Les chasseurs ariégeois visent en priorité la sécurité
En France, la chasse représente le deuxième sport après le football. Avec 1 224 000 détenteurs du permis pour la saison 2011-2012, nous sommes le premier pays de chasseurs en Europe devant l’Espagne et l’Italie.
Une pratique ancestrale qui s’est développée grâce à la diversité des territoires (de la plaine à la montagne, de la forêt aux étangs), des modes de chasse (à tir, à courre, à l’arc, à l’approche) et à la grande diversité des gibiers (une soixantaine d’oiseaux, une vingtaine de mammifère grands et petits), sans oublier la force du tissus associatif avec 40 000 associations de chasse.
Augmentation régulière des candidats depuis 5 ansAprès un net repli, ce secteur connaît un regain d’intérêt chez les plus jeunes avec depuis 5 ans une forte augmentation des personnes qui passent leur permis de chasser (20 000 nouveaux porteurs chaque année).
En 2012, 176 candidats ont réussi l’épreuve pour le seul département de l’Ariège. Et pour l’examen pratique, le taux de réussite atteint les 95, 65%, ce qui nous place sur la première place du podium au niveau national.
Cependant depuis le début du mois de septembre, date de l’ouverture de la chasse, les médias se font régulièrement l’écho d’accidents. Ils arrivent souvent pendant les battues au gros gibier et dans 40% des cas relevés les consignes de sécurité données n’ont pas été suivies.
Selon un bilan de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) la saison de chasse août 2012-février 2013 a été marquée par 179 accidents, dont 21 mortels, contre 143 la saison précédente, soit une hausse de 25%.
La sécurité, une priorité dans la formation du permis de chasserDans le département de l’Ariège la fédération des chasseurs met un point d’honneur à encourager toutes les mesures en faveur de la sécurité: «l’examen pratique qui depuis sa nouvelle formulation a développé un important volet sécurité» précise Laurent Chayron, un des techniciens de la FDC09.
Selon lui, pas de mystère, il faut respecter les règles de chasse définies par l’équipe elle-même: «la battue est une chasse collective, plusieurs chasseurs sont sur un même territoire en même temps, on a besoin de règles et chaque société de chasse a un règlement intérieur qui doit être appliqué à la lettre»
De plus les chasseurs peuvent communiquer entre eux car selon le technicien les accidents de chasse dans la plupart du temps arrivent à cause d’un problème d’identification (téléphone cellulaire, talkies walkie sont désormais autorisés). Les chasseurs doivent s’identifier entre eux d’où la nécessité de marquer les postes, porter des vêtements fluo, adopter des codes de sonnerie… mais également d’identifier sur quoi ils tirent.
«Dans le cadre de la formation pratique nous insistons sur ce principe: il faut identifier avant de tirer. Si je peux épauler et tirer je le fais mais auparavant on aura identifié la cible»
Même discours pour Pascal Fosty, technicien de la FDC09: «la sécurité c’est primordial, on prépare des candidats à l’examen pratique mais on pense aussi à leur carrière de chasseur… ici on utilise de vraies armes même si ce ne sont pas de vraies munitions»
Sur le site d’Arabaux non loin de Foix, ces deux techniciens forment les futurs chasseurs. Les consignes doivent devenir des réflexes naturels dès que l’on a une arme en main: «il faut toujours présenter le fusil vidé de ses cartouches, la crosse vers l’extérieur, approvisionner le canon en bas, vérifier auparavant si les canons ne sont pas obstrués…
Et pour résoudre les problèmes des tirs fichants, l’idéal c’est de mettre en place de petits miradors pour rehausser les postes de chasse. Ainsi quand je vais épauler la trajectoire de ma balle ira se perdre dans le sol»
Depuis 2006 la Fédération des chasseurs de l’Ariège propose des formations à la sécurité, soit sur son site d’Arabaux, soit au sein même des sociétés de chasse qui en font la demande.
«C’est intéressant car c’est la plupart du temps le samedi après-midi, les gens ont chassé le matin, ils arrivent après la battue, ils sont encore en plein dans le sujet, on est nettement plus efficaces pour parler des bonnes pratiques» poursuit Laurent. Depuis 2006, 563 candidats ont suivi cette formation.
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