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Voeux au monde rural: la version des élus socialistes ariégeois avant celle de Nicolas Sarkozy
16/01/2012 | 12:01
© MidiNews 2012

La définition des «vœux au monde rural» est finalement quelque chose d’assez subjectif... Un concept qui peut changer de contenu et de couleur politique en l’espace de quelques heures.

Demain, c’est le président de la république Nicolas Sarkozy qui fait une visite éclair en basse-Ariège aux côtés de ses ministres Bruno Lemaire (de l’agriculture) et Philippe Richert (chargé des collectivités territoriales).

On ne sait pas encore ce qu’il a à dire au sujet du monde rural. Mais les élus socialistes sont déjà prêts à dégainer une rafale d’arguments au sujet du bilan de son quinquennat. Aussi ont-ils choisi d’anticiper son arrivée.

Ce lundi, Augustin Bonrepaux (président du Conseil général de l’Ariège), aux côtés des parlementaires (Henri Nayrou et Frédérique Massat), du président du Sénat (Jean-Pierre Bel), et de nombreux élus ariégeois et représentants du monde agricole, a lui aussi présenté ses vœux au monde rural.


Directement dans le vif du sujet, au cœur de l’exploitation laitière de «La Barraque» aux Pujols, sous le regard circonspect de 60 brunes des Alpes.

Pas question pour une pointure socialiste comme l’Ariège de laisser passer une visite présidentielle sans réagir, à quelques mois des élections.

«Nous ne savons pas si c’est le candidat ou le président qui vient !» ironise Augustin Bonrepaux (président socialiste du Conseil général), «si c’est le président, on peut se demander s’il va faire en trois mois ce qu’il n’a pas fait pendant 5 ans !»

Si c’est le candidat, «il faut reconnaitre que son bilan pour le monde rural est calamiteux !»

«Calamiteux» est aussi le bilan dressé par la députée de l’Ariège Frédérique Massat, «la France a perdu le rang de première puissance agricole au profit de l’Allemagne.

Le revenu des agriculteurs a chuté. Le nombre d’exploitations a baissé de 25%. De plus en plus d’agriculteurs sont obligés de s’inscrire au RSA
»

Henri Nayrou (député de l’Ariège) résume la pensée ambiante, «il devrait plutôt dire: je suis là pour présenter mes voeux et mes condoléances aux départements»

Réforme des collectivités locales, bouclier fiscal, recul des services publics, nombreuses sont les réformes que les élus ariégeois n’ont pas avalé, «je suis scandalisé que le président ne se rende pas compte que les départements assurent la solidarité et donc maintiennent la paix sociale !» tempête le président du Conseil général.

Tous pointent du doigt des propositions pour l’avenir «inquiétantes», «la réforme territoriale va faire disparaître la représentation du monde rural dans les assemblées départementales ou régionales.

Quant à sa proposition de s’inspirer de l’Etat pour réduire le personnel des collectivités territoriales, si on supprimait un agent sur deux: comment fait-on fonctionner le service des routes quand il neige? Quand il faut faucher? Comment assure-t-on la restauration au collège ?!
»

Alors de quoi a-t-il besoin ce milieu rural sous le feu des projecteurs pendant quelques heures? «D’agriculteurs mieux aidés» répond la députée, «mais il a aussi besoin de services publics.

Les propos de Bruno Lemaire expliquant que dans le milieu rural, on ne pouvait pas avoir le même niveau de service public que dans les métropoles sont inadmissibles. Ce sont des moyens qu’il faut ré-ancrer dans le territoire
»

La solution? «Une politique nationale de solidarité qui malheureusement fait défaut. Il faut faire des choix politiques et des choix budgétaires»

Et la conclusion est unanime. Pour éviter un «dépérissement du monde rural» se plait à conclure Augustin Bonrepaux, «il faut qu’il y ait un changement au mois de mai prochain»

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 16/01/2012 | 12:01 | Lu: 24128 fois