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Artigat: les corbeaux s'en prennent aux agneaux
27/02/2012 | 20:08
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Après la parenthèse hivernale, période pendant laquelle Bernard Anthony, éleveur ovin sur la commune d’Artigat, met à l’abri son troupeau de 160 bêtes, voilà revenu les beaux jours et l’envie de gambader pour tous ses agneaux (il y a eu entre temps 64 naissances).

Aussi notre éleveur a-t-il décidé samedi de libérer son cheptel habitué au plein air et aux grands espaces.

Mais dimanche matin c’est un spectacle d’horreur qui s’est offert à l’agriculteur qui n’en croyait pas ses yeux: 19 agneaux morts et autant de blessés… dont la plupart ne survivront pas.

Un scénario qui se répète depuis plusieurs années, digne d’un film d’Hitchcock car ces prédations s’accompagnent de nuées de corbeaux (le corvus corax, une espèce protégée) qui ont installé leur dortoir où ils nichent par centaines sur la crête, dans un petit bois non loin de son exploitation.

Pour Bernard Anthony, c’est une perte de plusieurs milliers d’euros et un sentiment d’impuissance face à une administration qui n’arrive pas à lui donner une quelconque lueur d’espoir:

«On m’avait parlé d’effarouchement mais comme il s’agit d’une espèce protégée les agents de l’ONCFS n’ont rien pu faire […]

Ces oiseaux s’attaquent aux yeux des animaux qu’ils crèvent puis à l’anus et aux viscères […] il y a même des impacts sur les côtés, les plus jeunes ont quelques jours à peine, les plus vieux 2 à 3 mois.

Maintenant il me faut une solution, j’ai alerté tout le monde je veux que l’on me dise quoi faire !
» s’exclame l’éleveur désespéré qui a conservé sous bâche les carcasses de ses animaux.

«Je suis dans une impasse car mes bêtes ne montent pas en estive, elles sont élevées en plein air et vendues en circuit court; je n’ai pas l’intention de changer mes méthodes de travail»

En début d’après-midi, le Dr Trichet, vétérinaire à Saverdun qui suit le troupeau, est passé sur l’exploitation pour constater les dégâts, suivi par les services de la chambre d’agriculture, le Dr Bontour chef de service santé et protection des animaux de la DDCSPP ainsi que les techniciens de l’ONCFS.

Demain mardi une réunion aura lieu à la sous-préfecture de Pamiers pour tenter d’apporter des réponses à Bernard Anthony qui espère aussi un dédommagement… «on le fait bien pour l’ours, une autre espèce protégée !»

En attendant ses moutons passeront la prochaine nuit à l’abri.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 27/02/2012 | 20:08 | Lu: 9365 fois