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Tribunal correctionnel: alors qu'il dénonce sa «galère», il écope d'une peine mixte pour sa 25ème condamnation

© midinews - Wingrove

Présenté en comparution immédiate le 7 février dernier pour le vol à l’arraché d’un sac à main, Mickael avait demandé à aller en prison pour éviter de se suicider, prévenant néanmoins les magistrats souhaiter une cellule pour lui seul, la «convivialité n’étant pas son truc»

L’histoire ne dit pas si le jeune homme a pu bénéficier d’un traitement de faveur par les autorités pénitentiaires.Le vol à l’arrachéLe 30 janvier, Mickael a donc volé le sac à main d’une dame, son copain Spock, l’ayant prévenu qu’elle «trimballait de l’héroïne et de la beuh»

Le vol commis, le prévenu gardait le sac «j’avais pris tous les risques» et son contenu. Bien connu des services de police, le fuxéen âgé de 34 ans, était rapidement interpellé.

Lors de son audition, il avouait avoir consommé les produits trouvés, à savoir, un peu d’herbe, 10g de cocaïne et 3g d’héroïne.

Si Mickael est bien connu des forces de l’ordre, c’est qu’il en est à sa 24ème condamnation. Depuis 2005, il enchaine les séjours en prison pour vols, violence avec usage d’une arme, recel de biens, escroquerie, évasion, dégradations, menaces, usage de stupéfiants...

Dépendant aux drogues dures comme l’héroïne, il est considéré comme dangereux. Les policiers se méfient de ses réactions jugées imprévisibles. Après avoir tenté de s’immoler par le feu, il était hospitalisé, mais parvenait à s’enfuir.En galère dehorsDans son box, encadré par le personnel pénitentiaire, le prévenu, pense «qu’on ne lui a jamais donné l’occasion de s’en sortir quand il était dehors. La réinsertion n’est pas là», affirme t-il; «dehors je suis toujours en galère»

S’il a volé ce sac, «c’est parce qu’il est influençable»

Quant au travail d’intérêt général pas effectué et lui ayant valu sa dernière condamnation, il soutient «on me met un TIG alors que je suis dans l’incapacité de travailler, même mon docteur le dit»

Son docteur, le Dr Lazaro, a évalué la situation durant son incarcération et souligne que le jeune homme souffre de troubles psychopathiques. Il pourrait présenter un danger pour lui (danger avéré, immolation, scarifications) et les autres, et des soins seraient nécessaires.

Sur les soins, Mickael qui «n’en pense rien» a refusé un transfert dans un hôpital toulousain, transfert souhaitable pour son avocat, Me Perotto.

Au Parquet, le vice procureur rétorque: «il est malade c’est vrai, mais nous ne sommes pas médecins» Soulignant «le funeste record des condamnations, et la nécessité de soins», Claude Cozart a requis une peine mixte alliant prison ferme, sursis et mise à l’épreuve, obligation de soins, de travailler et interdiction de séjour en Ariège.

«La problématique en terme de responsabilité pénale se pose» lui a répondu Me Perotto. Pour la défense, la contrainte ne marche pas et il faut éviter la récidive; l’avocat a plaidé «pour une sanction qui aille vers des soins au vu des difficultés psychiatriques, une peine lui permettant d’aller de l’avant»

Mickael a été condamné à 12 mois d’emprisonnement, dont 6 mois ferme. 6 mois avec sursis, mise à l’épreuve durant 24 mois, obligation des soins et maintien en détention.

NR | 04/03/2014 - 19:35 | Lu: 8717 fois