«Phalacrocorax carbo sinensis» la race continentale du grand cormoran a été pourchassée à grande échelle au XIXe siècle et avait même disparu dans certains pays.
En 1965, les hollandais décident de la protéger et la directive européenne Oiseaux de 1979 (du 2 avril 1979) institue une protection totale sur le territoire européen de cette espèce qui a vu ses effectifs exploser en quelques dizaines d’années.
Cette expansion démographique s’est accompagnée d’une expansion territoriale: ainsi cet oiseau originaire des pays du Nord de l’Europe (Danemark, Hollande et Pays Bas) a pris l’habitude d’hiverner en France pour ses températures clémentes et les réserves alimentaires.
En Europe on estime aujourd’hui le nombre total de grands cormorans entre 500 000 et un million d’individus.
Le grand cormoran se nourrit exclusivement de poissons qu’il arrive à poursuivre sous l’eau en se propulsant à l’aide de ses pattes palmées.
Les études convergent vers une ration alimentaire de 400gr par jour mais cet animal opportuniste choisira la ressource la plus accessible et non la plus abondante: dans les rivières de 1ère catégorie la prédation sur les truites ou les ombres peuvent atteindre 75% de la biomasse et les impacts sur les pêcheries et les piscicultures sont indéniables, ils se chiffrent à des milliers d’euros.
Alain Poulat est pisciculteur aux Cabannes, il a du installer 800 piquets d’acacia et tendre des câbles pour éviter les prédations: «On dédommage bien les éleveurs qui ont des soucis avec les ours, pourquoi ne pas le faire avec les cormorans, une espèce elle aussi protégée!»
Face aux préjudices engendrés par les effectifs hivernant en France (au carrefour des voies migratoires européennes) des mesures ont été imaginées pour réguler cet oiseau protégé et dans le département de l’Ariège c’est un partenariat intelligent entre l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), les gardes pêches, l’ONF, la fédération des pêcheurs de l’Ariège et la fédération des chasseurs qui permet de donner des résultats efficaces.
Gérard Chouquet, président de l’association des gardes pêches de l’Ariège est catégorique: «Il y a davantage de cormorans en Ariège que dans le Morbihan!
Depuis que l’on n’a plus ramassé les œufs, la croissance de ces oiseaux est devenue dans les années 90 exponentielle.
Si bien qu’aujourd’hui on est obligé de réaliser des tirs de régulation.
L’Europe donne des quotas qui sont déclinés dans chaque département: pour l’Ariège ils sont de 200, soit 150 sur les eaux libres et 50 sur les piscicultures…»
Des mesures très encadrées par les services de l’Etat: c’est sur arrêté ministériel que l’on fixe le nombre d’oiseaux à tirer, décliné par arrêté préfectoral dans chaque département, les tireurs doivent avoir suivi une formation spécifique réalisée par la fédération des chasseurs sur le site d’Arrabaux, leur nom doit figurer sur cet arrêté préfectoral (ils sont actuellement 82) , il est absolument obligatoire de déclarer ces tirs (horaires, sites), réalisés en période d’ouverture de chasse, hors zones protégées (afin de ne pas perturber les autres espèces) et c’est le règlement de chasse qui s’applique au gibier d’eau qui régit ces tirs (le plomb est interdit, il faut utiliser de la grenaille d’acier).
Selon Gérard Chouquet: «Le parlement européen devrait déclasser cet oiseau protégé en oiseau chassable et faire la même chose avec le héron qui commet encore plus de préjudices au milieu halieutique ariégeois»
La logique administrative impose des comptages tous les deux ans, en Ariège l’ONCFS les réalise tous les ans.
Sébastien Corona, Agent de technique en charge du dossier souligne que l’on enregistre depuis trois ans une baisse sensible des populations: «Même si les experts européens sont unanimes pour reconnaitre le faible rôle des tirs de régulation dans l’évolution des effectifs, l’impact des tirs dits d’essaimage sur les dortoirs permettent d’éclater les populations dans un rayon de 20km et d’élargir l’impact du cormoran sur ses ressources alimentaires»
En 2006 on a recensé en Ariège près de 800 cormorans hivernants, en 2010 ils n’étaient plus que 400 et le comptage qui a lieu actuellement permet de conforter ces chiffres et cette baisse sensible des effectifs.
| Description du grand cormoran par Buffon dans son Histoire Naturelle (1749-1789) «Le nom de cormoran se prononçoit ci-devant cormaran, cormarin, et vient de corbeau marin ou corbeau de mer. Le cormoran est un assez grand oiseau à pieds palmés, aussi bon plongeur que nageur…il est à peu près de la même grandeur qu’une oie, mais d’une taille moins fournie, plutôt mince qu’épaisse, et allongée par une grande queue plus étalée que ne l’est communément celle des oiseaux d’eau. Cette queue est composée de quatorze plumes roides, elles sont ainsi que presque tout le plumage, d’un noir lustré de vert. Le manteau est ondé de festons noirs, sur fond brun ; mais ces nuances varient dans différents individus» |
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