Un chantier école grandeur nature confié aux apprentis du CFPPA pour apprendre à gérer la forêt à Sentenac de Sérou
Crapahutage sur le Col de Rille, à près de 938 mètres d’altitude quelques kilomètres en deçà du Col de la Crouzette, en cette matinée printanière enfin ensoleillée, sur les traces du Préfet de l’Ariège, venu apprécier «sur site» le chantier école mis sur pied par le CFPPA, le centre de formation professionnelle et de promotion agricole Ariège-Comminges.
«Je voulais mettre un coup de projecteur plus spécifique sur ces jeunes en formation mais aussi tout ce qui touche à l’emploi, à la formation professionnelle qualifiante et aux différents contrats auxquels ces jeunes peuvent prétendre»
Seul en contrebas, Jean-Baptiste, sous les regards de ses collègues de formation mais aussi des élus, de l’ONF, du CFPPA et bien sûr de Salvador Pérez marque un sapin pectiné de près de vingt mètres.
Progressivement à coup de coin, merlin et tronçonneuse, il abat le roi de la forêt, l’œil, endémique de l’Ariège, déjà aguerri, la main experte. Sous les applaudissements de tous, l’arbre tombe au millimètre près dans la zone préalablement repérée afin de ne pas écraser de son poids les jeunes arbres alentours, valorisables demain.
«Nous sommes sur la forêt syndicale de Sentenac de Sérou, explique David Gardelle le directeur du CFPPA, où par convention l’ONF est chargée d’organiser la gestion de la forêt». Une mission qu’elle a ici déléguée au CFPPA dans le cadre d’un chantier école grandeur nature.
«Valoriser les métiers d’une filière bois en devenir sur l’Ariège»
Un chantier forestier (avec abattage et débardage de bois) confié à une quinzaine de stagiaires de la formation pour adultes, demandeurs d’emploi ou salariés en reconversion âgés de 20 jusqu’à 53 ans pour le plus ancien.
«Notre mission, cadre David Gardelle, est de sélectionner par le martelage, abattre, façonner, débarder et remettre hors de piste les arbres choisis, puis le bûcheron les cubent et les transportent»
Un cursus de formation qui a de plus en plus de succès que ce soit au niveau du Brevet professionnel de travaux forestiers ou du Brevet professionnel de responsable de chantier, «deux formations qualifiantes de niveau bac qui confèrent les capacités à exercer les métiers du bois et de la forêt: bucheron, élagueur, débardeur, etc.» explique Frédéric Vavasseur, formateur au CFPPA.
«En sortant de l’école, il faut compter encore une année d’expérience professionnelle pour être tout à fait opérationnel, autonome. Mais, assure-t-il, l’avantage de la forêt ce sont des métiers qui permettent de s’installer assez facilement, même s’il faut une bonne condition physique et une bonne hygiène de vie» répète-t-il à l’envie.
«Les métiers du bois ont encore toute leur place en Ariège où du fait de forêts abruptes, il y a peu de mécanisation. Il nous faut des techniciens formés aux spécificités du département. Et même, rajoute David Gardelle, c’est un métier qui se féminise un peu puisque nous avons au moins une fille par promo»
Sans compter qu’avec le phénomène de vieillissement des chefs d’exploitation, de nombreuses opportunités existent, comme salarié ou chef d’exploitation (voir notre article du 04/06/2013).
Et, le préfet de conclure: «vous savez que le département bénéficie d’une couverture forestière de qualité exceptionnelle. Nous essayons de développer la filière bois avec les professionnels, élus et propriétaires.
Le nombre de dossiers en cours en est l’exemple, renchérit le préfet. C’est le bon moment maintenant pour valoriser tous les métiers du bois au sein de cette filière»
Et tout spécialement par de belles journées printanières comme celle-ci. Les quinze stagiaires de cette promo l’ont bien compris.
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