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Assises de l'Ariège: condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour le viol de sa belle fille

Guy Dedieu, avocat de la défense à la Cour d'Assises de Foix

6 hommes formant le jury de cette cour d'assises, ont condamné cet après-midi D.R à 12 ans de réclusion criminelle pour le viol de sa belle fille.
L'agressionAlors que la victime âgée de 15 ans, passait ses vacances chez sa mère en base Ariège, un soir d'avril 2012, enfermée dans l'appartement familial, elle appelait son beau père pour qu'il vienne lui ouvrir la porte.

L’homme, jusqu’à là, n’avait jamais eu de gestes, ni même de regards déplacés, «envers celle qu'il considérait comme sa belle fille»

Mais ce soir là, ivre, il a abusé d'elle après l’avoir menacée de mort, et l’avoir plaquée sur le canapé convertible où elle devait passer la nuit. Sa mère, dont il venait de se séparer le jour même, s’était absentée pour passer la soirée avec des amis, ne revenant qu’au petit matin.

Après s’être livré aux gendarmes, DR avouait les faits lors de sa garde à vue.

Deux ans après, c'est à huis clos que la jeune fille a témoigné «avec dignité et maturité», du calvaire vécu cette nuit là, de la souffrance provoquée, souffrance qui perdure encore aujourd'hui. Avec sobriété, son avocate, Me Martin a parlé de cette souffrance, et des difficultés de sa cliente.

Au Ministère public, Olivier Caractoch a requis ce matin 12 ans de réclusion criminelle et 10 ans de suivi socio-judiciaire pour «la gravité des faits et pour homme déjà condamné par les assises pour des coups mortels en 1994»

L'avocat général a salué le témoignage de la jeune X, «ayant fait preuve de maturité et de dignité, un moment rare, car il est rare à 17 ans de dire j'ai de la haine, de la colère mais je ne veux pas interférer, juste porter mon témoignage»

Ces propos ont été relayés par Me Dedieu, avocat du prévenu. «Père, fils, citoyen, ce que je peux ressentir d'indignation, je le porte vers X. Cette jeune fille a déposé avec dignité»Un parcours infantile assez terrifiant, une enfance cabosséeDans son box, l’accusé s'est peu livré durant les deux jours de son procès. Dans une plaidoirie où le fil conducteur portait sur la «misère affective» de D.R, Me Dedieu est revenu sur une vie erratique.

Placé à trois ans à la DDASS, une mère alcoolique, un père violent «il n'a pas bien poussé, n'a pas eu d'enfance» A 18 ans «on le retrouve alcoolisé, vivant dans la rue où il rejoint sa mère dans un squat» Après avoir retrouvé sa mère, il a été condamné à six ans pour coups et blessures volontaires.

«L'enfance cabossée n'excuse rien, mais peut permettre de comprendre» souligne l'avocat, «tendant la main» au jury.

Avec pédagogie, calme et humanisme, Me Dedieu a parlé de son client.

«Failles et carences, incapacité à vouloir être heureux pour celui qui fait partie de ces ombres que l'on trouves sous un porche et à qui l'on tend la pièce»

S'adressant aux 6 jurés: «tout cela vous devrez le prendre en considération» La mère de X «a tendu la main, elle en a fait son amant, l'homme de sa vie. Tous deux ont un patrimoine commun: l'alcool» a poursuivi l'avocat, soulignant «même si c'est difficile de le regarder en face il a reconnu sa culpabilité. Il sait le mal qu'il a fait, il le verbalise. Ses excuses et son pardon ont été rappelés par le psychiatre»

Au terme de sa plaidoirie Guy Dedieu a sollicité du jury «de s'abstraire de ce qui pourrait être de l'ordre de la vengeance privée, pour réfléchir différemment», et de citer un poème de Kipling «tu seras un homme mon fils» L'avocat de la défense espérant «un petit supplément d'âme faisant le supplément de l'homme»

En leur âme et conscience, les 6 jurés ont reconnu D.R coupable des trois chefs d'accusation sur lesquels ils devaient se prononcer: viol, autorité de droit au moment de l'agression et en état d'ivresse manifeste.

D.R a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle et 10 ans de suivi socio-judiciaire, le jury ayant suivi les réquisitions d'Olivier Caracotch.

NR | 18/02/2014 - 19:22 | Lu: 19559 fois