C’est une pratique ancestrale que les éleveurs ariègeois maintiennent pour aménager ou entretenir leurs parcelles en montagne… véritable outil de gestion pastorale et environnementale, le brûlage dirigé nécessite cependant de respecter un certain nombre de règles de sécurité.
En 2009, Tarascon accueillait le congrès national des brûlages dirigés.
Suite à cette importante manifestation le Service Départemental d’Incendie et de Secours de l’Ariège (SDIS) a eu l’idée de réunir plusieurs partenaires institutionnels pour créer une cellule départementale de brûlage dirigé.
Elle organise régulièrement des formations délocalisées en direction des éleveurs sur les écobuages dirigés (une journée de théorie et une journée de pratique).
Après Foix et le Prat d’Albis, Saint-Girons et le col de Port, ce matin la partie théorique avait lieu au centre de secours de Tarascon pour une douzaine d’éleveurs de haute Ariège.
Les intervenants (ONF, SDIS, Chambre d’Agriculture, fédération pastorale et services de l’Etat à travers la DDT) ont abordé l’approche législative de cette pratique, les techniques et les méthodes complémentaires au brûlage dirigé (le pâturage ou le broyage) et répondu aux questions des participants.
Les éleveurs ont souvent mauvaise réputation, on les accuse (à tort) de mettre le feu à la montagne, et c’est pour s’inscrire en faux que certains ont participé à cette formation: «nous sommes intéressés par cette pratique écologique mais nous voulons savoir qu’elles sont les précautions à prendre avant de se lancer»
Pour François Soulé, responsable de la gestion des espaces naturels sur la commune de Mérens, il s’agit de «réhabiliter le feu dirigé, comme une pratique pastorale et non comme un pratique criminelle […] il y a beaucoup de passion derrière»
Parmi tous ces éleveurs ariégeois (installés ou en cours d’installation), un producteur de myrtilles sauvages de Corrèze intéressé par cette technique pour les rhizomes de myrtilles.
Selon les organisateurs de cette formation «les échanges sont importants car ils permettent de mieux se comprendre»
De plus, la nouvelle réglementation impose de suivre ces formations pour être en mesure de réaliser un brûlage dirigé sur des parcelles supérieures à 15ha.
«Nous avons décidé d’apporter cette formation aux agriculteurs, explique le capitaine Patrick Antoniutti (SDIS 09), pour qu’ils réapprennent ces gestes et qu’il n’y ait pas de débordements […]
En principe les brûlages officiels se passent bien, ce sont les incendies volontaires qui partent n’importe quand qui nous ont fait perdre en 2011 plus de 1000 ha en une semaine.
C’est pour remédier à cela que nous développons cette cellule technique de brûlage dirigé»
Emmanuel Trocmé, référent pour la chambre d’agriculture, intervient dans le cadre de cette formation: «il y a un lien avec notre mission de développement de l’agriculture, il n’y a pas de contradiction avec le plan de développement ovin que nous avons mis en place à l’automne 2011, au contraire il y a même une certaine complémentarité […]
La pratique du brûlage dirigé nécessite de prendre connaissance de la réglementation, de demander des autorisations auprès des services compétents […] cela ne s’improvise pas»
Rendez-vous la semaine prochaine pour la pratique.
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