Assises de l'Ariège: le procès du prédateur sexuel s'est ouvert ce matin à Foix
Me Peretto et Me Derieux, avocats de la défense à la Cour d'Assises de Foix© midinews 2014
Le procès de Frédéric s’est ouvert ce matin aux assises de Foix.
Père de famille, cet homme de 29 ans est accusé de viol, de tentative de viol et coups et blessures volontaires. Trois chefs d’inculpation pour lesquels il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle (pour le viol - 7 pour agression sexuelle).
Dans un «souci de pédagogie et de vérité», ses victimes ont décidé de témoigner face au public et de dévoiler leurs identités.Des agressions traumatisantes en CouseransEn 2011, un prédateur sexuel sévissait en Couserans. Cette série d’agressions avait débuté lors de la soirée du réveillon de la Saint-Sylvestre.
Une adolescente, qui se trouvait seule dans une rue isolée de Saint-Lizier, avait réussi à mettre en fuite son agresseur en appelant au secours. Le 31 mars, une étudiante américaine de 24 ans, assistante en langue étrangère au lycée du Couserans, était agressée alors qu'elle regagnait son domicile par les berges du Salat.
Un homme se jetait sur elle par derrière, puis la frappait très violemment au visage. La jeune femme se jetait dans le Salat pour échapper à son agresseur. Son agresseur l’a sortait alors de la rivière et lui assénait plusieurs coups de poing au visage.
Assommée par la violence des coups, Marissa parvenait à s’enfuir peu après. L'agresseur aurait été mis en fuite par du bruit aux alentours. Souffrant d'un trauma crânien, la jeune fille devait être évacuée sur Toulouse.
«Sous la violence des coups, son visage était méconnaissable» dira le Ltd Verdou qui le premier a fait la relation entre l'agression de Léa et le mode opératoire similaire. Un homme qui frappe la nuit, par derrière, et dont le visage est dissimulé.
Le 5 juillet vers 22h, Charlotte 16 ans, rentrait chez elle quand un homme se jetait sur elle et la frappait violement au visage. Sonnée, la jeune fille était déshabillée, puis violée. La violence des coups portés a été telle, que ses parents ne l’ont pas reconnue quand elle a été admise au CHAC. De nombreux traumatismes et lésions étaient relevés sur son corps martyrisé.
Interpellé le 5 août grâce à son ADN, le prévenu avouait aux enquêteurs avoir repéré des jeunes filles «mais sans idée de les agresser» Il a d'abord nié les faits, avant de «consentir à parler suite à nos mentions concernant son ADN retrouvé sur les vêtements des jeunes filles».
Pour l'adjudant chef Boer, qui est intervenu sur la 3ème affaire, «ce garçon paraissait sincère, et très intelligent»
L’accusé est aujourd’hui encore incapable d’expliquer les agressions commises, il ne se rappelle plus. Amnésie, perte de mémoire, ou blocage, le procès devrait nous en apprendre davantage sur cet homme accusé de viol sur Charlotte et de tentative de viol sur Marissa.Mon fils ne ressemble en rien à un monstreAujourd’hui, ses anciennes amies et son ex compagne, mère de son petit garçon ont comparu.
Toutes dressent le portrait d’un homme gentil, prévenant, charmant et charmeur. L'homme et sa famille étant jusqu'alors unanimement appréciés en Couserans où son arrestation aurait provoqué étonnement et consternation.
L'une d'entre elles, a néanmoins souligné que Frédéric «aurait deux facettes; franc, honnête, il savait jouer et tromper les gens»
L'accusé entretenait une liaison avec cette dernière durant la grossesse de sa compagne. Cette grossesse semble avoir joué un rôle dans l'enchainement des évènements. L'ex compagne expliquant «j'ai vu qu'il n'était plus là, il a lâché»
Anne rajoutant «il était excessif, mais n'a jamais été violent même dans les disputes»
Il ressort des divers témoignages que Frédéric aurait eu un bel appétit sexuel, mais sans contrainte, ni violence. Cité par la défense, Jean Marie, ancien gendarme et maire de son village, est venu apporter son soutien à l'accusé:
«J'ai toujours aimé Frédéric, je l'aime toujours, et je serai là à sa sortie de prison» Aucun de ces témoins ne comprend «ce qu'il a pu se passer» Me Catala, avocat de Charlotte, intervenant alors pour: «rappeler aux uns et aux autres que ma cliente a eu la tête fracassée»
Quant à la mère de Frédéric, c'est en larmes qu'elle affirme «mon fils ne ressemble en rien à un monstre, c'est un garçon sensible» La mère est revenue sur l'enfance de son fils en bute à la violence du père.
Un père «infidèle, violent, et au tempérament explosif dont Frédéric aurait bien souvent fait les frais» contrairement à ses deux frères. Pour la maman, «les valeurs» de son fils «auraient été faussées par le père qu'il idéalisait»
Selon elle, «l'arrivée du petit lui aurait fait perdre pied» La mère assume les agressions commises: «ce sont les parents qui fondent un être»; avant de regagner le banc du public, elle a demandé pardon aux victimes, à leur famille et à son fils, l'assurant de son amour.
Bien que non prévu dans la liste des témoins, le père a témoigné dans l'après-midi, Me Catala soulignant «la partie civile ne peut accepter une thèse selon laquelle celui-ci a souffert une enfance souffreteuse» Le père a confirmé les dires de sa femme, demandant pardon à son fils: «j'aurais du prendre plus de temps pour l'écouter»Un prévenu retenu dans son comportement, peu loquaceDans son box, Frédéric épaules voutées, regard baissé, ne manifeste que peu ses sentiments, mais affirme: «je ne vais pas laisser passer l'orage, me retrancher. J'ai un milliard de choses à dire, mais ce n'est pas facile»
Et en effet, ce n'est pas facile, car le jeune homme ne livre pas grand chose. Les éléments factuels de sa vie ont été étudiés, dont sa consommation d'alcool, d'herbe ou occasionnellement de cocaïne et autres drogues dures.
Il a expliqué que l'alcool était un réflexe afin de ne pas aller au fond des choses, et dit regretter «le peu de contrôle sur la grossesse de sa compagne, notre couple était déjà mort, ce qu'il me restait c'était mon gosse» De la grossesse aurait découlé la surconsommation d'alcool et la fuite dans le travail.Dignité et courage des victimesLéa, la première victime est venue témoigner bien que Frédéric ait déjà été jugé pour ces faits de violence; il a écopé d'un mois ferme au tribunal correctionnel. La jeune femme a raconté les coups, l'agression. Aujourd'hui encore, elle est anxieuse, angoissée et ne peut sortir seule le soir.
L'accusé quant à lui, ne se souvient pas des coups. Dans la salle on s'interroge: système de défense, réelle amnésie ou faux-semblant?
Mais c'est au tour de Marissa de venir témoigner. Une épreuve pour la jeune femme qui a relaté dans les détails l'agression dont elle a été victime.
Alors qu'elle rentrait chez elle, un homme l'a attrapé par derrière; «il a mis ses mains sur ma bouche, je n'ai pas pu crier... j'ai pensé mourir»
Marissa raconte alors une scène de violence inouïe, des insultes, les menaces de mort.
Courageuse, et ne lâchant rien, elle tentait alors de dialoguer avec lui, le suppliant d'arrêter. Un bruit proche aurait inquiété l'agresseur qui l'aurait enfin relâchée. Marissa en est convaincue, sans ce bruit, «il ne se serait pas arrêté»
Demain le procès reprendra avec en matinée le témoignage de Charlotte.
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