L'Estive: cirque «Mazut» par la compagnie Baro d'Evel le 13 mai
Revendiquant son identité franco-catalane, Baro d’Evel élabore son travail dans des formes puisées aux mystères de l’art naïf, de l’art des fous ou des graffitis de rue: l’influence du plasticien catalan Tapiès n’est pas loin!
Parce que l’humanité les dépasse, parce qu’ils ont perdu leur instinct, parce que le monde va trop vite, deux êtres partent à la recherche de leur animal intérieur, à la recherche d’un cheval mythique ou réel.
Mazùt, est une plongée dans le bruissement de la matière, un embarquement dans les vibrations du monde. Eau, papier, peinture ont une place centrale dans ce spectacle. Il est question de la femme et de l’homme à la surface d’une planète où la matière et les corps jouent comme des caisses de résonance, comme des toiles à peindre… Cette poésie est en partie générée par une technologie — développée pour l’occasion par Thomas Pachoud — qui disparaît derrière l’acte artistique et le magnifie.
Cette création réunit danse, acrobatie, musique, voix, peinture pour donner à voir l’étrange solidité du déséquilibre et rendre perceptible la métamorphose (Mazùt signifie transformation en grec et en russe). À partir de rythmes, d’acrobaties étonnantes et d’un goût immodéré pour la poésie, cette jeune équipe défriche le monde autrement et nous ramène au premier souffle, point de départ d’un être qui respire et regarde le monde.
Spectacle quasi picaresque, Mazùt creuse les endroits de passage entre l’homme et la bête, entre l’homme et le cheval. Ces poètes du mouvement aiment à répéter à l’envi qu’ils vont «chercher à lâcher les chevaux que nous sommes»: le spectacle est somptueux!
Mazùt pousse comme une obsession à libérer le corps afin de le laisser prendre le pouvoir.
Cet engagement charnel se déploie dans un univers sonore où voix et rythme installent une véritable musicalité. Dans un espace transformé par la matière, parmi le déferlement de formes picturales, cette partition sonore et corporelle laisse ressurgir les bouillonnements intérieurs du corps en action, ses fragiles démesures...
À l’origine de la compagnie garonnaise Baro d’evel, le mouvement et le son sont rois - signe qu’il y aurait aujourd’hui, au sein des visions circassiennes, des territoires imaginaires autrement défrichés par les surréalistes, leur goût immodéré pour la poésie, «explosante fixe», les rythmes discordants, le merveilleux où qu’il se trouve et l’ardeur à défricher autrement le monde. C’est à ce signe que l’on reconnaîtra la fougue de Mazút.
Mardi 13 mai à 20h45 à l’Estive de Foix
Renseignements et réservations:
05.61.05.05.55 / [email protected] / www.lestive.com
Source: l'Estive, Scène Nationale de Foix et de l'Ariège
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