Les vendanges des vins d'Ariège ont débuté ce matin chez Philippe Babin
C’est avec un mois de retard que les vendanges ont débuté sur les coteaux d’Engraviès dans la vallée du Douctouyre.
Une dizaine de saisonniers, des habitués, se sont retrouvés en cette belle matinée d’automne dans les parcelles baignées par le soleil: le geste est précis, l’ambiance est conviviale et la cadence soutenue.
Car quand le départ est donné, on n’a pas de temps à perdre, ce sont près de 8 hectares de parcelles à récolter… du Syrah, du Merlot et du Cabernet Sauvignon choisis avec soin et replantés en Bio par Philippe Badin, vigneron-philosophe.
Une année particulière pour un millésime certainement tout aussi particulier
Car cette année plus qu’une autre il fallu se munir de patience et prendre le temps de laisser travailler la nature. «Il faut avoir les nerfs solides car s’il est une science que l’on ne maîtrise pas c’est bien la météo… Souvent on a tendance à vouloir vendanger même si ce n’est pas tout à fait mûr. Heureusement ici on a la chance d’avoir un raisin très sain, on peut attendre un peu et gagner en maturité»
Depuis le mois dernier, tous les lundis matin, Philippe Babin arpente les rangées de pieds de vignes et réalise des prélèvements qu’il analyse: «au dernier relevé on était à 11° sur cette parcelle, normalement on prend en fonction de l’ensoleillement un degré supplémentaire tous les huit jours. On est donc passé ce matin à 12°, une maturité parfaite, les vendanges peuvent commencer !»
Il est vrai que 2013 n’a pas été une année très facile pour les viticulteurs: un hiver long et froid, un printemps très pluvieux puis subitement la canicule… autant de stress que la végétation a eu du mal à encaisser.
Si bien qu’en fin de parcours on a relevé une attaque de mildiou mosaïque, rien de bien grave, il n’altère pas le raisin mais il était temps.
Quant au futur millésime, le vigneron ariégeois est catégorique: «comme dans le bordelais chaque année, on va faire le millésime du siècle! Plaisanterie à part, nous aurons un peu plus d’acidité, davantage de vins sur le fruit, sur la fraîcheur. Il ne faut pas compter avoir de très longues gardes mais par contre ce seront des vins qui vont apporter beaucoup de plaisir à consommer dans les 3-4 ans qui arrivent»
Après l’IGP, les vignerons ariégeois travaillent désormais pour décrocher l’AOPPour Philippe Babin comme pour les autres vignerons d’Ariège, 2013 sera malgré tout une grande année, celle de l’IGP (indication géographique protégée) qui permet de rentrer dans la grande famille des vins du Sud-Ouest.
C’est dans le cadre du festival des Saveurs d’Ax les Thermes que Michel Desfrances, président de l’Interprofession des vins du Sud-Ouest, est venu officiellement remettre cet IGP Ariège aux producteurs locaux.
Pour Philippe Babin comme pour ses confrères, c’est une belle consécration qui permet désormais de les associer à toutes les discussions concernant la profession de vigneron, les droits de plantation, la réglementation, la définition des profils des vins du Sud-Ouest… mais également de communiquer car avoir un savoir-faire c’est une chose mais le faire savoir c’est encore mieux.
«L’ensemble de la profession a estimé que la qualité de notre travail et des vins que l’on fait mérite de rentrer dans cette grande famille, poursuit notre viticulteur. Il y a à peine dix ans que nous avons planté des vignes, c’est assez rapide. L’IGP vin d’Ariège est constitué de deux sous-appellations: les coteaux de la Lèze (concernant les Domaines du Sabarthès à Montaigut et de Lastronques à Lézat) et les coteaux du Plantaurel qui arrivent jusqu’au Mirapicien.
Actuellement et c’est dans la logique des choses nous travaillons pour décrocher l’échelon supérieur, l’AOP (appellation d’origine protégée), un périmètre attesté par la géologie, la nature des sols, le climat, une liste de cépages précis, une vinification particulière… le cahier des charges est pointu mais c’est très motivant pour nous»
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