Informations techniques, Télépac, météo… aujourd’hui les services proposés sur la toile sont de plus en plus nombreux et les agriculteurs ariégeois n’ont pas hésité à prendre en route le train de l’Internet.
En matière d’équipement tout d’abord: selon l’Insee*, entre 1996 et 2004, ils ont comblé leur retard en matière d’informatique et de connexion Internet, dépassant de loin les ménages ouvriers et employés (14% contre 20% de l’ensemble des actifs et 42% des cadres).
36% de ces agriculteurs régulièrement utilisateurs d’Internet (appelés aussi «Agrinautes») étaient équipés d’un smartphone fin 2010 et 65% des agriculteurs de moins de 30 ans sont inscrits sur un réseau social.
Toujours selon l’Insee, 80% des exploitations disposant d’un PC utilisent aussi Internet.
Les agriculteurs ont fait leur révolution numérique en se servant d’Internet comme vecteur de promotion et de communication.
Eric Fourcaud, responsable TIC d’Ariège Expansion, reconnaît que «la sauce a pris entre Internet et les entreprises agro-alimentaires en Ariège»
Longtemps, les agriculteurs ont prétexté le manque de temps pour s’occuper de ces nouvelles technologies mais ils ont vite compris les avantages qu’ils pouvaient tirer d’une présence active sur le net.
Tous les cas de figure peuvent être envisagés en fonction du temps et de l’argent que l’on veut y consacrer.
Marielle et Olivier Chautard sont agriculteurs.
Installés depuis 24 ans sur les coteaux, non loin d’Escosse, ils ont un élevage de 550 brebis viande et laine et de 120 chèvres mohairs.
Ils font partie des pionniers de la toile en Ariège, d’abord avec un site de vente par correspondance puis dans les années 95 un vrai site internet qui leur a valu une promotion terrible: «pensez à l’époque c’était un peu exotique, vivre au fin fond des Pyrénées et travailler avec Internet, la télé, les magazines et les quotidiens nationaux ont parlé de nous» explique Olivier en souriant.
Dès sa seconde année d’existence, le site des Bergers Cathares propose un paiement en ligne sécurisé et aujourd’hui (après des refontes régulières) avec une liaison à 8 méga, c’est 98% de sa production de laine qui est vendue sur Internet (soit 2000 commandes par an avec une liaison colissimo suivie).
Marielle se souvient: «au départ j’ai suivi une formation à la chambre d’agriculture qui me permet de suivre le site au quotidien, répondre aux demandes des internautes (en matière de commandes ou de conseils tricot), mais rapidement nous avons dû nous entourer de compétences et faire appel à un informaticien pour faire évoluer le site régulièrement»
La laine de mohair récoltée sur la ferme est centralisée à Castres où s’organise le circuit de transformation, elle revient sous forme de pelotes à la ferme ou de modèles tricotés ou tissés (chaussettes, plaids, bonnets ou modèles créés par Marielle).
«Le marché est là mais régulièrement on s’aperçoit que les transformateurs ont tendance à disparaitre et c’est dommage car il y a un véritable engouement pour ces produits naturels»
Marielle et Olivier ont également décidé de valoriser depuis cinq ans la moitié de la laine de leurs moutons.
L’internet est donc indispensable pour ces éleveurs qui ont fait le choix de vivre loin des circuits touristiques et des bourgs commerciaux.
Autre exploitation, en haute Ariège cette fois, avec la Ferme du Quié aux Cabannes, spécialisée en veaux et bœufs gascons Label Rouge, canards gras.
Présente depuis une dizaine d’années sur la toile, Dominque Le Bris, gérante de la structure, avoue qu’il s’agit avant tout de gérer les fichiers clients de manière plus rapide:
«Nous utilisons Internet pour les courriers électroniques, avertir nos clients des animations sur la ferme, des promotions à la boutique, des livraisons réalisées sur les points de vente (à Toulouse, Nantes ou Bordeaux) [...]
Cela évite des mises sous pli et des envois postaux, nous réduisons considérablement les frais de fonctionnement»
Mais pour Dominique Le Bris, le site Internet n’est qu’une vitrine, il n’y a pas d’achat en ligne: «ce n’est pas notre souhait actuellement, nous privilégions les circuits courts et nous ne sommes pas une assez grosse structure […] mais qui sait, peut-être un jour !»
Par contre la jeune femme reconnaît qu’il faut passer du temps sur la toile pour être suffisamment réactif et c’est Anne, une salariée, qui gère le site et le fait vivre en alimentant régulièrement le blog.
En 2011, 4 sites sur 10 présentaient des fonctions commerciales allant de la simple présentation d’un catalogue VPC à la possibilité d’effectuer des achats en ligne.
23% des sites e-commerce proposaient de l’alimentation en ligne et dans les 5 ans à venir, 5% du commerce alimentaire national se fera en ligne.
Des contraintes mais peut-être aussi de nouveaux débouchés à saisir pour les «agrinautes» ariégeois.
Les Bergers Cathares
Ferme de Rouzaud
09 St Victor-Rouzaud
www.bergers-cathares.com
La ferme du Quié
Les Cabannes
www.lafermeduquie.com
Dossier réalisé en partenariat avec l’hebdomadaire «Terres d’Ariège»
* Sources Insee, Consommation et mode de vie des agriculteurs, Vanessa Bellamy, Claire Plateau
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