Des coups de scies électriques, de cordes dans les arbres et d’opérations de haute voltige... c’est à ça que ressemble une opération de «rénovation» d’une vieille châtaigneraie, dans les recoins humides de la forêt de Sainte-Croix Volvestre.
Car il y a urgence. Si les châtaignes permettaient souvent aux anciens de passer les hivers difficiles et de nourrir les animaux, les temps ont changé.
Et faute d’être entretenues, de nombreuses châtaigneraies (dites «à fruits») sont gagnées peu à peu par la forêt.
La fédération Rénova est donc en train de mener une action pour rénover ce patrimoine ariégeois méconnu; notamment en formant les propriétaires ou les exploitants à préserver et valoriser ces parcelles.
Il faut commencer par éclaircir, c’est à dire couper les arbres qui concurrencent les châtaigniers.
Vient ensuite le moment de les tailler, puis de s’armer de patience. En cinq ans environ, les arbres entrent de nouveau en production.
«On fait le pari qu’il y a toujours un potentiel de production qui peut être valorisé» explique Stéphane Artigues (conseiller à la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées), «l’idée est de valoriser le fruit. Car il y a un marché»
La châtaigne redevient au goût du jour, fraîche, en crème, ou encore en farine.
Parmi les participants à la formation, chacun est là pour des raisons diverses.
Batcha est agricultrice et souhaite transformer des produits à base de châtaignes comme complément d’activité.
Antoine lui, est un retraité passionné par la greffe d’arbres.
Quant à Nadine, qui fabrique de la crème de marron à ses heures perdues, elle estime que «c’est important de valoriser ce patrimoine; et surtout d’entretenir le paysage»
Il faut savoir que les châtaigneraies font partie du patrimoine ariégeois.
Exploitées jusqu’au milieu du XXème siècle, les fruits étaient consommés en Ariège et vendus sur les marchés toulousains.
A l’époque, de nombreux arbres ont alors été greffés sur les secteurs du Mas d’Azil, de Sainte-Croix-Volvestre, dans les vallées de la Barguillère et de la Bellongue.
La difficulté aujourd’hui est de convaincre les propriétaires de s’y intéresser à nouveau, «il faut qu’on arrive à montrer que la châtaigneraie a un intérêt économique, mais surtout patrimonial et paysager» affirme Stéphane Artigues.
Il faut savoir que la taille d’un arbre coûte en moyenne 100 euros, aidée à 80%. En revanche, le nettoyage de la parcelle reste à la charge du propriétaire.
Mais il y a l’argument imparable du goût. La fédération Rénova a commencé un inventaire des différentes variétés, «sur une cinquantaine, une dizaine sont très goûteuses !» se réjouit Francis Michaux (bénévole chez Rénova).
L’opération sauvetage est donc en marche. L’objectif est de rénover 300 arbres et d’en greffer 300 autres en Ariège.
Pour tout renseignement, contactez la fédération Rénova, 1 place du Dôme à Daumazan-sur-Arize, 05 61 60 27 71.
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