Contrats de Ville en Ariège: «une chance pour les territoires ruraux»

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Ce vendredi lors de sa visite officielle, Manuel Valls est venu apposer sa signature sur les contrats de ville de Foix, Saint-Girons et Pamiers. Un geste fort rappelant l’engagement du gouvernement pour la politique de la ville, mais aussi pour les territoires ruraux.

Au terme de longs mois de concertation et de travail, les élus concernés avouent d’un commun accord qu’il s’agit d’une réelle opportunité.

À quelques heures de cette cérémonie un peu protocolaire, nous avons recueilli leurs impressions et les messages qu’ils souhaitent délivrer au Premier ministre en visite dans le département.

Norbert Meler maire de Foix et président de la communauté de communes du Pays de Foix: «c’est un espoir pour inverser la tendance, en particulier pour le centre-bourg et le centre ancien qui s’est beaucoup dégradé au niveau des logements.

Des idées nous en avons depuis longtemps, il nous manquait un levier financier pour les mettre en œuvre.

Avec le contrat de ville, l’engagement de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) et les crédits qui seront générés nous avons bon espoir de pouvoir à présent prendre en charge quelques îlots pour que l’habitat ne soit plus indigne, que l’on puisse continuer à restaurer les espaces publics pour que la vie soit plus agréable pour les habitants de ces quartiers, que les commerçants, artisans retrouvent un nouveau souffle à travers leurs activités
».

Le maire socialiste de la cité comtale adresse un message constructif à Manuel Valls à travers ce dossier et à travers lui il compte remercier le gouvernement: «c’est la première fois qu’un gouvernement, s’agissant de rénovation urbaine, d’espace public, s’intéresse au secteur rural.

C’est important pour les réalisations, mais aussi pour la reconnaissance faite aux populations et aux conseillers municipaux qui irriguent le territoire et sont finalement le maillage de la République en France
».

André Trigano, maire de Pamiers et président de la communauté de communes, ravi que Manuel Valls choisisse de visiter une des plus belles entreprises de son territoire.

«Nous avons beaucoup travaillé, indique le premier magistrat en poussant sur son bureau un pavé de 800 pages: «si ce contrat est accompagné par des fonds (on annonce 5 milliards d’euros) il est évident que cela va nous aider à accélérer l’aménagement de la ville qui était déjà commencé et qui aurait été poursuivi dans nos projets, car ce contrat de ville se rapproche beaucoup de notre dernier programme électoral.

Il va probablement nous permettre de faire vivre plus rapidement le centre-ville... c’est bien pour Pamiers et les Appaméens
».

Quant à la visite des établissements Maestria, André Trigano qui a beaucoup fait pour l’économie de son territoire, précise: «il y a effectivement sur le bassin des portes d’Ariège beaucoup d’entreprises très performantes, mais aussi un très beau tissu de petites entreprises.

J’espère qu’un jour un ministre de ce gouvernement viendra se pencher sur toutes ces petites entreprises en difficulté. Pour faire le rapprochement avec la visite de Manuel Valls, pourquoi ne pas parler de chômage. Ici nous avons beaucoup d’entreprises du bâtiment qui souffrent du manque de commandes.

Dans le cadre de ce projet de ville, nous avons de gros projets, les dossiers sont prêts, les fonds de la Caisse des Dépôts sont historiquement bas, le gouvernement doit faciliter les demandes administratives au lieu d’attendre un an ou plus avant de lancer les travaux.

Si nous mettons 10 M€ sur le marché en 2016-2017 je vous assure que cela va créer de l’emploi et relancer l’économie... en tout cas je ne manquerai pas de le dire au Premier ministre : accélérons l’administration faisons du concret. Je crois que dans la vie à un moment donné il faut arrêter de penser, il faut réaliser !
»

Un avis partagé par François Murillo, maire de Saint-Girons, président de la communauté de communes de l’agglomération de Saint-Girons pour qui  le temps de la réflexion est terminé, le temps de l’action commence.

D’emblée l’élu affiche son intention de transformer ce travail réalisé avec des équipes pluridisciplinaires et de le transformer «en réalité concrète». Il prévient ses partenaires qu’il va dès la semaine prochaine s’adresser à eux afin de poursuivre le travail amorcé.

«Évidemment il nous faudra des moyens en complément des nôtres. Évidemment nous aurons besoin de l’aide de tous nos partenaires signataires de ce contrat qui représente pour Saint-Girons et le Couserans un véritable projet de société».

Avant de poursuivre, s’adressant au Premier ministre: «mon souhait c’est qu’il vous soit possible dans quelques années de revenir à Saint-Girons pour constater de visu les résultats de la politique que nous allons impulser ensemble pour le progrès et la réduction des inégalités».

La signature de ce contrat de ville représente un véritable espoir pour ces territoires et une réelle opportunité pour le département de l’Ariège.

Même si quelques esprits chagrins distillent leurs craintes concernant l’ANRU qui serait en définitive un effet d’annonce sans enveloppe réellement budgétée… retardant ainsi tous ces beaux projets jusqu’en 2017, et les prochaines élections présidentielles.

Laurence Cabrol | 11/09/2015 - 21:29 | Lu: 19948 fois