Chasse en Ariège: «tant qu'il n'y aura pas de contraintes dans nos pratiques, il n'y aura pas de réactions épidermiques»
L’heure de l’ouverture a sonné dans le département de l’Ariège. Les chasseurs de sangliers ont ouvert le bal le week-end dernier en plaine (le 31 en montagne) et seront suivis par les chasseurs de cervidés (8 septembre en plaine et 15 septembre en montagne) puis par les montagnards attirés par les races emblématiques que sont l’isard ou les galliformes de montagne (le 29 septembre).
De beaux tableaux de chasse en perspective
Comme chaque année une ouverture «à tiroirs» pour les 7000 chasseurs ariégeois mais avec un guichet unique et la volonté de la fédération départementale de maintenir une chasse traditionnelle à la portée de toutes les bourses. «On assiste depuis quelques années à une légère érosion du nombre de nos pratiquants alors que paradoxalement nous enregistrons une augmentation des près de 30% des permis de chasse.
Compte tenu de la diversité des espèces nous sommes en mesure d’accueillir des citadins ou des chasseurs qui cherchent un territoire pour donner libre cours à leur passion» indique Jean-Luc Fernandez, président de la Fédération plutôt satisfait des derniers comptages de terrain réalisés par ses techniciens
«Il y a du sanglier partout, beaucoup moins de dégâts car cette année les semis ont été tardifs et nous sommes en mesure de répondre aux dégâts, ils seront comme chaque année maitrisés.
L’action cynégétique a permis de réguler les cervidés et l’on attend les résultats de Jean Pierre Alzieu responsable du laboratoire départemental concernant son étude sur les foyers de pestivirose de l’isard. Nous appelons à nos vœux la collaboration du monde agricole sur cet épineux dossier»
Poursuivant cet inventaire, le nombre mouflons a augmenté. Une hausse sensible de ses populations sur toutes les communes de la corniche de Tarascon à l’Hospitalet et les comptages aux chiens actuellement en cours, venant compléter les comptages aux chants sont très encourageants pour les galliformes de montagne malgré un hiver particulièrement rigoureux: «ce sera une saison exceptionnelle, tant au niveau du grand tétras que de la perdrix grise» laisse échapper le président Fernandez.
Quant aux migrateurs comme la caille des blés qui se chasse au chien d’arrêt, elles sont arrivées tardivement mais sont bien présentes sur les plaines ariégeoises. «Depuis trois ans nous travaillons à la réintroduction de la perdrix rouge de souche et nous récoltons enfin le fruit de notre travail»
Fortes populations de perdreaux mais également de palombes qui en raison du réchauffement climatique a tendance à se sédentariser dans notre département. Le lièvre est aussi très bien représenté en cette veille d’ouverture. Il se chasse lui aussi au chien courant créancé (meutes de griffons ou d’Ariégeois) constitue localement une forte tradition cynégétique.
Le chasseur ariégeois est privilégié mais le restera-t-il encore longtemps?
Au regard de la diversité des espèces et de leur abondance, le chasseur ariégeois est en effet privilégié comme l’indique le président de la Fédération: «il peut chasser dans un milieu remarquable où le gibier est en nombre, le coût de la chasse demeure relativement faible au regard des autres départements et les dégâts parfaitement maitrisés grâce à la collaboration du monde agricole.
Il faut savoir apprécier tout cela et tant qu’il n’y aura pas de contraintes à la pratique de la chasse et que les espèces protégées n’entraverons pas nos pratiques cynégétiques ancestrales, il n’y aura pas de réaction épidermique des chasseurs»
Jean-Luc Fernandez revient ici sur la présence de l’ours, du loup des vautours, des espèces protégées dont la gestion est assurée par les services de l’Etat: «en France quand une espèce est protégée elle l’est à vie, y compris quand il y a surpopulation, prédations et déséquilibres au sein de la biodiversité.
On le voit encore avec le cormoran, cauchemar des pêcheurs, présent y compris sur les lacs de haute montagne. L’ONCFS est obligée de former des chasseurs locaux pour réaliser des prélèvements sur ces oiseaux protégés (45 000 prélèvements au niveau national et 250 localement). Idem pour le loup sans parler de l’ours qui coûte chaque année des millions d’euros aux contribuables français pour financer le suivi et les associations de protection»
«Coup de gueule» du président Fernandez
A l’heure où l’on demande aux français de faire des efforts, d’être solidaires et de se serrer la ceinture, Jean-Luc Fernandez est ulcéré par les sommes d’argent «pharaoniques» distribuées aux associations de sauvegarde des animaux protégés: «nous demandons une meilleure gestion de l’argent public. Des millions d’euros vont dans les poches de Ferus, la LPO, l’ADET Pays de l’ours alors que ces espèces protégées prolifèrent et qu’elles deviennent un vrai problème tant pour les éleveurs que pour les pratiquants de la montagne, il est tant de revenir à la raison surtout en période de crise économique!»
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