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A l'heure des campagnes électorales, les retraités agricoles ariégeois réclament plus de «justice sociale»
23/02/2012 | 19:18

Avec des retraites qui plafonnent à 850 euros par mois, les temps sont durs pour les anciens agriculteurs.

Pour mettre à jour ses revendications avant la période électorale qui s’annonce, l’ADRA de l’Ariège (Association Départementale des Retraités Agricoles) a tenu une assemblée générale vendredi dernier à la Chambre d’Agriculture de Foix devant une trentaine d’adhérents.

Etaient présents la présidente de l’ANRAF (Association Nationale des Retraités Agricoles de France), les présidents des ADRA du Gers, de Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne et un représentant de la CGT.

Frédérique Massat, députée PS Ariège a aussi fait le déplacement pour marquer son soutien aux retraités agricoles.

Au cœur des préoccupations: une revalorisation des retraites qui étranglent les retraités agricoles.

«Ces revendications, nous les avons depuis longtemps» déplore Lucien Constans, président de l’ADRA de l’Ariège et ancien exploitant agricole.

Mais l’actualité vient redonner de l’intensité à leur combat. «Un conseiller de l’Elysée a récemment rétorqué à la délégation de l’ANRAF qu’il fallait qu’on s’estime heureux que nos retraites ne soient pas diminuées comme en Grèce ou en Italie» raconte-t-il avec amertume.

Selon Lucien Constans, «aujourd’hui, il est quasiment impossible de vivre avec des retraites qui s’élèvent en moyenne à 450 euros par mois et plafonnent à 850 euros, toutes pensions cumulées»

«Ce qui nous défrise, c’est que les chefs d’exploitation aient une retraite inférieure au SMIC, même avec des compléments de cotisation obligatoires» s’indigne-t-il.

Afin d’assurer un meilleur niveau de vie, l’ADRA réclame que les retraites agricoles soient réévaluées au moins à hauteur de 85% du SMIC.

Autre bataille: la reconnaissance des femmes ayant travaillé sur les exploitations de leur mari.

La loi prévoit depuis 2006 une reconnaissance officielle des conjoints, qu’ils soient associés, salariés ou collaborateurs.

Le bémol: elle n’est pas rétroactive. «Les femmes retraitées ont une pension de misère, nous voulons que la loi les prenne enfin en charge» poursuit Lucien Constans.

Enfin, c’est la loi de finances 2012 votée en décembre dernier qui chiffonne les retraités agricoles.

«Le blocage des tranches d’imposition est une mauvaise chose, si nous arrivons à faire augmenter nos pensions, il faudra reverser ce que l’on gagne de plus en impôts» explique le président de l’ADRA de l’Ariège.

Face à des conditions de vie toujours dégradées, l’insatisfaction règne. «Les prochaines campagnes électorales doivent être imprégnées de notre colère» lance-t-il.

L’ANRAF, qui relaie les actions des ADRA au niveau national, est déjà rentrée de plein pied dans les présidentielles. Même si elle revendique une mission «apolitique», elle ratisse large pour porter son combat.

«Depuis septembre, une délégation se déplace partout, elle a déjà rencontré les candidats du Front National, du Parti Socialiste et du Front de Gauche» explique Lucien Constans.

Pour l’heure, le PS et le parti de Jean-Luc Mélenchon semblent réceptifs à leurs demandes. Mais «ils ne se mouillent pas trop» avoue-t-il.

Au niveau de l’Ariège, l’ADRA compte renforcer ses positions lors des élections législatives.

«Nous allons contacter tous les candidats et leur expliquer en détail la nature de nos propositions» précise son président.

«Frédérique Massat suit déjà de près notre combat» ajoute-t-il.

Et l’Ariège semble disposer d’un terrain de bataille plus favorable que d’autres départements, selon Lucien Constans.

«Être en terre socialiste, ça aide, même si ce n’est pas toujours équilibré» conclut-il.

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auteur: CL | publié le: 23/02/2012 | 19:18 | Lu: 7145 fois