accueil  |  ariège   |  france

Pamiers: exposition des oeuvres de György Litkey (1907-1975)

MM. Renée Litkey et M. Despothuis devant une oeuvre de l'artiste.
© midinews 2014

«La Liberté en Couleurs»

«Enfant, György, est attiré par le dessin, la peinture, mais il n’est pas autorisé par ses parents à s’exprimer quand il le veut. Devant sa détermination et sa volonté de revenir en permanence vers la création, ses parents acceptent qu’il puisse réaliser sa passion. Mais il y a des conditions: faire des études, faire les beaux-arts»

Renée Litkey, sa belle-fille, elle a épousé son fils ainé, parle avec respect et émotion de ce peintre hongrois. Elle déroule, avec précision, le film de la vie de cet artiste qui n’a jamais voulu peintre pour le régime totalitaire de son pays.

Renée Litkey explique: «Au début de sa carrière, il dirige des écoles, organise, l’été, des stages de peintures, au lac «Balaton» Il continue de peindre lui-même: son œuvre de jeunesse est classée comme «Figuratif» Il peint la vie des gens, des campagnes, il va de villages en villages.

Cette période est aujourd’hui comme un véritable témoignage d’une Hongrie appartenant à un autre siècle. Très vite il fut remarqué par de grands peintres il est demandé dans de nombreux pays, afin de pouvoir exposer ses tableaux; mais le pouvoir en place lui interdit toutes sorties du pays. Les capitales, telle Paris devront attendre, György Litkey, lui devra espérer
»

1963, l’année où il pourra effectuer son premier voyage. Il se rend en Belgique, la patrie de Renée, sa belle-fille, pour être présent à une exposition qui lui est consacrée. Mais il voyage seul, son épouse n’a pas l’autorisation de le suivre.

Renée Litkey témoigne: «Sa quête essentielle, c’est que l’on lui procure des toiles et de la peinture à volonté, tout ce dont il manque dans son pays. Il a pu revenir en Belgique, une fois par an, toujours seul, aussi il en profite pour peindre. Mon mari, qui est architecte, lui a construit et installé un atelier dans la maison que nous habitons, il ne sortait jamais, oubliant même de venir manger!

En 1970 il est invité aux Etats-Unis d’Amérique, par son frère qui est installé là-bas; il s’y rend, cette fois accompagné par son épouse. Il travaille et peint avec des étudiants. Ensuite il voyagera en Italie, en Allemagne, en France. Entre 1965 et 1975, il produira une quantité impressionnante d’œuvres. Aujourd’hui, il est impossible de recenser l’ensemble des tableaux, tellement ils sont nombreux et dispersés dans le monde.

Au fil du temps, son style a évolué, de tableaux aux sujets légers, il passe par les écoles du
«Cubisme», du «Moderne», du «Contemporain» C’est un éclatement de spiritualité, de couleurs, d’où se dégage la femme, le couple, l’amour, l’harmonie de la vie»

Daniel Despothuis, qui exposera ses œuvres, ici même le mois prochain, parle de György Litkey:

«Ce n’est pas sa technique qui déroute, lors de la découverte de son œuvre, celle-ci est de bonne facture, riche, maîtrisée. Non, ce qui déroute c’est tout d’abord la profusion de couleurs. Vient, ensuite, les tracés, les dessins, les circonvolutions, qui donnent un rythme effréné au tableau, semblable à une partition de l’un de ses compatriotes: Béla Bartók. S’il fut longtemps un peintre moderne, il est aussi un contemporain qui n’a jamais renié l’importance et la nécessité de la peinture: en cela il est intemporel!»

Une promenade, une évasion, dans les lumières irisées de la créativité débordante d’un peintre libre, dans sa tête, qui ne s’est jamais laissé récupérer par personne.

L’exposition de «György Litkey», voilà ce que propose la galerie «Les Carmes Art Contemporain», 19 rue des Carmes à Pamiers, du 30 avril au 31 mai 2014.

Pat Chaddy | 05/05/2014 - 19:43 | Lu: 7900 fois