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Sur le dossier ours, la préfète de l'Ariège Nathalie Marthien se pose en médiatrice pour pacifier le débat

© midinews 2013

C’est à froid qu’aura souhaité communiquer Madame le préfet sur le sujet brûlant de l’été: les dommages imputés à l’ours. «J’ai souhaité vous recevoir après avoir eu tous les éléments» justifie-t-elle.

La tension n’a fait que monter crescendo pendant ces deux mois d’été trouvant avec un dérochement survenu début septembre sur l’estive de Pouilh son apogée.

C’est par ce premier point que Nathalie Marthien a souhaité clarifier les choses. Et de un, l’expertise des agents de l’ONCSF contredit les propos d’associations anti-ours, «les brebis ont déroché et aucune trace d’agression de l’ours sur elles n'a été constatée» et de deux, l’attitude «vulgaire et irrationnelle d’éléments extérieurs aux éleveurs pendant l’expertise» est déplorable pour la préfète qui condamne fermement ces comportements.

Elle a renouvelé sa confiance auprès de ses agents de l’office nationale de la chasse et de la faune sauvage. «Ils ont conservé sagesse et sang-froid pour aller au bout des expertises. Les faits sont graves et inacceptables»

Pour autant, la préfète de l’Ariège est bien consciente du fossé qui se creuse de jours en jours entre éleveurs et agents de terrain, se concrétisant par des expertises sous haute tension. «Je veux pacifier le débat et j’ai réuni hier les présidents de la chambre d’agriculture, de la FDSEA et du Conseil général pour dénoncer l’événement, oublier et passer à l’avenir»
Je n’oublie pas les souffrances et le désespoir des éleveurs
Comme son prédécesseur Salvador Pérez, Nathalie Marthien concède que le doute bénéficiera toujours à l’éleveur. «Sur l’estive de Pouilh, les agents n’ont pas pu expertiser les alentours donc voir de traces d’ours mais il se peut que ce soit lui qui ait fait peur aux brebis qui ont déroché. L’indemnisation se fera donc au bénéfice du doute»

Aujourd’hui, la première préoccupation est de faire en sorte que la saison 2014 se déroule mieux que la saison 2013, celle de beaucoup de provocations. Dans le verbe et dans l’action.

La demande qui n’aurait jamais atterri jusqu’à la préfète de port d’arme pour les bergers et éleveurs, «tout ça c’est une plaisanterie» pour la préfète, les battues d’effarouchement «elles étaient illégales»

L’objectif aujourd’hui, c’est comment on avance et comment on travaille. La réunion d’hier a fixé l’idée de conserver les groupes de travail sur deux thématiques sur la procédure globale des indemnisations éleveurs et les mesures d’accompagnement.

L’envie aussi de voir les relations entre éleveurs et agents se normaliser par la rédaction d’un protocole d’intervention d’expertise «qui ne devra pas être remis en cause au moment des événements»

Les attaques d’ours constituent une difficulté parmi tant d’autres pour le pastoralisme en Ariège. «Je n’oublie pas pour autant les souffrances et le désespoir des éleveurs»


Attaques d’ours: 10 estives concernées en Ariège, dans le Couserans

«Les attaques d’ours se concentrent sur 10 estives en Couserans. Il nous faut mieux travailler sur ces espaces en prenant mieux en compte leur particularité et adapter les mesures» souligne Nathalie Marthien.

Celle-ci a rappelé son souci de maintenir l’activité pastorale, essentielle pour l’Ariège. «Les choses doivent s’apaiser pour que la confiance soit rétablie»

Elle espère que ce point presse clôturera l’événement et fera passer tout le monde à autre chose.
Anne-Sophie Fontanet | 24/09/2013 - 18:43 | Lu: 29945 fois