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Signature du premier contrat de génération dans le milieu agricole en Ariège: deux générations, une opportunité pour construire un projet de vie

© midinews 2013

A peine 13 000 contrats de génération signés depuis le début de l’année... la mesure phare de François Hollande pendant la dernière campagne électorale n’arrive pas à décoller.

Une belle idée pourtant, permettant d'embaucher en CDI des jeunes, accompagnés par un salarié plus expérimenté, qui sera maintenu dans l'emploi jusqu'à son départ en retraite.
Chacun y trouve son compte, de la transmission à la formation en passant par la professionnalisationUn dispositif qui a séduit Marc Delangre, agriculteur depuis 25 ans sur la commune de Loubens.

Le travail ne manque pas sur cette exploitation de 43 ha de SAU en agriculture biologique sur laquelle il a une vingtaine de brunes des Alpes dont il transforme le lait deux fois par semaine sous l’appellation «Brousse fermière de Loubens», des fromages distribués localement.

A 58 ans, Marc pense à la transmission de son exploitation. Il n’a pas besoin de regarder bien loin, l’avenir c’est son fils Christophe, 24 ans. Après des études de Comptabilité, un an en Angleterre pour apprendre les langues, le jeune homme décroche en juin dernier un BTS aménagement paysager en alternance.

Christophe souhaite reprendre l’exploitation familiale mais il veut également poursuivre ses études. Il prépare aujourd’hui une licence d’agriculture Bio et conseil en développement à Gaillac (une des antennes de l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand).

Pour poursuivre jusqu’à la licence, Marc n’hésite pas à signer un contrat Pro en alternance qui permettra à son fils de monter son projet: «un atelier de maraîchage Bio»

«Je me suis tourné vers la chambre d’agriculture, explique Marc. On m’a parlé du contrat de génération qui pouvait s’appliquer sur les exploitations agricoles et de la possibilité de cumuler un contrat de professionnalisation en CDI et un contrat de génération.

Et comme, l’un et l’autre nous rentrions dans le cadre, pourquoi pas. Nous avons commencé en septembre, le contrat de génération est valable 3 ans, ses études durent 1 an et demi, on verra si on poursuit au-delà par la suite.

Nous sommes habitués à travailler ensemble -Christophe est né et a grandi sur l’exploitation- nous échangeons beaucoup: j’apporte mon expérience professionnelle, lui ce qu’il apprend dans son cursus… à nous deux on arrive à trouver des solutions, c’est très fructueux
»
Au-delà d’un projet professionnel, un projet de vieMarc a déjà eu recours à des salariés mais cette solution était beaucoup trop lourde en matière de charges, il ne peut plus se le permettre. Ce dispositif lui permet par contre un allégement des cotisations patronales avec une aide de 1000 euros par trimestre pendant trois ans.

De son côté Christophe participe à tous les travaux sur la ferme: traites des vaches, nettoyage de la propriété, réalisation du fromage… et il a le temps de travailler sur son projet d’atelier de maraîchage.

«J’ai commencé à labourer des terres et dans quelques jours je vais monter une serre. A terme je souhaite m’associer avec mon père mais également avec mon amie qui prépare une licence de commercialisation de produits alimentaires à Montauban.

Nous aimerions développer cette activité de maraîchage Bio en profitant des circuits exploités par mon père depuis 20 ans en direction des grandes surfaces mais peut-être aussi en développant les circuits courts (paniers). Reste à peaufiner ce projet professionnel qui est également un projet de vie
»

Laurence Cabrol | 24/10/2013 - 18:46 | Lu: 17220 fois