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Tribunal correctionnel: Claude Cozart requiert de la prison ferme contre les agresseurs du militaire

© midinews (archives)

Au petit matin du 6 janvier 2013, Guillaume, un militaire est intervenu dans une bagarre entre jeunes mâles chargés en testostérone et en alcool; une bagarre entre jeunes de Foix et Pamiers, faisant suite à une agression dont aurait été victime le frère de Rachid.

Il était aux environs de 6h du matin quand les policiers étaient appelés. A leur arrivée, les abords du Crisco, ancienne boîte de nuit de Foix était pavés de tessons de verre.

Trois personnes suspectées d'avoir porté les coups qui auraient pu être fatals, étaient rapidement interpellés par les fonctionnaires de police. Rachid, placé en détention et libéré sous contrôle judiciaire le 27 mai, Jordan sous contrôle judiciaire, et enfin Khalid, lui aussi sous contrôle mais absent de l'audience.

Un quatrième prévenu aurait dû se retrouver devant ses juges, Billy, un militaire lui aussi, poursuivi pour un coup de poing porté à Mohammed. Ce dernier ne s'est pas constitué partie civile. Le cas Billy en Afghanistan actuellement, n'a pas retenu l'attention des magistrats, ni du Parquet, Claude Cozart requérant une simple amende, alors que Me Dedieu avocat du militaire, a souligné «il a agi en riposte»Le drame de la bêtise et de l'alcoolMais revenons-en aux principaux suspects de l'agression de Guillaume, militaire de carrière.

Sonné par une bouteille, il avait manqué être égorgé par un assaillant le frappant par derrière. Concernant l'arme ayant tranché sa jugulaire, il pourrait s'agir d'un tesson de bouteille ou du couteau de Jordan, que Rachid a avoué avoir jeté dans la rivière Ariège.

A la barre du tribunal correctionnel les deux jeunes fuxéens, qui ont échappé de peu aux assises, ne semblent pas vraiment concernés par le procès qui se joue, procès qui déterminera leur avenir.

Certes, ils confirment avoir participé à la baston, après tout ceux de Pamiers avaient «blessé le frère de Rachid» Il fallait laver l'affront. Bien sûr, ils ont donné des coups, mais nient tous deux avoir tenté d'égorger Guillaume.

Des témoins de la violente bagarre décrivent Rachid comme «le plus énervé»; d'autres affirment avoir vu deux hommes ceinturer le militaire et porter les coups, l'un d'eux portait une veste rouge.

Interrogé sur le couteau jeté dans la rivière, Jordan affirme qu'il n'était pas à lui. Il en possède bien un, mais un petit, attaché à son porte clé; d'ailleurs ce soir là, il n'avait pas ses clés.

L'avocat de la partie civile dénonce «la désinvolture des prévenus, leur manque de considération. Ils lui sont tombés dessus, et il ne doit la vie qu'à sa solide constitution» affirme t-il, martelant: «la seule chose qui les marquera peut-être, sera de devoir mettre la main au porte feuille (pour les dommages et intérêts, NRDL).

Pas de doute non plus pour le vice procureur: «cette affaire s'apparente au drame de la bêtise et de l'alcool» Claude Cozart en est convaincu, le trio a infligé les blessures. La peine plancher a été requise contre Rachid, jugé en récidive et qui encourt donc sept ans de détention, et de la prison ferme contre les deux autres.

Nicole Dumas, avocate de Rachid n'a pas la même lecture des faits, parlant d'une «instruction à charge», et «de carences dans le dossier d'instruction»

Pour Me Dumas, aucun élément imputable à Rachid sur la nature de l'arme ou de la violence ne vient étayer le dossier. L'avocate est revenue sur les témoignages de témoins décrivant «l'agresseur vêtu de rouge comme Jordan», alors que son client a tenté de calmer la bagarre, «tous le disent» plaide-t-elle en demandant la relaxe.

Jordan se défend seul et ne varie pas d'un iota: «Je n’ai pas porté de coups de couteau ou de coups de bouteille. J’ai juste pris des coups»

Le jugement a été mis en délibéré au 8 avril prochain.

NR | 12/03/2014 - 18:38 | Lu: 8885 fois