Une plateforme coopérative pour «Croquez l'Ariège» avec des produits locaux
Alors que la semaine «Bio et Local» bat son plein en Ariège (voir notre article du 20/09/2013), se tenait parallèlement ce jour dans les locaux du Lycée agricole de Pamiers une journée dédiée à la plateforme «Terroirs Ariège Pyrénées» à laquelle quelques 80 participants se sont intéressés.
«Il y a d’autres initiatives de ce type en France mais on peut dire qu’ici nous avons poussé l’expérience le plus loin, cette plateforme est fonctionnelle, ça marche on est passé au stade de la réalisation. Il est vrai cependant, tempère Philippe Beaufort, cheville ouvrière de cette journée à la Chambre d’agriculture, la cause est noble la réalité plus complexe»
Créée en 2011, la plateforme «Terroirs Ariège Pyrénées» s’est constituée sous forme d’une SCIC présidée par François Toulis et réunit quelques 100 actionnaires «adhérents» répartis selon différents collèges, parmi lesquels on compte les diverses chambres consulaires, dont la chambre d’agriculture au rôle prépondérant, mais aussi des élus et collectivités, consommateurs et environ 60 producteurs ariégeois.
Réellement opérationnelle depuis 18 mois, son objectif premier reste de fédérer et regrouper les producteurs ariégeois de manière à pouvoir assurer et organiser un approvisionnement régulier des services collectifs de restauration scolaires, les cantines, en aliments bio ou conventionnels. «La SCIC est un outil pour gérer de façon collective un bien commun: les produits de notre terroir»
Un CA de près de 200 K€ qu’il conviendrait de multiplier par trois!
Depuis son lancement, la plateforme «Terroirs Ariège Pyrénées» engrange des résultats encourageants (9 tonnes de légumes biologiques sont vendus par la plateforme, dont 33% fournis par les maraîchers ariégeois). «Nous approvisionnons de la sorte 25 établissements scolaires sur toute l’Ariège, puisque nous faisons appel à un transporteur spécialisé»
Ecoles, collèges et lycées ont ainsi quasiment à volonté toute une gamme de produits locaux. Viandes, légumes fruits, laitages et même poissons peuvent donc composer le menu quotidien des petits Ariégeois tout au long de l’année. «Toute la gamme y est» se félicite Philippe Beaufort.
A la frontière du commerce équitable, même s’il préfèrerait le terme de «durabilité basé sur un cahier des charges strict» selon Eric Wyon, l’un des administrateurs de la SCIC, cette «plateforme qui privilégie les circuits courts est un gage de transparence de traçabilité et de dialogue, commercial notamment, nouveau entre les différentes parties prenantes.
Nous avons doublé les livraisons, mais cela reste encore insuffisant pour assurer la rentabilité de l’ensemble» reconnaît l’administrateur qui concède: «il s’agit là avant tout d’une révolution tranquille». Pour l’heure, une employée plutôt polyvalente est salariée par la structure.
Franchir les portes des écoles et de leurs cantines reste toutefois encore difficile. «Cela repose aussi sur un changement de mentalités et de comportements pour tous les acteurs, concède Philippe Beaufort, à la fois les élus qui payent la note et des cuisiniers derrière leurs fourneaux»
Mais, pour un coût à peine supérieur à celui des repas «standardisés» fournis par les «grands opérateurs nationaux voire internationaux», derrière se cache le soutien à une filière agricole locale de qualité et à ses emplois.
Trois ateliers pour valoriser la plateforme «Terroirs Ariège Pyrénées» auprès de chaque partie prenanteUn changement de comportement et de mentalité qui passe aussi par des journées comme celle organisée au Lycée Agricole de Pamiers où se sont retrouvés les fournisseurs en produits locaux, les acteurs de la restauration collective, mais également les élus et associations parties prenantes de cette expérience.
Organisé autour de trois ateliers thématiques ponctués d’une visite de site et d’un repas pris en commun et préparé dans les cuisines de l’établissement, cette 2ème édition du forum «Croquez l'Ariège» revêt donc un caractère stratégique autour d’une nouvelle forme de restauration collective: celle prenant appui sur des denrées bio ou conventionnelles, produites localement.
Un moment de rencontre et d’échanges afin que les diverses parties prenantes -monde agricole, élus représentants les collectivités locales consommatrices, intervenants de la restauration collective- puissent relayer cette expérience sur la base de relations elles aussi nouvelles.
Préparer des produits fermiers en restauration scolaire, définir un plan alimentaire et un cycle de menus ou mieux s’informer sur les règles des marchés publics relatives à la restauration scolaire et l’approvisionnement local ont été au menu de cette matinée avant la visite chez Armand Pein, maraîcher bio livrant la plateforme.
Désormais, pour la chambre d’agriculture, comme pour l’administrateur Eric Wyon qui porte ce projet à bout de bras, «l’objectif c’est de continuer à provoquer l’intérêt des acheteurs. C’est un pari qui reste difficile à réussir, il faut mettre tous les atouts de notre côté. Il faut remettre tous les jours le travail sur le métier»
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