Froid: ça gèle dans les exploitations agricoles
07/02/2012 | 19:31
© MidiNews (archives)

Même si la situation n’est pour le moment pas catastrophique, la neige et le froid compliquent quand même sacrément la vie des agriculteurs.

Entre la surcharge de travail, des tâches plus compliquées et la fatigue, le froid est loin d’être un allié des exploitations agricoles.

Chacun a quand même ses techniques pour éviter le pire, à commencer par calfeutrer les bâtiments, faire en sorte que les canalisations d’eau ne gèlent pas, installer de l’herbe pour que les bêtes ne glissent pas sur le gel ou encore prévoir des stocks de foin et de nourriture suffisants pour les animaux.

Marc Laborde, éleveur laitier à Saint Victor Rouzaud, a été confronté au problème de la collecte: «le camion qui devait passer chercher le lait n’a pas pu passer à cause de l’interdiction de circuler. On a failli devoir le jeter !»

Quant aux conditions de travail, tout est plus dur «c’est sûr que le froid fatigue énormément»

Sur les terres de Christian Lavigne (producteur laitier à Pamiers), les installations d’eau ont gelé, «il nous faut remplir les cuves, et amener l’eau jusqu’aux abreuvoirs. Il faut savoir que les vaches boivent entre 60 et 80 litres par jour.

Les installations de traite ont aussi gelé. Même chose pour les systèmes de nettoyage»

Et il faut prendre certaines précautions: «le sol est gelé, donc les animaux risquent de glisser. On a mis de la paille pour éviter qu’elles ne se blessent. Et si les vaches supportent bien le froid, il faut faire plus attention avec les veaux»

Pour Roger Chanaud (installé dans la vallée de Soula), «ce froid n’est pas vraiment exceptionnel»

Il faut dire que l’agriculteur avait anticipé, «notre exploitation étant située à 650 mètres d’altitude, nous avons donc adapté le bâtiment. On a par exemple des abreuvoirs antigel»

Quant aux maraîchers, qui ont déserté les marchés ces derniers jours, ils sont à l’arrêt, en attente d’une météo plus clémente.

Exemple chez Fabien Tournier (maraîcher à Dun) qui a relevé des -6 ou -7 degrés, «on est paralysé depuis vendredi dernier. On ne peut rien faire! Tout est gelé, même sous les serres»

Il faut maintenant attendre que tout dégèle pour savoir s’il y aura de la perte.

Si les choux résistent bien, les blettes, épinards et autres salades supportent moins bien le froid.

Résultat: «on a déjà sauté un marché. Et j’ai annulé mes AMAP»

Mais c’est surtout si le froid dure que la situation pourrait devenir plus compliquée pour les agriculteurs.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 07/02/2012 | 19:31 | Lu: 10634 fois