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Grand Tétras et Perdrix Grises, espèces parapluies d'un écosystème à préserver en Ariège

© midinews 2013

Espèces dont on observe sur la durée une régression ou une simple stagnation dans les zones les plus favorables, le Grand Tétras et la Perdrix Grise sont les volatiles sédentaires parmi les plus emblématiques, et spontanément associés par le grand public, à l’image des Pyrénées.

Depuis deux ans maintenant, des travaux expérimentaux conduits par l’ONF avec un certain nombre de partenaires, dans le cadre du programme européen Galliplus, sont menés en Ariège pour préserver ces espèces.

«Même si elles restent chassées en Pyrénées sous certaines conditions, le Grand Tétras et la Perdrix Grise sont des espèces reconnues vulnérables au niveau européen, à surveiller, et pour lesquelles l’Europe finance des travaux pour améliorer leur habitat et leur conditions de vie» explique Quentin Giry, Chargé de mission Natura 2000 à l’ONF.

Plusieurs sites en Ariège sont concernés par ces travaux expérimentaux comme Orlu, la vallée du Biros et bien sûr la vallée du Ribérot, avec l’intégralité du Massif du Valier classé zone Natura 2000.
Agir, sensibiliser et informer pour inverser une tendance baissière sur la durée«Même s’il est très difficile de quantifier les populations de chacune de ces espèces, admet Quentin Giry, ces opérations visent à inverser une tendance baissière. Ces espèces vivent uniquement en zone de montagne, décrit le chargé de mission, en milieux forestier et de landes. On a constaté que là où il y a déprise pastorale, il y a moins de troupeaux, les paysages se ferment occasionnant un habitat moins propice au développement de ces espèces»

Le manque de lumière, le sous-pâturage face au recouvrement important de la lande constituent des obstacles mécaniques au déplacement des oiseaux ou empêchent le développement de leurs ressources alimentaires, plantes ou petits arbustes: plantes herbacées, myrtillaie.

«Lorsque ce cortège de plantes et insectes disparaît, cela prive ces oiseaux d’une mosaïque d’habitat indispensable à leur bon développement. Par des opérations de débroussaillage, on recrée les cheminements qui permettront ensuite aux troupeaux de revenir et de maintenir l’ouverture des milieux. Recréer un habitat favorable, donner des conditions de vie optimum repose sur ces milieux en mosaïque. Ces actions sont menées principalement sur les zones repérées comme stratégiques pour l’habitat de ces espèces»

Une biodiversité dont on facilite la régénérescence naturelle en espérant qu’à plus ou moins long terme «cela aura un impact significatif sur les populations de Grand Tétras et de Perdrix Grises, afin qu’elles repartent à la hausse»

Une action qui se double aussi d’opérations ponctuelles de sensibilisation auprès d’un public plus large, comme cette visite des travaux d'amélioration de l'habitat du grand tétras qui a eu lieu sur l'estive du Trapech, en partenariat avec le PNR dans le cadre des animations «Pyrénées partagées» et intitulée «Perdrix Grise et Grand Tétras: Préserver les milieux pour préserver les espèces»

«Il est important que le grand public sache les actions entreprises pour sauver et préserver les milieux de montagne et les espèces emblématiques comme le grand Tétras ou les perdrix grises. Il s’agit de transmettre une partie de nos connaissances en la matière et faire savoir l’utilité de ces travaux»

Et mettre ainsi toutes les chances de leur côté pour inverser une tendance baissière sur ces deux espèces emblématiques des Pyrénées, qui en constituent l’un des meilleurs baromètres pour mesurer la qualité des écosystèmes, de la biodiversité en général.

Sylvain Sastre | 27/09/2013 - 17:57 | Lu: 20539 fois