Contrairement à leurs 2000 confrères mobilisés hier dans les rues de Paris, pour les sapeurs-pompiers professionnels ariégeois, l’heure n’est pas à la polémique.
Ils semblent bien accueillir la réforme de leur statut qui se prépare.
Pour mieux comprendre les enjeux actuels, il faut d’abord revenir dix ans en arrière.
«Nous payons aujourd’hui les frais de la réforme de la filière de 2002, qui a refondé les grades et supprimé des concours (notamment celui de passage des grades de sapeurs ou caporaux à ceux de sergents, au sein de la catégorie C)» explique le major Xavier Stinglhamber, président du Syndicat National des Sapeurs-Pompiers Professionnels (SNSPP), une organisation favorable au nouveau protocole.
«C’est en cela qu’une nouvelle réforme est nécessaire» ajoute-t-il.
Un accès d’office au grade de sergent, avec l’ancienneté, a fait chuter le nombre de caporaux (premiers gradés) dans les casernes. Une mauvaise chose selon le Major Stinglhamber.
«Il n’y a plus assez de caporaux, et pour les différentes interventions (ambulance, incendie, opérations diverses), tout le monde n’est pas fait pour commander» précise-t-il.
Selon lui, «le niveau de sécurité a baissé»
Pour contrer cela, la solution est selon lui prévue par la réforme actuelle: «réinstaurer les concours et les examens professionnels permettra de mieux vérifier les aptitudes et les connaissances techniques»
Autres points positifs défendus par le major Stinglhamber: «la valorisation et la pérennisation de la fonction des caporaux ainsi que la suppression du grade de major (catégorie B)»
En catégorie B, il existe aujourd’hui deux grades: major et lieutenant.
«Certains majors passent aujourd’hui un concours pour devenir lieutenant à l’âge de 55 ans» déplore-t-il, avant d’ajouter: «au bout d’un moment, il faut dire stop»
Pour les 642 sapeurs-pompiers volontaires ariégeois (contre 48 sapeurs-pompiers professionnels), il semble aussi y avoir des raisons de se réjouir.
«Les nouveaux statuts prévoient la titularisation des pompiers volontaires ayant 3 ans d’ancienneté, sans avoir à passer de concours comme auparavant»
Une décision qui permet de «mieux reconnaître leur travail»
Cependant, «le déroulement de carrière ne sera pas le même entre les sapeurs-pompiers volontaires devenus professionnels et les sapeurs-pompiers ayant passé le concours» précise le major Stinglhamber.
Seul point de discorde: la réinstauration du concours pour changer d’échelon.
Au sein de la caserne de Foix, le major avoue que «la perspective de devoir passer un concours pour devenir sergent ne satisfait pas tous les caporaux»
Mais selon ses dires, l’idée fait son chemin, «ils commencent à comprendre que le concours les place sur un pied d’égalité et par cela ils sont plus sûrs de finir leur carrière au minimum adjudant-chef ou lieutenant»
Peu ou prou de réactions hostiles donc parmi les combattants du feu ariégeois.
Les syndicats opposés à la réforme (CGT, CFDT, Sud et la Fédération Autonome) ne sont d’ailleurs pas du tout représentés sur le département.
La SNSPP, que le major Stinglhamber préside, est l’organisation majoritaire en Ariège.
Et il tient à affirmer: «ce n’est pas parce que nous avons collaboré à l’élaboration de cette réforme que nous sommes d’accord avec tout, mais globalement, elle apporte de bonnes choses et c’est pour cela qu’elle est perçue positivement par la majorité des pompiers ariégeois»
Le protocole visant à instaurer la réforme a été signé le 23 septembre dernier entre le Ministère de l’Intérieur et cinq syndicats professionnels ainsi que la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers.
Son application devrait avoir lieu par décret à la fin du premier trimestre 2012.
Pour en savoir plus sur le contenu de la réforme: http://www.pompiers.fr/index.php?id=25870
| Ailleurs en France, la réforme divise… retour sur quelques-unes des mobilisations -A Paris, le 15 février 2012: 1300 pompiers professionnels, selon la police, 2000 selon les syndicats, manifestent contre la réforme. Une cinquantaine d’entre eux s’introduisent dans la cour d’honneur de l’Assemblée Nationale pour faire part de leurs revendications aux députés. Pour les protestataires, la réforme constitue «une régression sociale et un recul social pour les personnels» (Source AFP) -A Albi, le 15 février 2012: Plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers tarnais se rassemblent en centre-ville. Le sergent Julien Durand (syndicat FA) déclare à la Dépêche du Midi: «cette réforme est dure pour nous parce qu'elle impacte énormément la catégorie C, c'est-à-dire le bas de l'échelle. En menant cette action symbolique aujourd'hui, on veut informer la population, leur dire que les pompiers souffrent, qu'on va vers une précarisation de la profession. Le service public risque d'être dégradé» -A Quimper, le 15 février 2012: Une soixantaine de pompiers de Bretagne manifestent, à l’appel de la CGT, devant la préfecture de Quimper. «Le grade d'adjudant, qui équivaut à l'agent de maîtrise principal dans la fonction publique territoriale, sera repoussé de 14 à 21ans» explique Gérald Cozian(CGT) au Télégramme. -A Paris, le 3 novembre 2011: Un mois après la signature du protocole, entre 3200 et 8000 sapeurs-pompiers (selon les sources) se réunissent pour faire part de leur opposition. (Source: Le Nouvel Observateur) |
- Pas de nouveaux lâchers d'ours dans les Pyrénées... dans l'immédiat
- Deux lâchers d'ours supplémentaires dans les Pyrénées, coup de com ou «provocation»?
- Manifestation: après le contrôle du RSA, CAFCA s'attaque au paiement de la taxe d'habitation
- Jean-Pierre Bel aux Ariégeois: «soyons patients et réalistes!»
- «Traire l'Ariège, le journal que l'on veut faire taire»
- Région Midi-Pyrénées: un budget voté dans la douleur
- La déviation d'Ax les Thermes génère une polémique au Conseil Régional Midi-Pyrénées
- Terres d'Ariège: l'apparition d'un site internet usurpant le nom du journal éponyme crée des...
- Crise politique à l'UMP: la droite ariégeoise exaspérée
- Une délégation ariégeoise en visite au parc éolien d'Avignonet Lauragais
- Mirepoix: Augustin Bonrepaux interpellé par les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
- Christian Frémont à la CCIT de l'Ariège: réforme de l'Etat ou scénario à la grecque?

fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





