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Tribunal correctionnel: le grand père par alliance est-il coupable d'agression sexuelle?

© midinews (archives)

C'est la question à laquelle devront répondre les trois magistrates chargées du dossier.

Hier, Jean Pierre a comparu devant le tribunal correctionnel de Foix pour une agression sexuelle aggravée.

Compagnon de la grand-mère maternelle (la justice le considère de fait comme un ascendant de l’adolescente, ou à tout le moins ayant autorité sur elle), le prévenu aurait, selon le témoignage de X, appelé l'enfant dans sa chambre «pour faire un câlin» Là, il se serait couché sur elle, l'embrassant et tentant de la pénétrer avec ses doigts.

Âgée de 12 ans au moment des faits survenus une seule fois en 2009 alors qu'elle était en vacances chez sa grand-mère, X a parlé de cette agression a son professeur d’éducation physique et sportive, qui a prévenu le principal de son collège.

Ce dernier a effectué un signalement aux autorités comme la loi l'y oblige, et convoqué les parents. La jeune fille s'était également confiée, 2 ans auparavant, à des camarades de classe.
Je la considérai comme ma petite filleJean Pierre conteste fermement les faits et n'explique pas le pourquoi d'une telle accusation.

«Peut-être» souligne t-il, «lui en a t-elle voulu quand il a refusé de lui donner 25€ pour acheter des cigarettes, en échange d'un câlin» Il a confié à ses juges avoir des problèmes d'érection depuis de nombreuses années, suite à un problème aux poumons. Sa compagne a confirmé ses dires et le soutient.Une ouverture d'informations était diligentée par le juge d'instructionConfrontations et témoignages de proches ou de la famille ont été versés au dossier, sans que pour autant la vérité ne puisse faire jour.

Certains affirment que Jean Pierre aurait pu «déraper» après avoir bu, d'autres comme A, amie de la victime pensent qu'il pourrait s'agir d'un mensonge. Les enquêteurs ont tenté d'établir la chronologie des faits, mais se sont heurtés à plusieurs écueils, ne connaissant ni le jour, ni l'heure.

Où était la grand-mère? Aucune réponse ne peut-être apportée, et la défense s'empare du sujet arguant «ce dossier ne tient qu'à des suppositions»

La jeune fille maintient sa version, mais ne peut préciser la date et l'heure de l'agression. Pour son avocat, «un spécialiste clinicien vous dirait que les victimes ont la volonté inconsciente d’oublier, d'autant qu'elle n'avait que 12 ans»

Me Lelté du Barreau de Toulouse se dit «convaincu de la culpabilité de Jean-Pierre, alors que la théorie de la vengeance ne tient pas» Pour l'avocat, «mieux vaut l'incertitude de la vérité, à la certitude du mensonge» plaide t-il en réclamant 3000€ de dommages et intérêts pour le préjudice moral.
Le dossier n'a pas convaincu le procureurAu Parquet Claude Cozart indique qu'il ne pourra requérir contre Jean Pierre, alors qu'il avait «demandé le non lieu au moment de l'instruction» Claude Cozar «laisse aux juges le soin d'apprécier la culpabilité du prévenu»

Avocate de la défense, Me Plais-Thomas parle «d'incohérences dans ce dossier», rajoutant «il ne faut pas se contenter d'aller chercher des rumeurs, mais savoir si mon client a agressé sexuellement X entre le 6 septembre et le 31 octobre»

Incohérences, imprécisions, Parquet non convaincu, déclarations contradictoires de l'enfant ont été pointés du doigt par Me Plais-Thomas plaidant pour la relaxe.

Le jugement a été mis en délibéré au 8 avril.

NR | 13/03/2014 - 19:14 | Lu: 10836 fois