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La renaissance des points de vue remarquables débute avec la commune de Soulan

© midinews 2013

«C’est un des points de vue remarquables identifié au PNR avec celui de la piste du Taus. On veut à tout prix sauvegarder ces points de vue, d’autant que c’est un endroit très fréquenté au niveau touristique, à la croisée de nombreuses pistes et chemins de randonnée»

Rendez-vous donc à plus de 1.000 mètres d’altitude, au niveau du Col d’Ayens, au-dessus de la commune de Soulan avec l’un des adjoints Gérard Piquemal, par ailleurs vice-président du parc, et l’un de ses homologues Jean-Marie Boinau, conseiller municipal à la commune d’Erp, voisine si l’on veut, juste de l’autre côté de la forêt.

Car justement la forêt gagne chaque année du terrain dans les Pyrénées Ariégeoises. Au col d’Ayens, sur la commune de Soulan, l’incroyable panorama qui s’offre au promeneur a commencé à disparaître étouffé derrière un écran d’arbres.

Car face à la table d’orientation panoramique en bois, se dressent quelques-uns des seigneurs du Couserans et au-delà «quand le temps est dégagé on peut voir toute la chaîne des Pyrénées» s’extasie l’adjoint.

«Ce point de vue est inscrit dans la Charte du Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises comme point panoramique remarquable à conserver et valoriser en priorité. Le maintien de l’ouverture paysagère à cet endroit a donc été identifié comme prioritaire» complète Elodie Roulier, chargée de mission au sein du PNR des Pyrénées Ariégeoises.

«Pour nous, cette étroite collaboration avec le PNR est une véritable opportunité pour notre petite commune. Nous avons seulement deux employés communaux pour s’occuper des quelques 2.500 hectares» atteste Gérard Piquemal.

Un entretien rendu plus que difficile pour cette commune «en étage, composée de multiples hameaux, pour qui l’intervention du PNR est un plus, qui se double par ailleurs d’une intervention sur le petit patrimoine»

«Il est évident que la forêt a toute sa place en Ariège, dans la valorisation de la filière bois, soutient la chargée de mission. Mais lorsque des paysages ou points de vue époustouflants sont perdus ou que localement la forêt pose problème quand les arbres arrivent au pied des maisons, il faut recréer ces percées visuelles»

Ce sont ainsi près de neuf opérations de la sorte qui sont prévues dans les mois qui viennent avec la piste du Taus toujours sur la commune de Soulan, le col de la Crouzette et le col de Péguère.

«Nous allons aussi intervenir dans le Vicdessos, en Bellongue, comme à Galey ou Augirein où le taux de boisement avoisine les 75%. Nous pouvons intervenir à la demande des communes lorsque l’intérêt général le justifie, car il nous faut avoir au préalable l’accord des propriétaires»

Et c’est plus simple lorsqu’il s’agit d’une collectivité «car sur certaines parcelles nous avons jusqu’à 250 propriétaires concernés»

Une percée visuelle sur le paysage qui a aussi une visée pédagogique
Progressivement, à coups de tronçonneuse, la haie d’arbres obstruant la vision est dégagée par une dizaine de stagiaires qui effectuent là leur première expérience en agriculture dans le cadre d’un dispositif soutenu par le Conseil Régional, le PEEA, pour un chantier de trois jours.

«Il s’agit d’une grande première» explique Stéphane Guérin leur formateur qui les encadre et les guide. En effet il s’agit là d’un partenariat nouveau entre le Centre de Formation (CFPPA) du Lycée agricole de Pamiers, le Syndicat mixte du PNR et la commune de Soulan.

«Cette opération est aussi à visée pédagogique, s’enthousiasme le formateur. On propose à 11 stagiaires adultes la formation Entretien de l’espace rural, une sensibilisation aux métiers de l’environnement. Ce sont tous des demandeurs d’emploi qui peuvent tâter le métier directement sur site avant de poursuivre peut-être vers des formations diplômantes»

Un premier pas vers une reconversion professionnelle soit directement dans la filière bois, soit comme maraîcher ou exploitant agricole que chacun semble ici appeler de ses vœux.

Et parmi eux, deux jeunes femmes qui se verront également remettre une attestation en fin de stage. «C’est rare! Ça reste un métier d’hommes même si les progrès du matériel et de l’ergonomie rendent possible la féminisation de ces métiers»

«En fonction des difficultés du chantier, du niveau de capacités requises, on fait appel à diverses solutions et même des bûcherons, en cordée» confirme Elodie Roulier. Une démarche dans laquelle toutes les parties prenantes trouvent leur compte.

Une brève trouée dans les nuages, un rayon de soleil se glisse sur fond d’azur. En face les pics Pyrénéens nous toisent à nouveau.

Sylvain Sastre | 31/05/2013 - 19:27 | Lu: 16387 fois