Loubens: troisième récolte de safran bio ariégeois
© midinews 2013sur le même thème
Les fleurs du crocus sati us, clairsemées il y a à peine une semaine, dominent désormais sur la parcelle de Johan Martinez, producteur de safran à Loubens. C'est le pic de floraison dans la safranière, et le début d'une activité intense.
En effet, pour cette troisième récolte, pas moins de 120 000 fleurs sont attendues. A raison de 1000 fleurs ramassées par heure et par personne, c'est un travail harassant qui s'annonce pour Johan Martinez et son équipe, dès le lever du jour et jusqu'à une heure avancée de la nuit.
Aidé de deux à cinq personnes volontaires, venues pour le plaisir ou dans le but de s'initier à la production du safran, il ramasse une à une les fleurs à peine écloses, parfaitement disposées en rangées. Avec un peu de chance et de patience, on pourrait presque les voir s'épanouir...
Etalée sur plusieurs jours, la récolte, certes éprouvante, ne constitue pas l'essentiel de la tâche à accomplir. Un long et délicat travail d'émondage lui succède.
L'opération, qui nécessite patience et minutie, consiste à couper le pistil de la fleur en évitant la partie plus claire qui donnerait de l'amertume au produit. Le pistil, maintenu entier, est ensuite mis à sécher dans un déshydrateur, selon la «méthode française». Séché à l'intérieur, le safran conserve ainsi toutes ses propriétés.
Maintenu au repos pendant 45 jours environ, le safran peut ensuite être proposé à la vente: en pistils entiers le plus souvent, mais aussi sous forme d'agrément à d'autres produits: sirops, fleur de sel,...
Labellisé biologique, le safran de Loubens est reconnu de qualité supérieure. Il est vendu aux épiceries bio, aux restaurants gastronomiques ou aux particuliers à l'occasion de foires bio, comme récemment celle de Lorp-Sentaraille.
Un parcours atypiqueAncien comptable financier à Paris, où il a exercé pendant six ans, Johan Martinez décide de tout arrêter et de revenir en terres ariégeoises pour se lancer dans cette production.
D'origine espagnole, il a observé depuis l'enfance les champs de safran lors de ses vacances en Espagne, pays d'origine de sa famille. C'est ce qui lui a donné l'envie de se lancer dans ce type de production.
En 2011, il plante 10 000 bulbes de crocus sati us sur une parcelle de 600 m². Souhaitant travailler selon les normes biologiques, son travail est exclusivement manuel: désherbage, plantation, récolte, émondage, tout est fait à la main.
Tous les ans, chaque bulbe, planté à 12 cm du suivant, se développe de façon plus ou moins importante. En trois ans, Johan Martinez a observé que chaque bulbe planté se composait maintenant de 15 à 30 bulbes. Cela explique la hausse prodigieuse du nombre de fleurs à récolter: 2 000 la première année, 50 000 en 2012 et 120 000 cette année.
«L'or rouge», une expression exagéréeA ceux qui associent le safran à une manne financière ou à de «l'or rouge», le producteur ariégeois relativise: «même si le prix du safran est plus élevé que celui de l'or, le travail que nécessite sa culture est conséquent, pour une production relativement faible: avec 120 000 fleurs cette année, je pense atteindre entre 600 et 700 grammes de safran» précise-t-il.
«Certains profitent de l'engouement autour de cet épice, en le vendant en poudre et en y ajoutant d'autres produits, comme de la brique pilée par exemple. Acheter le safran en pistils entiers est un gage de qualité» ajoute-t-il.
Le marché est effectivement propice à la culture du safran: sur les 2 000 kg de safran consommés en France, seulement 30 kg sont produits dans notre territoire. De quoi susciter des vocations!
Renseignements et visites de la safranière:
«Fleur et sens» Johan Martinez
Le Barrou, 09120 Loubens
05 81 29 25 49
dans la même rubrique
- Ustou: un premier lâcher de bouquetins ouvert au public ce mercredi
- Le bouquetin, ce monarque des montagnes, s'introduit en Ariège... en public
- Les apiculteurs du collectif Ariégeois ont l'impression d'être «trahis et abandonnés»
- Une nouvelle salle de nécropsie pour répondre aux missions sanitaires et pédagogiques de la Fédération des Chasseurs de l'Ariège
- Pestivirose de l'isard: vacciner les brebis pour sauver les isards
- Basse-Ariège: réunion de crise sur fond de vol de matériel d'irrigation
- Pamiers: des légumes bio tous les jeudis à la sortie du train
- Transition énergétique: dans le bâtiment des solutions existent pour un nouveau modèle ariégeois
- Satisfecit partagé pour l'opération Innov'Action
- Haut Couserans: les marmottes, de drôles de sentinelles au cirque de Gérac
- Foix: contre les prédateurs, une grande manifestation samedi pour la défense de la ruralité
- Comptage flash à l'isard dans le haut Salat
- Eric Fouquet, inspecteur général de santé publique vétérinaire conduit la mission vautour en Ariège
- La ruralité en ordre de bataille contre les prédations et les grands prédateurs
- Union sacrée du monde rural contre l'ours, les vautours et le loup
- Transhumance avec les chevaux de Mérens en vallée de Bethmale








