Une fois n’est pas coutume, la CGT s’est mobilisée ce matin pour soutenir un cadre du Syndicat Mixte Départemental de l’Eau et de l’Assainissement (SMDEA) convoqué à un entretien préalable en vue de son licenciement.
Que reproche-t-on à Patrick Cauhapé, cadre A, responsable de la logistique, de la centrale d’achat, du parc mobilier roulant, d’une partie de l’informatique et de la mise en sécurité des sites?
Tout simplement ses absences répétées pour cause de santé (11 mois sur les 18 derniers), «des absences préjudiciables au bon fonctionnement du service» qui s’avèrent aujourd’hui être le fondement de son motif de licenciement.
Pour la CGT, on ne peut pas reprocher à un salarié d’être malade, encore moins lui reprocher la désorganisation d’un service à cause de cette absence involontaire et ne pas avoir pourvu à son remplacement durant cette absence avec par exemple le recrutement d’un CDD.
«Plus encore au-delà de l’étude du fond de ce dossier c’est un cas d’espèce qu’il faut appréhender au plan juridique et humain» pour la CGT.
Et en cela Christophe Couderc, secrétaire départemental CGT, en appelle à l’esprit de responsabilité et à la clémence d’Augustin Bonrepaux, président du SMDEA, en rappelant que lors de la constitution de ce syndicat mixte à double statut (privé et public) «il était convenu d’aligner les salariés de droit privé sur les statuts de ceux de la fonction publique territoriale. Aujourd’hui il est important que cela soit fait»
«Je veux bien qu’il ne soit pas aisé de remplacer quelqu’un de son niveau mais on ne peut lui reprocher la désorganisation du service à cause d’une absence pour cause de maladie (il souffre de problèmes cardiaques, de problèmes de dos et vient de se faire opérer du genou), tempête Xavier Pinho-Teixeira, délégué syndical au SMDEA.
Dans certains cas, la loi prévoit en cas de longue maladie un licenciement mais ce n’est pas obligatoire.
La décision n’est pas prise, on espère tous que le licenciement ne sera pas prononcé car c’est la porte ouverte à d’autres licenciements pour la même raison […] nous ne cautionnons pas les agissements de la direction»
Pour Patrick Cauhapé, marchant avec une béquille, la décision est injuste: «on me reproche à travers cette absence un service à l’abandon, mais depuis le 29 juin 2011 personne ne m’a remplacé.
J’ai rédigé des procédures qui, appliquées correctement, permettent de continuer […] mais peut être y a-t-il d’autres causes en filigrane, notamment le fait de se présenter à des élections cantonales contre un candidat socialiste, cela ne m’a pas arrangé professionnellement […] Mais je ne peux pas l’affirmer […]
Quant à la chasse aux sorcières évoquée sur les tracts, ce n’est pas exagéré. Pour ma part je souhaite reprendre mon activité le 1er février, j’espère que les tensions seront apaisées»
Pour Augustin Bonrepaux, président du SMDEA, il faut s’en tenir aux faits: «compte tenu des fonctions de Patrick Cauhapé qui correspondent au grade d’ingénieur principal, son absence cause un grave préjudice au syndicat.
Les services sous sa responsabilité signalent des dysfonctionnements: équipement de protection non distribué (c’est la sécurité des agents qui est mise directement en cause), stocks non informatisés, ce qui nous empêche de clôturer les comptes administratifs, marchés publics ou entretien des véhicules qui ne sont plus suivis, etc.
Ce n’est pas la maladie de M. Cauhapé qui est remise en cause, ni sa compétence, c’est le fait de son absence qui cause un préjudice important pour la sécurité.
Nous avons essayé de le faire remplacer en faisant en sorte d’impliquer davantage le directeur et les agents mais les perturbations sont graves et il est difficile de remplacer un cadre par un contrat à durée déterminée […] c’est pour cela que j’envisage son licenciement […]
Si je prends ma décision la semaine prochaine, il ne sera pas là le premier février.
Il n’y a pas de chasse aux sorcières ici. Je ne pense pas que les gens qui sont présents dans cette maison tiennent ce langage»
Parmi les salariés en grève venus apporter leur soutien à Patrick Cauhapé, Benoît Alvarez, conseiller général du canton de Foix Rural: «je ne connais pas tous les tenants et aboutissants de cette affaire dans un département de gauche il faut avoir une attitude de gauche.
Je connais personnellement Patrick Cauhapé, il a participé activement à la création du SMDEA, ce que je peux dire c’est qu’il me paraît anormal de licencier un salarié malade justifiant son absence avec des certificats maladie […]
A quelques semaines d’échéances électorales, au moment où la gauche doit être rassemblée, on est en train de se disperser. On ne peut pas admettre cela, personnellement je soutiens Patrick Cauhapé»
Quoiqu’il en soit, la CGT entend suivre de près l’évolution de la situation: «nous n’accepterons pas le licenciement avec les motifs évoqués ce jour, c’est dans l’intérêt de tous de se défendre […] aujourd’hui si on n’est pas en bonne santé, on risque le licenciement, c’est grave !»
Le syndicat est bien décidé à se faire entendre auprès des Prudhommes et à mobiliser.
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