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Théâtre de Cuisine en résidence à Foix

© midinews 2014

L’Estive, scène de Foix et de l’Ariège accueille la compagnie du Théâtre de Cuisine en résidence de création d’un spectacle qui sera donné l’été prochain à Mirepoix dans le cadre du festival Mima.

Cette compagnie marseillaise est née dans les années 80, à la fin des Trente Glorieuses et au début de l’envahissement des objets au théâtre. Le théâtre d’objet naît à ce moment-là avec plusieurs compagnies en France et en Italie: Manarf, Bricciole, Piccoli Princip…
Le petit théâtre a les mêmes droits que le grandLe premier spectacle de Christian Carrignon et Katy Deville, les fondateurs du Théâtre de Cuisine, tient dans une valise et fait le tour du monde, d’où l’idée de donner son nom à la compagnie.

Ils bricolent, à partir d’objets manufacturés et reconnaissables par tous, des hypothèses de vie. Le terme «théâtre d’objet» fut prononcé la première fois par Katy Deville. «Un autre nom pour un autre rapport à la pratique théâtrale. Un théâtre autant libéré de la toute puissance du texte que débarrassé des contraintes imposées par les conventions de la marionnette»

Influencés par le cinéma de quartier de leur enfance, ils reprennent le vocabulaire du cinéma pour l’appliquer au théâtre.

Le casting est impitoyable: «Un objet bon à faire du théâtre, se tient dans la main, manufacturé à des milliers d’exemplaires, souvent made in China, pas cher, des fois abîmé. On le reconnait parce qu’on l’a tous eu chez nous. Il porte ses fêlures, il porte un peu de mémoire. Il parle des petites gens. De grands ancêtres l’ont déjà évoqué dans leurs domaines: Duchamp, Bachelard, Perec…»

La petitesse des objets permet de faire apparaitre l’immensité de la table de cuisine. «Les objets sauvés de la poubelle sont les ruines de notre société, ils portent une mythologie familiale» Pour le Théâtre de Cuisine ils sont bons à inventer une nouvelle histoire en se souvenant confusément de l’autre!

«Ces objets qui racontent l’infra-ordinaire, sont des boîtes à fabriquer des épopées et ces spectacles sont autant d’envies de prouver que nous pouvons imaginer le monde» Ils revisitent l’Histoire, ses mythes et ses légendes, convoquent Jules Verne, Christophe Colomb, Barbe Bleue, Robinson Crusoé, Le Petit Poucet et Macbeth.
Macbeth revisitée par la Compagnie Théâtre de CuisineJe serai Macbeth ou le désir de Christian Carrignon de rejouer la tragédie shakespearienne en quelques scènes de Théâtre d’objet.

Pourquoi ce choix?: «Quand j’avais 12 ans, j’ai vu Macbeth au TNP. Mais j’étais tellement loin que je voyais la scène comme un grand château fort de gamin, et les comédiens comme des chevaliers en plastique coloré… j’ai appris beaucoup plus tard que j’avais vu Jean Vilar en vrai!

C’était très beau mais je n’ai rien compris, je ne me sentais pas à ma place parmi tous ces gens qui avaient l’air d’apprécier. J’étais un imposteur. Et si j’étais toujours cet imposteur?  Et si le petit théâtre avait les capacités de foutre la trouille au grand?
»

Sur la table de cuisine, la maquette permet de situer l’époque, celle des chevaliers. Le piétinement des sabots des chevaux se fait entendre. La lumière baisse et c’est sur un jeu d’ombres chinoises que se dessinent en font de décor la scène de cavaliers qui traversent une forêt. Christian Carrignon avec la complicité de Paolo Cafiero nous fait rentrer dans l’histoire du roi d’Ecosse… les intrigues, l’ambition, les crimes et les passions… tous les ingrédients sont là et bien au-delà.

Je serai Macbeth
Théâtre de cuisine
sortie de résidence lundi 5 mai à 18h entrée libre
La sortie de résidence sera suivie d’un temps d’échange autour d’un verre avec l’équipe artistique
inscriptions indispensables au 05.61.05.05.55 / 05.61.05.05.58
www.lestive.com

Laurence Cabrol | 30/04/2014 - 18:28 | Lu: 9202 fois