L'avenir des filières Pyrénéennes se dessine aujourd'hui
C’est sous la haute présidence de Jean-Michel Anxolabehere, à la tête de l’ACAP, l’Association des Chambres d’Agriculture des Pyrénées, que s’est déroulé au centre universitaire de Foix un vaste séminaire sur un sujet qui ne l’est pas moins: les enjeux à venir pour les filières agricoles pyrénéennes, étape vers une nouvelle phase de développement.
De tous les massifs français, les Pyrénées sont les plus dépendantes de l’économie agricole: pour 1 agriculteur, c’est 7 emplois induits auxquels s’ajoutent les emplois indirects. Les agriculteurs y entretiennent près de 44% des espaces et participent à la vie sociale de ces territoires.
Pourtant, l’économie agricole reste marginale, ne générant parfois que 30% du revenu des agriculteurs tandis que parallèlement le nombre d’exploitations est en diminution constante et que se pose le problème de leur transmission devant une pyramide des âges en forme d’as de pique.
Il faut réinventer de nouveaux schémas agricolesDans un contexte économique instable mais marqué par une recherche renouvelée de qualité et de naturalité, les acteurs agricoles et les partenaires pyrénéens de l’agriculture ont engagé depuis 2012 une étude prospective sur le devenir des filières pyrénéennes, support des débats dans l’enceinte universitaire.
Au travers de deux ateliers, quels leviers d’acteurs autour d’enjeux partagés pour améliorer la dimension économique des filières agricoles et quelles politiques publiques pour accompagner le développement de filières pyrénéennes, des échanges nourris se sont établis, avant la restitution finale entre acteurs du monde agricole (agriculteurs, coopératives, institutionnels, etc.).
Pour chacun, il apparaît nécessaire de saisir les opportunités ouvertes par le nouveau cadre européen et ses déclinaisons nationales et par la réforme des collectivités territoriales.
Sous l’angle d’une meilleure approche agriculteur, projet, territoire, un certain nombre d’enjeux majeurs sont sous-tendus au travers de cette réflexion.
Améliorer la production, plus particulièrement la compétitivité via un soutien à l’innovation pour anticiper les évolutions à venir, tout en valorisant la qualité au travers notamment de signes officiels de qualité, sont deux axes majeurs pressentis pour augmenter les retombées économiques sur les revenus des agriculteurs, mais également à l’échelle locale, le territoire comme le massif.
Conforter l’emploi dans le domaine agricole étant l’une des pierres angulaires d’un renouveau du développement des activités en circuits courts, comme en circuits longs.
De l’agriculteur porteur de projet, jusqu’à l’Europe: trouver la bonne gouvernanceUne multitude d’acteurs institutionnels, comme un nombre croissants d’outils, d’aides et de dispositifs existent de l’échelon local jusqu’au niveau européen. Trouver la meilleure courroie de transmission possible, entre l’agriculteur et ces différents interfaces et dispositifs reste l’un des enjeux de cette réflexion. Une nouvelle forme de gouvernance pour rendre plus lisible et cohérent l’accompagnement d’un agriculteur tout au long de la chaîne et si possible dès l’amont d’un projet, quel qu’il soit.
Dégager des filières d’excellence, structurées, avec comme clé d’entrée la qualité et la spécificité «un réel savoir-faire pyrénéen», au cœur d’innovations accompagnées, au plus près du terrain, demande à définir de nouveaux outils, une ingénierie appropriée.
«On doit partager les ambitions portées par un territoire, dira Jean-Michel Anxolabehere, et trouver la meilleure articulation, y compris dans l’intersectoriel, pour utiliser au mieux les fonds d’aides existants (FEDER, FEADER, FSE sans oublier les dispositifs régionaux ou départementaux)»
«L’important, complètera Marie-Christine Fanget de la DRAF Midi-Pyrénées, c’est d’afficher un bon projet. Derrière les politiques publiques et les aides s’adapteront et pourront être mobilisées»
«D'où, poursuit-elle, l’importance en cette phase d’écriture et de négociations des programmes au niveau du Massif comme de l’état ou de l’Europe, qu’on définisse les bons outils d’accompagnement des projets émergents, et la gouvernance pour un bon accompagnement de projets ensuite»
L’Ariège a toute sa place«Ce qui est important dans cette journée de réflexion, c’est comment on va positionner notre agriculture dans les années à venir pour être compétitif et amener de la valeur ajoutée. C’est cette dernière qui favorisera l’emploi et plus largement la vie sur le massif. Ce challenge englobe les productions, la transformation et la commercialisation, celles qui entraînent la vie économique tout court, commente François Toulis, le président de la chambre agricole ariégeoise.
C’est le but des organisations professionnelles telles la chambre de mettre en forme ces outils et de soutenir le développement de ces circuits et de cette organisation. Le but est que les éleveurs puissent vivre de leur outil de production.
L’Ariège a toute sa place dans ce vaste ensemble de massif. A nous de travailler pour positionner la diversité de nos agriculteurs et de leur complémentarité, renchérit François Toulis. On pense souvent aux deux grandes espèces bovines et ovines mais il y a aussi des activités de diversification sur du porc, des légumes, de la volaille qui peuvent être produites et développées»
En bout de chaîne, l’agriculteur peut rapidement se noyer face à la diversité des intervenants, des programmes et outils d’aides existants. Rendre plus simple et plus lisible ces dispositifs, outre un accompagnement optimisé, s’avère donc aussi l’un des enjeux du développement de filières agricoles structurées à l’avenir.
En ce sens, l’innovation dans l’amélioration des échanges et partenariats entre ces différents acteurs (collectivités, organisation socio-professionnelles et agriculteurs) peut intervenir la aussi au sein d’une nouvelle forme de gouvernance.
«Ce n’est pas les uns qui décident pour les autres, traduit le président de l’ACAP, il s’agit de mieux travailler ensemble. C’est avec les ingrédients dont nous disposons qu’il faut faire la cuisine». Des propos que Mme Fanget corrobore: «que les Pyrénéens se prennent en main»
Ne reste plus qu’à souhaiter que les prochaines conventions de massif débouchent sur des mets de qualité, valorisant les spécificités pyrénéennes et au travers elles ariégeoises.
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