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Développement durable: qui élève la terre...
23/12/2011 | 20:32
© MidiNews 2011

Quel lien peut-il y avoir entre un paysan du Niger, de Madagascar, d’Algérie ou des vallées de la Lèze et encore de Massat?

Les 3/4 de la production alimentaire mondiale sont fournis par environ 5% des agriculteurs, plus précisément de grosses multinationales de l’agro-alimentaire.

Tous les autres, c’est déjà le premier des points communs, sont des «oubliés du système», sans doute aussi volontairement, qui privilégient une agriculture vivrière, locale.

Des paysans qui cherchent d’abord à se nourrir soi, voire à écouler leurs marchandises autour d’eux, aux voisins, sur les marchés locaux.

Constatant l’échec des politiques de développement dans les pays du sud, les progrès techniques ne sont pas reçus par tous de la même façon, de même que diffèrent les besoins selon qu’on est petit ou gros, est née en 1991 l’association PROMMATA, à l’initiative de feu Jean Nolle.

Devant des politiques basées sur une agriculture intensive, souvent motorisée, inaccessible aux simples paysans (à moins que de s’endetter de façon déraisonnable), PROMMATA s’est engagé depuis ses débuts à proposer des solutions alternatives, valorisant des techniques douces (moins agressives pour les sols) adaptées à des exploitations à taille humaine et bien moins énergétivores.

Des paysans, respectueux de la terre qui les nourrit, là est le principal trait d’union.

«20 ans: le bel âge» s’exclame Jo Ballade devant le chemin parcouru.

Un parcours à contre-courant, plutôt chaotique, qui a nécessité bien des remises en question.

Aujourd’hui, projet associatif redessiné, statuts retoilettés, l’association basée dans les locaux de l’ancienne gare de Rimont (merci la municipalité) jouit d’une reconnaissance accrue dans les milieux autorisés et autres confédérations.

Et sans être forcément écoutée ni toujours comprise, elle souhaite s’engager davantage dans les rouages d’un système pour mieux faire entendre une autre voix à défaut de le changer de l’intérieur.

Forte de 9 salariés et d’environ 500 adhérents de par le monde, l’association présidée par Benoit Colas, agriculteur à Artigat, poursuit dans la voie qui est la sienne.

D’abord la création et la recherche.

Loin d’être passéiste, elle invente, teste, évalue de nouveaux outils plus appropriés aux petits paysans (soit les 3/4, donc) reposant notamment sur la traction animale.

Ensuite elle les usine et fabrique elle-même.

La «Kassine» et ses quatorze accessoires en est le plus bel exemple.

Un produit conçu et fabriqué dans ses ateliers de Rimont qu’elle exporte partout dans le monde (60 à 70 exemplaires sont vendus par an).

Elle intervient là dans le domaine de l’insertion, employant un public parfois fragilisé dans ses ateliers.

Ensuite elle forme les adhérents à leur utilisation (il faut adhérer à l’association moyennant cotisation minime pour acheter le matériel et recevoir la formation).

«Ici, il n’y a pas de brevets. Nos matériels sont conçus et fabriqués pour les paysans. Nous n’arrivons pas avec un outil clé en main.

On s’adapte à chaque cas, en fonction des conditions d’exploitation: le terrain, la nature du sol, même le gabarit du paysan, jusqu’à celui de l’animal selon que c’est un cheval ou un âne
»

Revenant à l’essence même du mot agriculteur, le but reste «d’élever la terre», selon des techniques douces tenant compte de la nature du sol et des conditions d’exploitation afin de préserver les sols dans un souci de production durable.

A l’arrivée, il s’agit de rendre le paysan autonome.

Ce n’est pas un vain mot pour l’association régulièrement impliquée dans des missions internationales, surtout dans les pays du continent africain «on leur donne aussi les moyens de fabriquer eux-mêmes sur place l’outil dont ils ont besoin»

Elle développe en ce sens un système de micro-crédit.

D’autres projets se dessinent.

Favoriser davantage les circuits courts, mieux communiquer sur son savoir-faire, et surtout l’agrandissement de ses locaux, les ateliers notamment pour y fabriquer ses dernières créations (le «Matavigne» et le «Polynol» en particulier).

20 ans, l’âge de tous les possibles pour cette association qui s’adresse à tous, jardiniers, paysans, maraîchers, vignerons, à ceux qui veulent extraire et consommer autrement les produits de la terre, généralement de manière biologique.

Présente à la dernière Foire Bio de Saint-Lizier, l’association a pu constater par elle-même, que de plus en plus nombreux sont ceux qui partagent ce dessein.

Plus d’infos,
PROMMATA - Promotion du Machinisme Moderne à Traction Animale
09420 Rimont
05 61 96 36 60
www.prommata.org

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 23/12/2011 | 20:32 | Lu: 10247 fois