Construit en 1935, l'abattoir de Lavelanet aura, durant trois quarts de siècle, rempli un rôle prépondérant dans le tissu économique local.
Il fermait ses portes le 15 janvier 2010, aucune solution n'ayant été trouvée pour assurer sa pérennité, l'adaptation et la mise en conformité dans le respect de la législation européenne.
C'est vers l'abattoir de Pamiers que les utilisateurs étaient alors dirigés.
Depuis le 15 janvier 2010, producteurs, éleveurs, salariés... sont mobilisés pour aboutir à la création d'un nouvel outil de travail en Pays d'Olmes.
A cette époque, Thi-Maï Pauly déléguée des usagers, Jacques Bautista, qui se définit comme «un intermédiaire, assurant la gestion administrative» et Richard Moretto, du syndicat agricole du Pays d’Olmes-Mirepoix, travaillent de concert pour mettre en place l'idée de ce dernier: construire un nouvel abattoir en Pays d'Olmes.
Jacques Bautista, ancien directeur de l'abattoir de Lavelanet, nous confie: «après l’échec de la rénovation de l’ancien abattoir municipal de Lavelanet, une Coopérative (dont Jean-Luc Marrot est le gérant) la SCIC Abattoir Montagne Pyrénées était constituée regroupant cinq Collèges: les Salariés, les Eleveurs, les Professionnels, les Usagers et les Collectivité Publiques (27 communes y ont déjà adhéré).
Un Capital Social a été créé et des parts sociales ont été acquises par les différents adhérents à la SCIC.
Nous nous sommes orientés vers la construction d’un abattoir neuf sur la Zone de Pichobaquo (au nom prédestiné) sise sur la Commune de Villeneuve d’Olmes.
Pour le financer, nous nous sommes rapprochés du Département et du Conseil Régional Midi-Pyrénées pour solliciter leur aide (en principe 20 % chacun), mais aussi de constructeurs photovoltaïques pour le financement de la coque de l’abattoir.
Là, nous avons perdu pas mal de temps, car les promoteurs se sont désengagés les uns après les autres après la diminution des tarifs nationaux, et enfin, nous avons obtenu le permis de construire le 27 juillet dernier pour un abattoir de 550 m² (au lieu de 1500 m² pour photovoltaïque)»
Un retard dû au désengagement de promoteurs entrainant de fait, des reports quant au plan de financement.
Au niveau du financement:
Le coût du bâtiment et de son intérieur ont été estimés à 1 457 120 € HT.
Toutefois, le plan de son financement n’est pas encore terminé et pourrait baisser.
En effet, si le Conseil général avait accordé une subvention de 180 000€ (pour la rénovation de l’ancien), la Région quant à elle, attend encore l'accord de l'Etat pour le suivi sanitaire de l'établissement, avant d'accorder des deniers publics.
L'Etat qui vient de répondre «qu'il ne déciderait d'assurer le suivi sanitaire que lorsque l'abattoir sera construit»
Ce courrier a été transmis à la Région où Marc Carbadillo, président des Pyrénées cathares, suit le dossier de près.
Quant aux banques, «la Populaire a dit non et le Crédit Agricole étudie le dossier remis voici 8 jours»
Jacques Bautista souligne: «un premier acompte de 54 000 € de la subvention Départementale nous a permis de régler les honoraires de l’Architecte, de l’aménagement interne en matériel, de l’étude des sols»
Question rentabilité:
«Afin d’équilibrer les comptes d’exploitations de l’abattoir, nous devrons réaliser annuellement un volume d’abattage de 350 tonnes.
Les professionnels pensent que cela est réalisable dès la première année, et qu’une augmentation sensible de ce volume, mais aussi des tarifs de taxe d’abattage devraient générer ensuite des excédents les années suivantes.
Cela sera possible en valorisant la filière courte (boucherie artisanale, abattages familiaux et vente directe des producteurs).
L’abattoir sera réalisé auprès d’un atelier de découpe existant, permettant ainsi aux acteurs économiques de tout un Terroir de disposer d’un outil moderne répondant aux problèmes Sanitaires et Environnementaux»
Une économie agricole:
Cet outil, donnera toutes les chances à l’économie agricole, ainsi qu’à l’agro-alimentaire de se maintenir et faire de ce secteur un pilier de l’aménagement du Territoire du Pays des Pyrénées Cathares.
Pour Jacques Bautista, «ce projet trouve là toutes ces racines pour retrouver et pérenniser ce service d’abattage en maintenant ainsi son activité locale agricole et son cortège d’emplois y afférant.
C’est ainsi que ce sont pas moins de 150 emplois et autant de familles qui seront maintenues pour redynamiser tout un Territoire tourné à 95 % vers la ruralité»
Préoccupations environnementales:
Depuis la fermeture de l’abattoir de Lavelanet le 15 Janvier 2010, bouchers, éleveurs et professionnels locaux doivent se rendre à Pamiers (abattoir le plus proche) qui est quand même distant de 40 km.
Des trajets de 80 km aller-retour qui «ne sont pas sans occasionner des préoccupations environnementales: émission de gaz à effet de serre et autres polluants, encombrement et risques éventuels d’accident», sans oublier comme le rappelle Jacques Bautista «un accroissement de stress des animaux lors du trajet, et de charges notables de coût»
En conclusion de cet entretien, Jacques Bautista et tous les membres de la SCIC Abattoir Montagne Pyrénées soulignent: «notre projet d’abattoir neuf intègre donc des préoccupations environnementales.
Il est un maillon essentiel du schéma de développement territorial dans le cadre du Plan de Revitalisation Economique de tout un Pays, lé nostré.
Situé en zone de montagne, nous pourrons solliciter par la suite le label Montagne, mais également le label bio»
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