accueil  |  ariège   |  france

Bernée par son amoureux, elle obtient réparation au tribunal correctionnel

© midinews (archives)

Yannick a été présenté hier devant le tribunal correctionnel de Foix après avoir été interpellé pour divers faits, dont vol, usage de faux, escroquerie, refus d’obtempérer, et dégradation.

Né en 1966 à Pau, l’homme n’en est pas à sa première comparution.

Et pour cause. Alors qu’il était en détention, le prévenu n’a pas regagné la prison de Lannemezan après une permission de sortie. Il faut dire, durant ses permissions, notre bonhomme fréquentait une ariégeoise rencontrée sur le net, via un forum de rencontres.

X ignorait que Yannick était en cavale; ce dernier expliquant aux magistrats «ne pas vouloir l''inquièter», c'est pour cela qu'il ne lui aurait jamais parlé de son passé, ni de son casier judiciaire bien fourni. X lui a donc ouvert son cœur, sa maison.

Mal lui en a pris. Alors qu’elle était en vacances, Yannick, non content d’être hébergé gratuitement par celle qui le chérissait, a volé divers chèques à sa compagne.

Avec ces chèques, il s’est acheté un premier véhicule à 500€, un i phone et la ligne téléphonique afférente pour un montant de 1000€, a payé un taxi 125€, et enfin, s'est acheté un Lange rover à 7.900€.

Depuis son interpellation, le prévenu n'a jamais contesté la matérialité des faits, mais a précisé que X aurait été d'accord pour l'émission de tous les chèques sauf le premier (voiture à 500€).

Pour celui-ci, il aurait avoué à X l'achat, qu'elle aurait accepté. Deux versions s'affrontentDeux versions différentes, dont Isabelle de Combette de Caumon, présidente du tribunal doit, en compagnie de ses assesseurs, démêler les fils.

A la barre du tribunal, le prévenu a maintenu sa version. Il avoue avoir utilisé les coordonnées bancaires de sa compagne; avoue lui avoir dit qu'il souffrait d'une leucémie, mais réfute s'être servi de cette pseudo maladie pour avoir acheté des médicaments.

Œil vif, cheveux ras, mais teint rose, Yannick en effet ne semble pas souffrir d'une maladie grave. Simplement il avoue «avoir senti le vent tourner»

Le vent a tourné pour reprendre son expression, quand, alerté par son conseiller financier, X se rend compte que des débits importants sont effectués via son compte bancaire.

En détention à Saint Sulpice, Yannick est libérable en aout 2015. «Quand il n'est pas en prison, il travaille dans divers corps de métiers»

Pour l'auditeur, la question se pose: quand a t-il le temps de travailler? Car en effet, le prévenu enchaine les détentions pour escroqueries, non représentation d'enfant, vol par effraction, faux et usage de faux... Il plaide avoir perdu pied quand son ancienne compagne aurait fui amenant leur petit garçon.

Quand la présidente l'interpelle sur un mode opératoire récurent, un escroc abusant des femmes, il s'interroge un bon moment avant de rétorquer du bout des lèvres: «ne pas se rappeler»

Pour Me Baquerro, avocate de la partie civile, X ne savait pas qu'elle avait affaire à un escroc. D'abord virtuelle, cette relation dans laquelle la victime fondait plein d'espoir, a conduit au choc, au sentiment dégradant.

«Elle s'est faite avoir, on l'a manipulé. Elle attendait de cette audience, des explications, des excuses, mais rien» 4000€ de dommages et intérêts ont été demandés par l'avocate.

Acerbe, le vice procureur lance: «quand on le voit, il semble inoffensif alors que son pouvoir de malfaisance est proportionnel à sa taille» Pour un «être nuisible qui recommencera parce qu'il ne vit que de ça», entendez les escroqueries, Claude Cozart a requis de relever la récidive et la peine plancher.

Avocate du Barreau de Toulouse, Me Franck s'est indignée du réquisitoire: «il n'y a pas de bonne ou mauvaise attitude à relever, pas de corrélation avec sa taille. Il s'est expliqué lors de son audition»

Pour le conseil, pas de doute, X est ambivalente, ils auraient visité ensemble le Lange rover, elle l'aurait laissé à la gare avec sa carte bancaire quand il est allé chercher le 4x4.

Demandant aux magistrats de s'écarter du casier judiciaire, «qui n'est pas une preuve de culpabilité», Me Franck a plaidé «non pour la relaxe, mais pour une peine juste, l'évasion étant une question de morale»

L'escroc a été condamné à 12 mois ferme, la peine plancher n'ayant pas été retenue et 1500€ de dommages et intérêts, et 125€ pour le chauffeur de taxi.

Le mandat de dépôt n'ayant pas été prononcé, Yannick est ressorti libre en attendant d'être placé en détention.

NR | 05/03/2014 - 19:17 | Lu: 18439 fois