsi réunis en «ilots cohérents», les membres de chaque AFP se connaissent et peuvent mieux se concerter sur la gestion et le développement de leurs terres.
«Sans l’AFP de Tapia, je n’aurai pas pu m’installer, confirme Julien Navarro, jeune éleveur de moutons de race Blanche du Massif Central.
Aujourd’hui j’ai près de 100Ha de terres qui me permettent d’avoir une exploitation de taille suffisante pour espérer pouvoir en vivre»
Objectif rempli donc, pour le maire de la commune!
Et une expérimentation qui ne demande maintenant plus qu’à essaimer à travers le territoire, afin de redonner à l’agriculture le rôle qui devrait être le sien dans le développement économique (et l’emploi), surtout en milieu rural.
Plus d’infos,
PNR des Pyrénées Ariégeoises
Pôle d'activités
Ferme d'Icart
09240 Montels
Tel: 05 61 02 71 69
http://www.parc-pyrenees-ariegeoises.fr
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